Philippe Guerret Directeur Général M2i : "Il va y avoir un rééquilibrage vers une moindre utilisation des pesticides".
Introduction en Bourse de la société sur Euronext

1 juillet 2016 6 h 54 min
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La société M2i est spécialisée dans les molécules complexes et développe des produits pour des alternatives aux pesticides.

Elle a lancé son introduction en Bourse selon les modalités suivantes :

  • Augmentation de capital d’environ 15 M€ pouvant être portée à un maximum d’environ 19,8 M€ en cas d’exercice intégral de la clause d’extension et de l’option de surallocation*
  • Fourchette indicative de prix : 7,25 € à 9,75 € par action
  • Clôture de l’Offre : mercredi 6 juillet 2016

Philippe Guerret, le Directeur Général de M2i est mon invité. Il revient sur la stratégie de l’entreprise, ses marchés, son positionnement et ses perspectives.

Au sommaire de l’interview vidéo :

– Les activités de M2i

– Les développements de produits réalisés

– Une alternative aux pesticides

– Le développement du biocontrôle

– Les partenariats

– La finalité de l’augmentation de capital

Web TV www.labourseetlavie.com : Philippe Guerret, bonjour.

 

Philippe Guerret – PDG M2I : Bonjour.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous êtes Directeur Général de M2I. On va parler avec vous de votre introduction en bourse. Alors, vous êtes dans le domaine… est-ce qu’on dit que vous êtes dans la chimie verte ou est-ce que c’est différent de la chimie verte ?

 Philippe Guerret – PDG M2I : Alors, le groupe que j’ai créé en 2012 a deux activités : d’un côté, l’activité traditionnelle de fabrication d’actifs pharmaceutiques pour l’industrie du générique et d’un autre côté, le biocontrôle où là, par contre, on va même fabriquer des produits finis qui vont traiter le biocontrôle animal d’un côté et le biocontrôle végétal de l’autre.

Web TV www.labourseetlavie.com : Aujourd’hui, on pourrait dire que ceux qui ont besoin de produits utilisent des insecticides ?

Philippe Guerret – PDG M2I : Exactement. Dans le domaine du monde végétal et animal, d’ailleurs, puisque vous trouverez des insectes aussi dans le domaine du monde animal. Ils vont travailler avec des insecticides, tout à fait.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, c’est donc un enjeu important. Qu’est-ce que vous avez aujourd’hui développé ? Vous avez des brevets, vous avez déjà des produits qui peuvent être utilisés ?

Philippe Guerret – PDG M2I : Alors aujourd’hui, le groupe qui regroupe déjà 90 personnes sur quatre sites en France a développé 11 familles de brevets. Qu’est-ce que ça adresse ? Ça va adresser dans le domaine du biocontrôle une véritable alternative aux insecticides. C’est en ce sens où on va répliquer un mécanisme naturel qui est en fait l’odeur qui est spécifique à chaque insecte, qui est le seul à pouvoir reconnaître, qu’elle soit sexuelle ou qu’elle soit alimentaire. Ensuite, on va diffuser cette odeur avec deux méthodes de lutte. Soit le piégeage où on va diffuser dans un seau en plastique tout simple, avec de l’eau au fond. On va mettre au milieu du seau ce diffuseur d’odeur qui a la forme d’un gel micro-encapsulé – on y reviendra peut-être après – et l’insecte va être attiré par cette odeur qu’il va confondre, soit avec cette odeur alimentaire qu’il connaît, soit avec l’odeur sexuelle. C’est la première technique. La deuxième technique, plutôt sur les grands espaces, on va saturer l’air de ces phéromones qui sont cette odeur que reconnaisse les insectes pour protéger la parcelle ou la culture qu’on veut protéger. Et là, les mâles et les femelles ne se retrouvant pas, on va limiter la reproduction puisque la durée de vie de ces insectes est de quelques heures ou de quelques jours maximum.

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc l’idée effectivement à terme, c’est de se passer, en tout cas d’arriver à se passer d’insecticides, remplacer au fur et à mesure des insecticides avec de nouvelles méthodes ?

Philippe Guerret – PDG M2I : C’est une alternative. C’est-à-dire qu’on ne va pas éliminer du jour au lendemain tous les pesticides de la planète. Mais il va y avoir un rééquilibrage entre la quantité de pesticides utilisés et la promotion de ces solutions de biocontrôle. En fait, les produits que mes équipes ont développés sont des produits qui agissent un peu comme un leurre, si vous voulez. Donc, ils ne tuent pas en soi, donc vous n’avez pas le risque de la mutation génétique de l’insecte qui pourrait s’adapter à ce mode de lutte biologique.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, on le sait. Quand on parle des enjeux de production agricole, on dit, il va falloir nourrir de plus en plus de monde sur la planète.

 Philippe Guerret – PDG M2I : Tout à fait.

Web TV www.labourseetlavie.com : On a des chiffres assez impressionnants et souvent l’argument de ceux qui utilisent ces insecticides, c’est de dire « de toute façon, on ne peut pas s’en passer et on ne pourra pas s’en passer, on n’y arrivera pas, sinon on n’arrivera pas à nourrir tout le monde. » Vous, vous répondez quoi quand vous entendez ça ?

 Philippe Guerret – PDG M2I : Alors la première chose, c’est que le développement du biocontrôle est avant tout poussé par la société. C’est un vrai mouvement sociétal qui a fait évoluer et qui a fait croître ce marché, à plus de deux chiffres, à aujourd’hui, parce que vous avez une volonté d’avoir une nourriture, qu’elle soit viande ou qu’elle soit fruits et légumes, de meilleure qualité. C’est avant tout la société, le driver, je dirais, de croissance forte de ce marché-là. Et comme je vous l’ai dit précédemment, il va y avoir un rééquilibrage. On va vers un rééquilibrage, vers une moindre utilisation de pesticides et une plus grande part relative de l’utilisation du biocontrôle pour répondre à cet enjeu qui est double, en fait. C’est de mieux nourrir la planète, mais avec des ressources naturelles qui sont, elles, en décroissance. Donc, il faut trouver cet équilibre pour protéger à la fois l’environnement dans lequel nous évoluons tout en permettant au plus grand nombre de continuer à bien se nourrir.

Web TV www.labourseetlavie.com : Oui, parce qu’on pense effectivement à l’eau notamment et il faut consommer moins d’eau dans cette production.

 Philippe Guerret – PDG M2I : Tout à fait. Et un des problèmes des pesticides est effectivement la pollution naturelle des nappes phréatiques. Et nos produits n’étant que ce leurre, que cette réplication de cette odeur, nous permettent de contourner ou de limiter les impacts négatifs que cela pourrait avoir.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors pour avancer, vous avez déjà convaincu des industriels ? Il y a des industriels qui ont regardé ça avec intérêt ?

Philippe Guerret – PDG M2I : Alors, grâce à ces technologies de rupture qui ont été développées par mes équipes, on a déjà commercialisé ou débuté la commercialisation de 22 produits. 22 produits, ça va nous permettre de traiter plus de 18 cultures d’ores et déjà référencées dans plus de 25 pays. Donc, soit on va vendre nos produits sous notre marque M2I directement, soit on va les vendre au travers de partenariats de distribution. Donc, dans le domaine animal, notre principal partenaire maintenant est le groupe Ceva, ce grand groupe international français laboratoire vétérinaire. Dans le domaine végétal, ça va dépendre de la géographie dans laquelle on se trouve, mais nous signons des partenariats de distribution avec les grands acteurs de ces différents domaines-là.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors l’augmentation de capital que vous proposez aujourd’hui, c’est autour de 15 millions d’euros. Principalement, pour vous servir à quoi ? À quel type de développement ?

 Philippe Guerret – PDG M2I : Alors, il y a trois grandes raisons à cette opération d’augmentation de capital sur laquelle nous travaillons à aujourd’hui. La première, c’est, je vous le disais, nous avons déjà 22 produits commercialisés. Donc, c’est à la fois l’extension en volume des ventes de ces produits, d’un côté et en même temps, l’extension géographique en termes de référencement additionnel. La deuxième raison, ça va être, comme je vous l’ai dit, nous vendons des produits finis. Le fait de continuer à investir dans notre usine, qui est à côté de Cahors, dans le domaine de la fabrication de ces produits finis en automatisant les process de fabrication de ces produits finis. Et enfin la troisième raison, ça va être de continuer à capitaliser sur la marque propre M2I Biocontrôle que nous mettons d’ores et déjà en avant, soit en primaire, c’est-à-dire sous cette marque propre directement, soit en marque secondaire. Quand elle est distribuée sous la marque de notre distributeur, nous imposons le logo M2I même dans ce cas-là sur les produits. Et ça va passer par la constitution aussi des homologations de la distribution et le développement de cette marque.

Web TV www.labourseetlavie.com : Le mot de la fin. La France en priorité, mais l’international aussi. Vous menez les deux de front. Comment ça va se passer ? 

Philippe Guerret – PDG M2I : C’est réellement un marché mondial. Nous avons d’ores et déjà des référencements dans plus de 25 pays et dans cet environnement-là, l’insecte que vous trouverez sur les vignes en France, vous le trouverez aussi aux États-Unis, en Afrique du Sud ou en Israël. Donc, c’est un marché qui est très large, qui est très mondialisé et depuis l’origine du groupe, nous avons à la fois développé cette marque propre, mais toujours travaillé dans cette logique d’internationalisation que nous continuerons à développer.

Web TV www.labourseetlavie.com : Eh bien, nous suivrons ça. Merci Philippe Guerret d’avoir fait le point avec nous.

 Philippe Guerret – PDG M2I : Merci à vous.

 

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