Virginie Robert Présidente Constance Associés : "l'impact de la hausse du dollar dans les résultats est pris en compte".
Wall Street : Stratégie d'investissement sur les marchés amércains

14 octobre 2014 16 h 52 min
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Regard sur l’actualité économique et financière concernant les marchés américains.

Avec mon invitée, Virginie Robert Présidente Constance Associés nous abordons ces marchés américains, la croissance économique, la valorisation du marché et la stratégie d’investissement.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Virginie Robert, bonjour. Vous êtes présidente de Constance et Associés. On va parler avec vous de marchés américains. Il y a quelques mois, quand on s’était vu, on était sur d’autres niveaux sur ces marchés américains, on était plutôt en train de se dire « est-ce que il ne fallait pas en sortir, compte tenu du contexte », il y a un peu plus de nervosité sur le marché en ce moment ?

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés :  Oui, alors entre-temps, on a eu quand même un bel été, c’est vrai. On avait eu des publications sur le deuxième trimestre qui avaient rassuré les investisseurs, une Fed qui était toujours très accommodante avec ce fameux terme « considérable » c’est-à-dire un temps considérable avant qu’il y ait la première hausse des taux, donc les marchés se trouvaient rassurer. Aujourd’hui, on est dans une configuration mondiale plus compliquée puisque l’environnement économique mondial est très compliqué. Le FMI a récemment revu à la baisse ses projections de croissance pour 2015, il les a abaissés quelque peu. Donc là, il y a, je dirais, un facteur tout à fait global. Il y a évidemment aussi une implication des événements géopolitiques qui se multiplient, qui s’intensifient et qui inquiètent les investisseurs à juste titre, voilà. Et le troisième point, on retrouve cette nervosité évidemment, pourquoi ? Parce que , vis à vis de la Fed puisque finalement nous avons eu des chiffres macro-économiques aux États-Unis plutôt satisfaisants, que l’on a cette espèce donc de dichotomie qui s’est mise en place avec cette économie américaine qui fonctionne assez bien, de l’autre côté, dans les autres pays évidemment, c’est plus compliqué, et donc on revient sur ce sujet que va présenter la Fed, comment va s’infléchir sa communication, et ce d’autant que les chiffres d’emploi, vous l’avez vu, récemment publiés, ont montré que le taux de chômage était repassé en dessous de la barre des 6, ce qui est donc, je dirais, là un chiffre très important, très suivi par la Fed.

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc quelque part certains investisseurs se disent que peut-être le discours pourrait changer ou en tout cas que la Fed pourrait peut-être aller plus vite que le consensus qui est présenté aujourd’hui ?

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés : Plus vite, finalement, on s’approche de l’échéance, vous avez parlé de la mi-2015, peut-être fin du premier trimestre 2015, on y est bientôt. Donc ce qu’il va falloir suivre, entre-temps, il y a quand même plusieurs éléments puisque aujourd’hui on a effectivement l’emploi qui s’améliore. On avait parlé ensemble de l’investissement des entreprises, il y a une petite amélioration, mais ce n’est pas encore très consistant puisque sur les chiffres du PIB publiés il y a peu de temps, l’investissement des sociétés représente 16 % de ce PIB. Donc on n’a pas encore retrouvé ce niveau d’avant crise qui était plutôt de 18 %. Pourquoi ? Parce que les entreprises traditionnellement aux États-Unis, qu’est-ce qu’elles font ? Elles font d’abord, on l’a vu, elles ont pensé à l’actionnaire, donc l’actionnaire, des rachats d’actions, les hausses des dividendes. Elles commencent à embaucher. C’est plus facile d’embaucher aussi parce que je vous rappelle que l’embauche aux États-Unis, c’est flexible. On peut embaucher, on peut très vite revenir à une situation plus prudente et réduire son taux d’embauche. Investir, c’est de l’investissement sur le moyen et long terme. Donc ça, on le sait, cela peut peser sur les marges et ne pas faire plaisir aux actionnaires. Et je pense qu’il manque encore un petit facteur de confiance de la part des entreprises, peut-être que cela va arriver, en tous les cas nous on prévoit qu’effectivement cette situation d’investissement s’améliore, et on va rentrer très vite deux sujets à regarder, évidemment les résultats du T3 aux États-Unis, donc on va rentrer dans ce sujet, on va en reparler là peut-être. Et puis sur la fin d’année, les consommateurs, est-ce qu’ils vont être là pour ces ventes de fin d’année en sachant que finalement on pourrait peut-être estimer que ces consommateurs devraient nous donner une bonne saison, pourquoi ? Parce que je pense que leur pouvoir d’achat a quelque peu progressé par rapport à l’année dernière, l’emploi, l’immobilier, le prix du pétrole, vous savez que c’est une variable très sensible pour les ménages américains, qui a quand même fortement baissé. Donc on devrait avoir là, je dirais, l’ensemble des ingrédients pour avoir, en tous les cas, une bonne fin d’année.

Web TV www.labourseetlavie.com : Justement, c’est vrai que les résultats des entreprises, cela peut rester la clé dans un contexte comme cela en se disant « est-ce que finalement les entreprises confirment leur résultat ? » Comment se dessine justement ce panorama pour les entreprises ?

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés : Alors, donc, par rapport à il y a 15 jours, c’est assez symptomatique, entre-temps le marché donc a été plutôt à la baisse, le consensus, le consensus Bloomberg a été quelque peu abaissé puisque on attend des résultats en hausse de 4,9 % sur ce trimestre, bien précisément, c’est-à-dire en fait pour une année, pour l’année 2014, une hausse des résultats de 8 % et une hausse du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année inférieure à 4 %. Donc ce sont des ambitions, j’allais dire, plutôt raisonnables, atteignables. Donc on ne devrait pas avoir trop de mauvaises surprises sur ces publications, donc ça c’est plutôt un bon point parce que cela va rassurer à nouveau évidemment les investisseurs et cela pourrait nous donner quelques points d’appui pour un marché qui est plus volatile, donc à suivre. Je pense que l’on aura, et d’ailleurs les profits warning, comme vous le savez Didier, sont en général annoncés avant cette période de résultats, ne sont pas nombreux pour le moment, donc c’est plutôt positif.

Web TV www.labourseetlavie.com : Comment vous regardez ce qui se passe sur la technologie ? Par exemple quand on voit les présentations d’Apple et ce qui se passe par la suite, là on sent qu’il y a de l’intérêt quand même des investisseurs, comment justement vous gérez cette partie-là sur les valeurs ?

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés : Finalement, petit rappel, sur le SNP 500, dans le haut du tableau, quand même c’est important de le dire depuis le début de l’année, même si le SNP 500 progresse, même si il a baissé, dans le haut de tableau, avec une croissance de plus de 10 %, on voit toujours effectivement les services à la santé, on voit toujours les services aux collectivités et l’infotech, voilà, ça ce sont les trois secteurs qui ont bien performé. A l’inverse, dans le bas du tableau, vous avez l’industrie, la consommation discrétionnaire, et plus récemment, au cours des deux mois derniers, la baisse de l’énergie, de tout ce qui est énergie, matières premières, qui a vraiment chuté dans l’indice. Alors l’infotech oui, pourquoi ? Parce que on a une bonne visibilité, parce que finalement, sur les sociétés, pas toutes, attention, une fois de plus, mais sur les sociétés évidemment qui ont des produits qui sont visibles, qui nous parlent et qui ont annoncé, qui là ont continué d’avancer dans, j’allais dire, la segmentation Produits, dans le lancement de nouveaux produits, dans l’innovation, j’allais dire c’est là où on trouve de la visibilité, c’est cela qui rassure les investisseurs parce qu’ils se disent « là, au moins, c’est peut-être moins cyclique » et ils seront encore là et on aura de bonnes annonces d’ici un an. Donc c’est pour cela que ces secteurs sont favorisés. C’est pareil pour le health scare, les services à la santé, on a une meilleure visibilité.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vu d’Europe, on pourrait dire qu’il y a cette appréciation du dollar qui est plutôt favorable au marché européen, si on regarde le marché américain, est-ce que cette hausse du dollar ne va pas pénaliser certaines entreprises d’ici la fin de l’année ?

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés : Et d’ailleurs je suspecte que la révision à la baisse du consensus des résultats, qui a été opéré là tout à fait récemment, est en grande partie due à la réévaluation effectivement de cet impact de la hausse du dollar qui, je vous le rappelle, s’est apprécié face à l’euro de 8 % depuis le début de l’année, donc de cet impact de cette hausse du dollar dans les résultats à venir. C’est pris en compte par les investisseurs, ça c’est bien. Côté Europe, oui, on dit c’est bien pour l’Europe, attention là aussi, je dirais que il y en a effectivement qui vont en bénéficier, d’autres… encore faut-il être net exportateur, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci d’avoir fait le point avec nous, Virginie Robert.

Virginie Robert, Présidente de Constance et Associés : Merci Didier.

 

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