Tv Bourse : Interview Christophe Brulé Président Entheca Finance.
Stratégie d'investissement et perspectives

22 mai 2014 21 h 55 min
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Actualités sur les marchés financiers.

Revue de détails avec mon invité sur les questions Bourse du moment,  Christophe Brulé Président Entheca Finance.

Web TV www.labourseetlavie.com : Christophe Brulé, bonjour. Vous êtes le président d’Entheca Finance, on va parler avec vous de marchés et de perspectives sur ces marchés. Comment vous abordez les marchés actuellement avec des indices au plus haut aux États-Unis ou pas très loin, un peu plus de mal peut-être à Paris, mais on n’est pas non plus… on est aussi pas loin de ces plus hauts, toujours les actions privilégiées ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Alors oui, c’est paradoxal, je dirais, ce début d’année puisque finalement les meilleurs performeurs n’ont pas été des actions, mais ont été les obligations contre toute attente, je pense que le consensus était pour une remontée de taux. Or, en fait, on a eu une détente assez agressive des taux longs, surtout les taux souverains des pays périphériques, Italie, Espagne, Portugal, et du coup un très beau rallye obligataire qui donne des performances supérieures aux marchés d’actions. Donc oui on reste favorable aux actions actuellement, un petit peu par défaut parce que les taux sont très bas et on n’a pas envie de prendre de risque taux pour nos clients. Ceci dit, les plus hauts historiques sur le marché américain ou sur le marché allemand sont quelque part à relativiser puisque la performance depuis le début de l’année sur ces marchés est quasiment insignifiante puisqu’elle est de l’ordre de 1 à 2 % et elle peut être remise en cause en une seule séance.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : On sait bien sûr que la politique monétaire est la clé un petit peu de tout, on a vu sur les flux, aujourd’hui est-ce qu’elle est un peu plus claire pour l’investisseur cette politique, notamment politique monétaire américaine ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Oui, alors c’est justement ce qui a permis le rallye obligataire, c’est que sur le front des taux, la situation s’est éclaircie puisque la Fed, certes, va sortir de son quantitative easing, mais ne va pas remonter ses taux courts avant le premier trimestre, voire le printemps 2015, donc les investisseurs ont été rassurés. Et puis en Europe, on voit bien que c’est le sujet actuel, déflation, euro fort, donc la BCE a fort à faire pour donner encore des garanties au marché d’actions, à l’économie tout simplement, pour booster la croissance en zone euro et il est fort vraisemblable que la BCE bouge au mois de juin en baissant les taux, peut-être avec des taux de réserve obligatoire négative, et puis en faisant une action pour faire baisser l’euro qui pose problème. On le voit avec la publication des résultats, les sociétés ont du mal à gagner des parts de marché. Aux États-Unis les résultats sont plutôt au-dessus des attentes en termes de chiffre d’affaires, en Europe c’est en amélioration, mais on est encore en dessous des attentes, et notamment sur le côté chiffre d’affaires.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc là effectivement on a, je dirais, quelque part la prise de risque qui est favorisée par les banquiers centraux sur ces marchés… ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Oui, oui tout à fait. On reste, je pense, dans le même schéma que l’an dernier, des banquiers centraux toujours avec des politiques accommodantes, un geste qui va être fait par la BCE, je crois que Mario Draghi n’a plus le choix, il a beaucoup parlé, maintenant il faut agir. Il agit toujours pendant l’été depuis qu’il est arrivé, été 2012-2013, donc je pense là on n’est pas loin de l’action, donc une politique monétaire qui favorise les marchés actions. Des marchés actions également en Europe qui sont en train de s’améliorer puisque on a une base de résultats d’entreprises qui, depuis deux ans, est négative. Il ne faut pas oublier que les États-Unis ont eu une croissance bénéficiaire forte depuis 2009, en Europe ce n’est pas le cas. 2012-2013, c’est une base de résultats négative, et donc on anticipe pour 2014 du coup ce rattrapage avec une croissance qui devrait être autour de 10 % pour le MSCI Europe, autour de 14-15 % pour l’Euro Stoxx 50, en matière de croissance bénéficiaire, donc c’est bien cet élément-là que les marchés jouent en privilégiant d’abord les pays périphériques, Italie, Espagne, puis la France également.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : C’est pour cela que parfois il y a un manque de compréhension entre ce qui se passe sur les marchés financiers, ces hausses que l’on citait, ces progressions de résultat, et puis ce qui se passe sur l’économie, si on parle de l’économie européenne, on a encore vu des chiffres ce matin qui étaient effectivement pas très bons, globalement en tout cas moins forts que prévu, qu’attendu ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Alors, je crois qu’il faut nuancer parce que l’on a peut-être un retour de l’approche pays par pays puisque si on regarde l’Allemagne, ils sont encore en très bonne croissance au premier trimestre puisque la croissance du PIB du premier trimestre c’est plus 0,8, la France c’est 0, malheureusement, on voit que les moteurs de la croissance consommation domestique sont en baisse, -0,5, l’investissement des entreprises en baisse également et les exportations négatives également. Donc ce n’est vraiment pas le bon schéma pour la FRANCE. L’Allemagne c’est plutôt très positif, croissance domestique en hausse, investissements des entreprises en hausse, donc on a un schéma vertueux. L’Italie, on est à -0,10, donc c’est vrai que la France tire la croissance de la zone euro vers le bas. Sur la zone, globalement, on attendait +0,4, en fait on est à + 0,2, et je crois que cela s’explique par le poids français. Donc, pour l’instant, les marchés ne réagissent pas par rapport à ces mauvais chiffres. Je pense que le changement de gouvernement est en train de modifier un petit peu la perception, néanmoins au niveau chiffres et résultats, on n’est encore pas dans ce qu’il faut pour la France.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Sur les émergents, si on se rappelle ce qui s’est passé au cours des derniers mois, on a eu effectivement des crises liées notamment à… en tout cas justifiées parce que faisait la Réserve fédérale américaine, est-ce que de votre point de vue cela va mieux sur les pays émergents ou il y a encore des inquiétudes ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Alors, les marchés émergents, j’ai envie de dire que c’est un petit peu comme la zone euro en ce moment c’est-à-dire qu’il faut regarder pays par pays. L’approche globale elle est plus compliquée. Si on regarde pays par pays, assez rapidement, mais la Russie, facteur de crainte sur les marchés actuellement, avec l’Ukraine, donc ce sont des performances négatives boursièrement au niveau de la devise et au niveau économie. Donc c’est une zone qu’il faut éviter à tout prix. Ensuite on a d’autres pays comme l’Inde, le Brésil, qui ont eu des performances positives. Il faut dire que la baisse avait été quand même très sensible à la fois sur les marchés d’actions et de devises, donc on a un rattrapage avec des élections en Inde qui devraient faire sortir le pays par le haut. Et puis la Chine puisque c’est quand même la Chine qui mène un peu tout l’ensemble de la zone, la Chine c’est un petit peu compliqué. On a eu des craintes de ralentissement fort, on a eu des premières faillites qui ont été encouragées, en tout cas on a laissé faire les entreprises faire faillite dans l’immobilier, et donc c’est plutôt une bonne chose, cela montre que les autorités chinoises veulent assainir leur économie, leur système financier. Donc, pour ma part, je pense que l’on a quand même vu le pire sur les émergents et que l’on peut réinvestir progressivement, notamment sur la dette émergente qui offre des taux de rendement autour de 5 % quand en zone euro maintenant on est à moins de 2 %, aux États-Unis à un petit peu plus, mais guère mieux. Donc je pense que l’on peut revenir effectivement sur des actifs émergents avec peut-être encore un écueil qui sera en 2015 si la Fed monte ses taux. Mais après, les vérités sont successives et donc, à ce stade, on anticipe une remontée de taux courts aux États-Unis 2015, il faudra d’ici là voir où en est réellement la croissance.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc quelque part la performance se fera encore sur les marchés actions en 2014 ?

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Oui, alors j’ai envie de dire « je l’espère » vu le niveau des taux très bas, j’espère qu’on est arrivé au bout de cette performance obligataire. Donc on a un rendement du dividende qui est autour de 3,5, 4 % sur les marchés d’actions en zone euro en tout cas, aux États-Unis plus bas bien sûr, autour de 2, donc acheter une action aujourd’hui, rien que sur le thème des dividendes, c’est faire deux fois le revenu d’une obligation, avec une perspective de croissance, on l’a vu, qui devrait s’améliorer. Donc oui, les actions restent notre véhicule d’investissement privilégié, sans oublier qu’il y a quand même quelques points d’alerte, la crise ukrainienne, on en a parlé un petit peu, et puis également les valeurs d’hyper croissance aux États-Unis puisque l’on a quand même des baisses assez sensibles sur ces secteurs technologiques Américains et Européens, les biotechnologies, donc tout ce qui avait beaucoup monté les années antérieures sont à regarder maintenant avec quand même des précautions, et nous on préfère revenir sur les secteurs comme les services aux collectivités qui offrent un rendement de 5 % et qui ont un rattrapage boursier à faire, donc cela nous semble être par exemple… ou la pharmacie pour jouer les thèmes des fusions-acquisitions, des secteurs intéressants.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci Christophe Brulé d’avoir été avec nous.

 

Christophe Brulé, Président de Entheca Finance : Merci.

© www.labourseetlavie.com. Tous droits réservés, le 22 mai 2014.



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