SpaceX débarque en Bourse et ça va tout changer !.
L'info éco + sur Sud Radio avec Didier Testot LA BOURSE ET LA VIE TV

12 juin 2026 9 h 26 min
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« L’info éco + » présenté par Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV avec cette semaine les thèmes suivants :

Les investisseurs ont les yeux rivés sur Space X, méga introduction en Bourse à Wall Street.

C’est clairement l’événement financier de la décennie. SpaceX s’apprête à faire son entrée en Bourse, avec une valorisation stratosphérique estimée à plus de 1770 milliards de dollars pour 135 dollars l’action. Sur le papier, c’est le sacre absolu d’Elon Musk et de l’économie spatiale. Mais dans les salles de marché, l’ambiance est beaucoup moins à la fête. De nombreux spécialistes, gérants de fonds et analystes tirent la sonnette d’alarme. Loin d’être une simple opportunité d’investissement, cette méga-IPO porte en elle des risques systémiques majeurs pour l’ensemble des marchés financiers. Space X va lever 75 milliards de dollars, la plus grande introduction en Bourse dans l’histoire, le pétrolier saoudien Aramco n’en avais si je puis dire levé que 29 milliards de dollars en 2019

Les premières interrogations sur cette introduction en bourse historique ont déjà été évoquées, de quoi s’agit-il ?

L’alerte vient des agences de conseil en vote et des spécialistes de la gouvernance d’entreprise, qui dénoncent une capitulation totale des régulateurs boursiers. L’explication : Pour s’offrir cette introduction historique et éviter que SpaceX ne parte chez son concurrent (le NYSE), le Nasdaq a déroulé le tapis rouge en acceptant une structure d’actions à droits de vote multiples extrêmement agressive. Concrètement, Elon Musk conservera les pleins pouvoirs sur le conseil d’administration et la stratégie, même s’il devient minoritaire au capital. Les experts alertent sur le « Key-Man Risk » (le risque de l’homme clé) poussé à son paroxysme. Que se passe-t-il si le dirigeant, qui gère déjà Tesla, le réseau X et xAI, prend une décision erratique ou fait face à un problème personnel ? Les actionnaires minoritaires n’auront absolument aucun levier pour le destituer. Le marché accepte de financer une sorte d’autocratie d’entreprise. Autre règle qui a été modifiée pour Space X, les insiders comme on les appelle ont en général l’impossibilité de vendre leurs titres pendant 180 jours. Pas de vente, pas de sorties. Cette fois-ci ce ne sera pas le cas. Sans rentrer dans tous les détails, après les résultats du T2 (en aout), 20% des actions d’initiés éligibles sont débloquées pour arriver fin novembre à 93% des actions initiales pouvant être vendues.

Autre alerte, venant notamment d’un célèbre investisseur Michael Burry sur la liquidité ?

Connu pour avoir anticipé la crise des subprimes, lui voit un risque d’assèchement dramatique des marchés, un effet « trou noir », c’est son expression. Puisque dans le cas de Space X, comme le Nasdaq a modifié ses règles, l’entreprise fera parti de l’indice et lorsqu’il s’agit d’un mastodonte de 1750 milliards qui entre sur le marché public, les gigantesques fonds de pension et les trackers (ETF) vont être mathématiquement obligés d’acheter du SpaceX en masse pour répliquer ces indices. Mais l’argent n’est pas magique : pour financer ces achats colossaux, ces fonds vont devoir vendre d’autres actions. Et cela pourrait alors constituer un appel d’air monstrueux. Les valeurs moyennes (mid-caps) et les autres entreprises technologiques risquent de subir une vague de ventes forcées massives, simplement pour faire de la place à la fusée d’Elon Musk dans les portefeuilles. On apprenait en fi de semaine que le S&P500 grand indice lui n’accueillerait pas Space X pour l’instant. Il n‘en demeure pas moins, j’ai déjà eu l’occasion de parler de l’hyper-concentration des indices américains autour des « Sept Magnifiques » (Apple, Microsoft, Nvidia, etc.), qu’avec l’arrivée de SpaceX, cette distorsion va devenir vertigineuse. Les indices mondiaux vont être artificiellement gonflés par une poignée de méga-capitalisations, dont plusieurs dirigées par le même homme. Si une fusée Starship explose avec des astronautes à bord, ou si le réseau Starlink subit un piratage mondial, ce n’est pas seulement l’action SpaceX qui va plonger : c’est l’épargne mondiale, dopée à la gestion passive, qui encaissera le choc. Le risque spécifique d’une seule entreprise devient un risque systémique global. Cette introduction en Bourse va incontestablement créer des centaines de millionnaires parmi les employés historiques de SpaceX. Mais pour les investisseurs qui entreront sur le marché secondaire demain, le message des spécialistes est unanime : prudence. Vous n’achetez pas seulement un accès aux étoiles, vous achetez un risque de gouvernance absolu et une volatilité systémique qui pourrait aspirer tout le reste du marché.

 

Alors, qu’est-ce qu’on achète avec  SpaceX exactement. ?

L’entreprise est en réalité composée de trois entreprises partageant un bilan : Starlink est une entreprise rentable (environ 70 % de l’activité). Une opération de lancement et de Starship est gourmande en capitaux. Un segment de l’IA (xAI/Grok) lui dépense des sommes colossales. Et pour ce lot, la société demande environ 1750 milliards de dollars, soit environ 94 fois son chiffre d’affaires. Et ce n’est pas fini Anthropic celui qui vend l’Ia Claude a déposé une demande d’introduction en bourse, avec une valorisation annoncée d’environ 900 milliards de dollars, OpenAI (Chat GPT) devant suivre. Vous avez investi dans l’indice parce que tous les conseils financiers vous disaient que c’était le moyen le plus sûr et le plus réglementé d’investir en Amérique. Comme le dit un professionnel, «la sécurité résidait dans les garde-fous », résidait, c’est du passé !

 

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