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Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde : "C'est un secteur qui est en croissance au niveau mondial. Il y a de plus en plus de gens qui voyagent".
OPA et sortie de Bourse après 20 ans à la Bourse de Paris

9 juillet 2026 17 h 16 min
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OPA sur Voyageurs du Monde, Jean-François Rial son Pdg est mon invité.

Il précise dans cette interview TV notamment ceci : « Il n’y a pas d’OPA de la part d’un investisseur américain sur Voyageurs du Monde »

 

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV :

Jean-François Rial. Bonjour. Bonjour Didier. Vous êtes le PDG de Voyageurs du Monde. Dans l’actualité, on a pu voir une offre publique d’achat concernant Voyageurs du monde que vous avez acceptée. On va on va en reparler. On va aussi parler de vingt années de cotation boursière. C’est pas rien dans ce secteur du voyage sur mesure. Peut être que j’ai envie avec vous de commencer par là avant l’opération financière elle même. Vingt ans en bourse, Qu’est-ce qui vous, en tant que dirigeant, vous a le plus marqué sur cette aventure boursière?

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde : Moi ce qui m’a le plus marqué, c’est que je venais d’une société qui faisait des outils d’aide à la décision pour investir sur les marchés financiers que je dirigeais, qui s’appelait Fininfo, qui était un petit Bloomberg français. Et donc me retrouver à la tête d’une entreprise de voyage et retrouver la bourse qui avait été mon premier métier par la cotation, je trouvais que c’était un joli clin d’œil. Ça m’a beaucoup amusé. Moi, ça m’amusait de regarder le cours de bourse, ça m’amusait. Je ne le faisais pas souvent je dois vous avouer, mais ça m’amuse, ça m’amusait quoi. Donc c’est surtout ça que j’en retiens. Et puis j’en retiens aussi un autre point, c’est que les actionnaires de la Bourse, que ce soit des particuliers ou des fonds d’investissement, ils nous adoraient quoi. C’est à dire qu’il y avait une espèce de cote d’amour pour nous qui était incroyable. Ça m’ennuie d’ailleurs de me retirer de la bourse pour cette raison-là, même si rationnellement il fallait qu’on le fasse parce qu’on avait pas assez de flottant, que ça gênait certains investisseurs, qu’aujourd’hui il y a plein d’investisseurs dans le monde qui veulent pas rentrer dans les sociétés cotées. Enfin bon bref, il y a tout un tas de raisons qui nous ont conduit à prendre cette décision, mais je dois dire que l’histoire avec la bourse, c’est à dire les actionnaires particuliers, les fonds, les analystes, on a vraiment eu des relations presque affectives quoi. C’est vraiment sympa, c’est vraiment sympa et d’ailleurs j’en profite là. Grâce à vous, j’en profite pour tous les remercier. Quoi? Vous avez été des gens, des gens vraiment magnifiques avec nous tout le temps quoi.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV : Alors c’est vrai qu’il y a aussi un beau parcours boursier. On pourrait mettre le graphique de voyageurs des vingt dernières années jusqu’à 180 euros.  Dans ce segment des comme on dit des mid small mid cap il n’y en a pas tant que ça qui ont eu un parcours comme ça.

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Oui et puis il y a un truc aussi que j’ai trouvé génial, c’est que il y a eu deux ou trois fois dans notre parcours, on a fait un peu moins de résultats qu’attendu, y compris d’ailleurs la première année où on est allé en bourse. Après les autres années, on a fait plutôt mieux que ce qui était attendu. Mais on a. On a toujours joué la transparence totale, On a expliqué les choses pourquoi, sans essayer de, comment dirais-je, d’arranger la vérité, etc. Et quand on dit que les dirigeants ont la pression de la bourse sur leurs résultats, moi je pense que c’est pas tout à fait juste. Je pense que ce sont les dirigeants qui se la mettent tout seul parce que quand on explique aux marchés pourquoi cette année on est moins bien, pourquoi cette année il faut baisser le résultat, pourquoi il faut investir et pourquoi dans les années prochaines ça sera mieux. En fait, ils vous applaudissent tous, ils vous applaudissent tous, Ils sont pas du tout court-termiste comme on le raconte. C’est tout à fait faux.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV : Ça c’est intéressant pour eux, C’est intéressant pour ceux qui se posent la question, pour des investisseurs qui diraient Est ce que je dois choisir la bourse ou d’autres moyens pour avancer. Vous parliez du sujet du flottant. La bourse, c’est un ensemble d’éléments. Bien entendu, il faut savoir que les investisseurs puissent venir, puissent traiter le titre, comme disent les boursiers au quotidien. Ça, ça a été plus compliqué de trouver un modus operandi sur cette partie-là.

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Oui, c’est vrai, parce que si vous voulez, notre flottant était à peu près correct au départ et c’était à peu près trente-cinq pour cent, quarante pour cent. Et puis au fur et à mesure des années, on a eu de plus en plus d’investisseurs qui ont gardé leurs titres. Donc c’était du faux flottant entre guillemets. Vous voyez ce que je veux dire ? Et donc le vrai flottant est devenu de plus en plus petit, aggravé aussi par notre OPR de l’année dernière qui a qui a parce qu’on avait trop levé d’argent pendant le Covid, par inquiétude de la situation potentielle future et finalement on s’en est très bien sorti. On avait trop d’argent, donc on a racheté des actions en bourse parce qu’on avait trop d’argent pour que cet argent soit investi dans des entreprises qui en ont besoin. Et donc au final, on s’est retrouvé avec un flottant qui était en réalité Officiellement de vingt cinq trente, mais en réalité qui était plutôt de quinze. Et du coup, quand vous avez un flottant de quinze sur une société qui est qui a une capitalisation boursière raisonnable mais pas non plus délirante, de l’ordre de huit cents millions d’euros, entre sept cents et huit cents millions d’euros,  vous avez pas beaucoup de transactions, donc c’est un peu frustrant pour les actionnaires de se retrouver. Ils ont envie d’investir chez Voyageurs du monde, mais premièrement ils ne trouvent pas la quantité qu’ils veulent lorsqu’ils veulent acheter, et puis quand ils veulent sortir, ils y arrivent quand même. Mais c’est difficile, il faut plusieurs jours, faut faire des blocs, faut appeler des courtiers. Donc je pense que quand on va en bourse, faut quand même avoir un flottant conséquent quoi. Et ça n’a pas toujours été notre cas.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE :

Alors on parle de voyageurs du monde et de donc cette OPA de donc de fonds américain. Il y a quelques temps maintenant, le Club Med, il y a eu des investisseurs chinois qui sont intéressés au Club Med, qui ont pris le contrôle. On vient récemment, on a Pierre et Vacances qui intéresse le fond, Qui a intéressé, qui intéresse le fonds? Un fonds émirati. Vous avec les investisseurs américains, Le tourisme français, je dirais, intéresse les investisseurs étrangers plus qu’on pourrait dire plus que des investisseurs français ou européens.

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Non, je ne le pense pas. Je pense que le tourisme français intéresse les investisseurs étrangers comme des investisseurs français s’intéressent aux investissements étrangers. Nous, par exemple, on a investi à l’étranger, mais chez nous, il y a quand même une confusion, là, qui est, qui est qui est importante à rectifier. Il n’y a pas d’OPA de la part d’un investisseur américain sur Voyageur du Monde. Ça, c’est totalement faux. Il y a une OPA de la holding de contrôle de Voyageurs du Monde qui s’appelle Avantage, dans laquelle, à la fin de l’opération, si cette OPA réussit, il y aura dans cette société qui fait l’OPA, Avantage, dont nous sommes nous même les fondateurs actionnaires. Il y aura cinquante pour cent de capitaux américains et cinquante pour cent de capitaux français, dont nous. Bon, donc ce n’est pas une OPA d’un investisseur américain, c’est faux. Donc c’est quand même pas pareil. Et dans cette société, vous avez des fondateurs, vous avez la BPI qui est encore actionnaire, qui représente l’Etat, vous avez Crédit Mutuel Equity, qui est le plus gros investisseur en fonds propres français dans le private equity qui aura trente pour cent. Donc quand même, vous êtes, vous êtes quand même. On n’est pas du tout dans une OPA américaine. Par ailleurs, par ailleurs, pour un peu préciser les choses, le fonds américain qui est actionnaire chez nous a environ cinquante pour cent et par ailleurs minoritaire en droit de vote. Donc euh, ce n’est même pas cinquante sur cinquante. Voilà. Et par ailleurs, ce fonds, il n’y a pas que des actionnaires investisseurs dans ce fonds qui sont américains, il y a plein d’étrangers. Et au passage, qui sont les actionnaires de ce fonds américain. C’est très intéressant à lire. Ce sont les hôpitaux américains qui reçoivent plein de donations. Ce sont les universités américaines qui, comme vous le savez, aux États-Unis, il y a énormément de donations et des fonds souverains comme par exemple un fonds norvégien, fonds singapourien, etc. Donc on est quand même très loin quand on lit la communication qu’on a pu lire à droite ou à gauche sur les fonds américains qui prennent le contrôle de Voyageurs du Monde, on a l’impression qu’on a des cow-boys hostiles, méchants, désagréables, qui veulent prendre le contrôle de voyageurs du monde. Avec un Didier Arino qui nous explique qu’il faut protéger le tourisme français. C’est grotesque. On est très loin de ça. Par ailleurs, les Américains dont on parle sont actionnaires chez nous depuis près de cinq ans. Ça fait cinq ans. Le groupe, ce sont des gens absolument charmants, qui adhèrent totalement à notre stratégie, qui sont des facilitateurs. Moi, je souhaite à tout le monde d’avoir des actionnaires comme ça. J’en ai eu des private-equity, des actionnaires financiers dans toute ma carrière. Je peux vous dire que déterminer le comportement d’un actionnaire en fonction de sa nationalité, c’est pas très universaliste, c’est pas très Voyageur du monde, comment dirais-je? Vous voyez ce que je veux dire? Donc bon, gardons raison quoi. Et puis par ailleurs, le tourisme en France, il est pas opéré par le Club Med, par Pierre et Vacances et par Voyageurs du Monde. Ces opérateurs ont une activité marginale en France par rapport à la totalité de leur chiffre d’affaires. Particulièrement nous d’ailleurs, même si avec notre filiale Terre d’Aventure, nous avons une très grande activité sur la France dans les randonnées. Donc le tourisme en France, euh ce qu’on appelle le tourisme réceptif ne dépend pas de ces opérateurs. C’est pas sérieux. Et puis depuis quand l’État est chargé de réguler les activités économiques en France? C’est pas sérieux…Quand LVMH ou Free développent leur entreprise en prenant des parts de marché à l’étranger, en achetant des sociétés étrangères. On vient pas expliquer à nos champions français que ce n’est pas normal qu’ils soient dominants en Italie ou au Brésil. On peut dire, On peut dire aussi pardonnez-moi Didier, pardon, mais c’était à la précision est importante ce genre de choses et je vous remercie de me donner la parole là dessus, et j’espère que je vais être entendu par tous vos auditeurs sur les marchés. C’est un peu populiste, quoi, c’est un peu populiste. Voilà. Et puis dernière chose que je précise. Nos actionnaires, les Américains en tête, ils n’ont qu’un rêve, c’est qu’on reste à la tête de l’entreprise. Ok, on n’est plus majoritaire, Ok, on a vendu une partie de nos actions, on va vendre une partie de nos actions, mais on reste actionnaires et on reste dirigeants. Et ils le souhaitent, et ils le souhaitent fortement. Bon, j’ai envie de dire circulez, circulez, y’a rien à voir.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE : On peut dire aussi que c’est un moyen pour vous de préparer la suite, j’imagine, de voir comment ça va se passer au mieux.

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :C’est très juste, c’est très juste, mais on prépare la suite depuis dix ans. Oui, on a déjà vendu une partie de nos actions il y a dix ans puis il y a cinq ans, puis encore un peu. Là, on reste opérationnel tout en mettant des dirigeants dans toutes nos sociétés. En fait, notre responsabilité, c’est pas de rester à vie à la tête d’une entreprise. Malheureusement, Elon Musk n’a pas encore trouvé le secret de la longévité éternelle. J’aimerais bien, mais si on veut pérenniser ce qu’on a construit, nous les nos, les associés fondateurs de ce groupe, si on veut pérenniser, on doit trouver les bons actionnaires pour demain et les bons managers pour demain et le faire progressivement. Là, ça fait quinze ans qu’on a démarré ce processus et il est pas fini. Voilà. Donc en fait, je trouve que c’est très sain ce qu’on fait.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV : C’est un enjeu pour de nombreuses entreprises françaises. On parle souvent des, des centaines, des milliers de PME qui ont ce sujet-là. De savoir quelle succession, comment ça va se passer et qui, pour certaines d’entre elles, ne savent pas encore. Bravo, vous avez trouvé ce schéma. On parlait bien sûr, on parle de Voyageurs du Monde. Il y a eu beaucoup d’événements dans ce secteur du tourisme. Bien sûr, avec les les événements comme la crise sanitaire, les guerres, les sujets s’enchaînent. On pourrait parler aussi bien sûr du digital, peut-être de l’intelligence artificielle. Il y a énormément de choses de votre point de vue. Justement, aujourd’hui, on en est où sur ce quelque part, cette offre touristique par rapport à peut-être de nouveaux usages des clientèles qui aujourd’hui ne font pas la même chose qu’elle pouvait faire il y a peut-être trois ou quatre ans, peut-être même il y a deux ans. Comment vous voyez les choses justement?

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Moi je ne pense pas qu’il y ait des évolutions majeures de la part des clients depuis deux ans ou quatre ans. Il y a deux évolutions profondes, structurantes à trois depuis vingt ans, qui sont les suivantes. Avec ça, ça vous donne une bonne photographie des choses. D’abord, c’est un secteur qui est en croissance au niveau mondial. Il y a de plus en plus de gens qui voyagent. Donc ça, c’est un fait. Quels que soient les crises Covid, guerre, Iran, Israel, les FARC en Colombie, etc… Tout ça au bout du bout. Quand vous lissez, le tourisme mondial monte. C’est l’industrie la plus importante au monde et c’est l’industrie la plus dynamique au monde. Ça, c’est le premier point. Le deuxième point, c’est que vous avez de plus en plus de gens qui font les choses tout seul. Tout seul. Internet, le web, maintenant, l’IA, les outils qui sont disponibles sur les outils numériques. Donc vous avez plus en plus de gens qui font tout seul. Donc si vous proposez des voyages simples, ben les intermédiaires comme nous, qui proposons du service et de la valeur ajoutée, ils disparaissent. Pas compliqué. Donc il faut vous justifier de votre existence dans un métier où la désintermédiation a tendance à augmenter. Et avec l’IA, ça ne va pas s’arrêter. Et la troisième chose, c’est que vous avez de plus en plus de gens qui le font seul ou par des intermédiaires qui voyagent en individuel. Ils voyagent plus en groupe, en groupe constitué comme on dit historiquement dans les années soixante-dix. Tout le monde voyageait en groupe. Il y avait quelques illuminés qui achetaient leur guide du routard et qui partaient en individuel avec Nouvelles frontières et mes amis Maillot et Gloaguen. Aujourd’hui, la norme, c’est ce que faisaient ces individuels. Ils partent en voyage individuel de plus en plus au détriment des voyages en groupe. Et nous là dessus, dans toutes nos marques, on est positionné là-dessus. Bien sûr à cent pour cent sur le voyage sur mesure, mais aussi de plus en plus dans nos offres aventures. Et en fait notre notre clé, elle est là. Et donc effectivement, aujourd’hui, vous avez un ralentissement assez sérieux de l’activité qui est liée à la guerre entre l’Iran et les États Unis et qui n’est pas liée qu’à la guerre, qui est liée aux conséquences et aux peurs sur le kérosène pour alimenter les avions. Donc vous avez un vrai ralentissement, et depuis le protocole d’accord qui est d’ailleurs plus ou moins respecté, on voit tous les jours, il y a des bombardements, on n’est pas revenu totalement au niveau auquel on était l’année dernière, donc on est dans une période où on souffre, mais ça va s’arrêter comme tout. Et comme tout s’est arrêté dans le passé, sur toutes les crises, ça va reprendre. Alors quand je n’en sais rien, c’est que cette crise est un peu plus sérieuse. C’est vrai qu’on est dans un monde où les tensions géopolitiques ne font qu’augmenter. Et plutôt que de baisser, la guerre entre l’Ukraine et la Russie dure depuis cinq ans et toujours pas résolu et même plus douze ans, ça remonte à deux mille quatorze. Donc elle nous prive par exemple d’un grand pays qui était la Russie. Donc il faut savoir naviguer là-dedans. Mais les grandes tendances c’est la désintermédiation et le voyage individuel, c’est celle-là. Les tendances, elles ne sont pas nouvelles.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV : On a aussi beaucoup parlé et là, parce que on est dans cette période de canicule à répétition, de se dire finalement est ce que je ne vais pas choisir mes vacances au dernier moment, prendre mon billet d’avion au dernier moment, regarder pour ceux qui savent utiliser tous ces outils digitaux, attendre la semaine avant le départ. Est-ce que ça, on en est encore qu’au début? Ou est ce qu’il y a à gérer en termes de chiffre d’affaires?

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Oui, il y a eu vraiment cette cette manière de faire. Alors non. Non parce que ceux qui par exemple, détestent la chaleur comme moi, Anticipe les choses depuis plusieurs années et se disent qu’ils vont éviter les pays de la Méditerranée. Sublime par ailleurs en plein été. Donc, au contraire, ils anticipent leur voyage, ils achètent leurs voyages ailleurs. Et puis, si vous voulez, le problème de la vente de dernière minute, c’est que les consommateurs ont compris ça. Ils ont globalement compris. C’est qu’un, ça vous coûte plus cher. Déjà, commencez par là, vous achetez tard, vous achetez plus cher parce que c’est le principe du yield management plus quelque chose est rempli, un avion, un hôtel, etc. Moins il reste de place, plus ça coûte cher. Le dernier passage passager sur un vol Lyon Bordeaux, il a peut-être payé mille cinq cents euros sa place. C’est ça la réalité. J’exagère un peu, c’est un exemple typique, mais ça peut quand même être ça. Bon, et la deuxième chose, c’est que vous avez les plus mauvaises prestations, donc en fait vous avez la double peine, vous payez cher et vous avez des produits pas terribles parce que vous achetez ce qui reste. Donc c’est une très mauvaise idée d’acheter dernière minute. Et alors ça a été à la mode il y a dix, quinze ans, vingt ans, mais les gens ont compris, ont compris qu’il fallait pas faire ça. Et le réchauffement climatique, ça fait un moment que les gens ont compris que l’été en Méditerranée, c’était chaud. Donc la Bretagne, elle est prise d’assaut, la Grande Bretagne aussi, les pays scandinaves aussi, etc… Ça change les comportements des clients, c’est très clair. La Méditerranée est moins occupée l’été et au contraire, les régions du Nord le sont plus. Et au contraire, la Méditerranée va être plus occupée en arrière- saison, c’est à dire le printemps et l’automne. Ça, ça va changer. Alors avec la limite des vacances scolaires. Mais dès que les vacances scolaires vont être modifiées, ça viendra. Dans les années à venir, vous verrez qu’il y aura un rééquilibrage.

Didier Testot Fondateur LA BOURSE ET LA VIE TV : Le mot de la fin. On parlait de ces réseaux sociaux, des comportements aussi des consommateurs. On le voit parfois et on l’entend, tel ou tel voyageur qui dit Je suis venu ici faire cette balade en montagne parce que j’avais vu une vidéo et je m’installe là. On l’a vu bien sûr en Italie, mais on l’a vu à plein d’endroits. Est-ce que ça perturbe le jeu des opérateurs touristiques? Parce que une vidéo suffit à amener un certain nombre de clients à tel endroit?

Jean-François Rial Pdg Voyageurs du Monde :

Alors non, quand on a le positionnement de Voyageurs du Monde, parce que notre positionnement profond, c’est voyager à contre-courant et être dans la vérité, dans le vrai, donc surtout pas dans la masse. Et donc si on a un endroit qui était superbe et qui devient tout d’un coup beaucoup trop occupé, ben on n’y va plus. Tout simplement parce que quatre vingt dix huit pour cent de la planète reste non visitée. Donc il est très facile de faire un voyage absolument sublime sans subir ce surtourisme qui pour moi est l’ennemi mortel du tourisme. C’est très facile. Simplement, il faut faire l’effort à la fois de la part de celui qui voyage et de celui qui vous organise le voyage. Et ça, c’est une de nos grandes spécialités depuis toujours. D’ailleurs, « notre baseline c’est voyager à contre-courant » en saison, en endroit, en période. Même quand vous allez faire ce que j’appelle les tours Eiffel du monde entier, vous essayez de les faire différemment. Vous allez à Petra, c’est sublime. Vous évitez d’aller dans la zone où tout le monde arrive, qui représente cinq pour cent du site, alors que quatre-vingt-quinze pour cent du site est inoccupé. C’est pas très difficile de ne pas subir ça. C’est pas très difficile en tout cas. C’est. Voilà. En tout cas ça laisse plein d’opportunités parce que quatre-vingt-dix- huit pour cent, voilà, on a encore le temps de faire de beaux, de beaux voyages. Il y a des endroits incroyables qui sont que personne ne connaît et qui sont absolument sublimes. Puis après ils vont commencer à être connus, OK, ils vont être instagrammé, ça va très bien, on va on va partir ailleurs. Et ben voilà. Merci beaucoup d’avoir pensé à vous aujourd’hui. Jean-François Rial On aura l’occasion effectivement de parler de ces de ces voyages, ces nouvelles tendances et je vous remercie pour cette interview. Merci à vous. Au revoir.

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