Interview Frédérique Varennes Secrétaire Générale SIPH.
Stratégie du spécialiste de la production de caoutchouc naturel

12 octobre 2013 10 h 07 min
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Interview vidéo donnée à l’occasion du Large et Midcap Event organisé par CF&B Communication.

Stratégie du spécialiste de la production de caoutchouc naturel.

Marchés internationaux, développement de l’activité, stratégie dansle secteur, nous faisons le tour de l’actualité de ce secteur avec notre invitée : Frédérique Varennes Secrétaire Générale SIPH.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Frédérique Varenne, bonjour. Vous êtes secrétaire générale de la société SIPH, on va parler avec vous de votre actualité. Nous sommes ensemble au palais Brongniart pour le Midcap Event, vous rencontrez des investisseurs. J’imagine peut-être que la première question des investisseurs, c’est comment va évoluer le marché du caoutchouc, forcément votre marché ? Est-ce qu’il y a des questions sur… vu ce qui s’est passé au premier semestre effectivement sur ces questions de prix de matières premières ?

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Alors, le caoutchouc résiste assez bien à la crise financière que l’on traverse actuellement, avec des cours qui sont effectivement en très net de repli par rapport aux cours record que l’on avait connus, notamment 2011, mais pour lequel le consensus général s’accordait à reconnaître qu’ils étaient tout à fait exceptionnels. Le marché aujourd’hui se situe aux alentours de 2,30 dollars, ce qui marque un net repli par rapport aux trois dollars de l’année dernière, mais qui en même temps montre une assez bonne capacité de résistance à la situation et à la conjoncture actuelle, avec une demande qui reste encore pour l’instant assez molle.

Web TV www.labourseetlavie.com : Justement du côté de la demande puisque on a vu beaucoup sur les pays émergents de questions sur la partie financière, mais du côté des économies aussi, est-ce qu’il y a eu des marchés qui, de ce côté de demandes, ont souffert plus que d’autres ?

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Souffert particulièrement non, maintenant dans la consommation mondiale de caoutchouc, la Chine en dix ans est passée d’un quart à quasiment 40 %, en dix ans, ce qui montre l’importance du caoutchouc naturel pour les pays en voie de développement parce que c’est ce qui draine effectivement une forte demande. Maintenant, le ralentissement est globalement lié au contexte économique actuel, il n’y a pas un des marchés qui a particulièrement souffert. Par contre, effectivement, le poids de la Chine, le ralentissement de la croissance chinoise égale stagnation de la demande de caoutchouc, de caoutchouc naturel.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté de votre offre et de vos plantations, comment elle évolue entre ce qui est à maturité et ce qui est en période de plantation ? Comment évolue votre parc ?

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Alors, depuis plusieurs années, on fait un effort très important de rajeunissement de notre verger qui porte ses fruits puisque par exemple au Ghana où aujourd’hui très régulièrement on a produit 10-12 000 t, grâce à cet effort de replanting intense que l’on a fait depuis plus de dix ans, on sera capable dans les années 2020-2023, à porter à quasiment 20 000 t cette production. Mais surtout, là où le groupe prend un nouveau tournant, c’est sur la recherche de terres nouvelles. Progressivement, la recherche de terres en Afrique de l’Ouest disponibles pour la ressource naturelle ou pour l’agriculture s’est intensifiée, est devenue un véritable challenge. Le groupe entend faire valoir ses atouts dans cette course et ils sont nombreux, avec un actionnaire SIFCA très bien implanté en Afrique de l’Ouest, et très impliqué dans l’agro industrie, ce qui est quand même une condition importante, et notamment dans le palmier, et une bonne expérience de nos contextes ainsi que des relations avec les communautés qui nous entourent, qui se sont toujours inscrites dans une ambiance de développement partagé. Donc tout cela nous amène à ne pas rater les opportunités d’accès à des terres nouvelles qui vont s’offrir à nous dans les dix prochaines années, et sur lesquelles on entend très fermement se positionner.

Web TV www.labourseetlavie.com : Un mot du marché au Libéria, sur le Libéria, il y avait peut-être une déception un petit peu sur peut-être l’avancée de vos projets, vous en êtes où ?

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Le Libéria, c’est un projet sur lequel on continue à estimer que l’on a là véritablement un potentiel stratégique majeur parce que notamment concernant les terres nouvelles, le Libéria, après les difficultés et la sortie de la guerre, présente de véritables opportunités de cette nature, et d’ailleurs l’ensemble des intervenants se retrouve bien sur le terrain pour maintenant pouvoir mettre en valeur ces terrains. Le groupe a une concession  possible  de 35 000 ha au total, dont aujourd’hui 5000 ha sont plantés en hévéas qu’il faut rajeunir d’ailleurs parce qu’ils sont très anciens, donc en termes de potentiel, il y a un potentiel extraordinaire au Libéria. Par contre, effectivement, les conditions restent difficiles, et plutôt que de déconvenues, on parle nous de retard parce que on a du mal à monter en puissance. Le Libéria aujourd’hui… trouver des équipes et du personnel compétent, après les difficultés qu’ils ont connues pendant la guerre, reste difficile. Les infrastructures, surtout dans les régions reculées dans lesquelles on situe notre activité, sont encore extrêmement manquantes, et donc effectivement c’est un projet qui reste très sensible aux aléas, et donc il prend des retards. Néanmoins on a pu mettre en service cette année l’usine que nous avons construite, et on commence à réaliser les premières ventes de caoutchouc du Libéria. Donc nous n’avons pas que des retards quand même, heureusement.

Web TV www.labourseetlavie.com : Sur les perspectives, en termes de tendances, on parlait de ce marché, de ce prix du caoutchouc naturel, quelle est la tendance, je dirais, sur les prochains mois ? Est-ce que, par rapport à l’année 2013… comment vous l’envisagez ?

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Difficile de prévoir les prochains mois, surtout que nous sommes assez long termistes, mais disons que la tendance moyen terme sur laquelle on envisage d’inscrire nos développements, c’est décidément des conditions qui ne seront pas celles qui ont prévalu dans les excellentes années 2010-2011-2012 parce que, d’une part, pour l’instant, la croissance mondiale est en berne, et donc la demande stagne, alors que parallèlement les Asiatiques ont planté, à partir des années 2004-2005, quand les cours ont commencé à être beaucoup plus rémunérateurs, et ce caoutchouc arrive maintenant sur le marché. Donc la configuration de prix ne sera certes pas aussi rémunératrice qu’elle l’a été dans les années précédentes, mais toutefois on reste d’abord, comme je vous l’ai dit, sur les terres, très décidé à saisir les opportunités ou à les créer. Deuxièmement investir également pendant une période de bas de cycle car très nettement on est en train de traverser un bas de cycle, et on veut prendre toutes nos dispositions pour pouvoir profiter pleinement du rétablissement des prix quand il interviendra. Mais encore une fois, ce n’est pas quelque chose que l’on imagine possible dans les très prochains mois. On se place plutôt sur un moyen terme.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci d’avoir fait le point avec nous, donc ici même au palais Brongniart, Frédérique Varenne, on rappelle que vous êtes la secrétaire générale de SIPH.

Frédérique Varenne, Secrétaire générale de SIPH : Merci de m’avoir reçue.

 

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