Canicule : quand le PIB s’évapore.
L'info éco + sur Sud Radio avec Didier Testot LA BOURSE ET LA VIE TV

1 juillet 2026 13 h 28 min
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L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants : 

 

Vous nous parlez de l’impact économique de cette nouvelle canicule en France.

 Alors il est vrai que les bonnes nouvelles sur les marchés financiers côté géopolitique, marquée par les discussions entre les États-Unis et l’Iran ont fait reculer les prix du pétrole et vont offrir une petite bouffée d’oxygène bienvenue sur le front de l’inflation, mais le sujet de l’impact économique de nos canicules à répétition ne peut plus être mis de côté. ALLIANZ TRADE filiale de l’assureur allemand s’est penché sur ce sujet. « La vague de chaleur en cours, plus intense et plus longue que celle observée en mai, est tout autant inhabituelle pour la période. Ce n’est pas un épisode isolé mais, comme nous l’anticipons dans notre étude, le symptôme d’un choc climatique qui menace désormais directement la croissance européenne ». C’est ce que dit Hazem Krichene, éconmiste senior climat chez Allianz Trade. Selon cette étude les analyses montrent qu’au-delà de 30°C, la productivité décroche rapidement (-1,3 dollar par degré entre 30 à 35 °C), et que la répétition de ces épisodes pourrait entraîner jusqu’à 7 % de pertes de PIB d’ici 2030 — soit près de 240 milliards de dollars pour la France. Et côté déficit une pression budgétaire majeure, avec un déficit qui pourrait se creuser de plus de 2% supplémentaires. Sans transition rapide, qui engage adaptation climatique et neutralité carbone, ces phénomènes risquent de s’installer durablement comme un frein structurel à l’économie. » indique Hazem Krichene.

L’addition risque donc d’être lourde pour l’économie

Dans un scénario de crise dans lequel les cinq années les plus chaudes observées dans chaque pays entre 2014 et 2024 sont reproduites sur la période 2026-2030, Allianz Trade estime que les pertes cumulées de PIB implicites (2026-2030) pourraient atteindre 5 à 7 % pour les économies les plus exposées : 240 milliards de dollars (pour la France, 354 milliards pour le Japon, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne. Concrètement la perte de production économique due à la chaleur réduit les recettes fiscales et parallèlement, les transferts indexés sur l’inflation, les coûts de santé et la réparation d’urgence des infrastructures font augmenter les dépenses publiques. Les soldes budgétaires se détériorent d’environ 0,5 % du PIB par an en moyenne. Krichene parle d’un risque de « stagflation climatique », une activité ralentie conjuguée à une inflation alimentaire et énergétique, qui pèse directement sur le pouvoir d’achat réel. Qui dit moins d’activité, dit moins de rentrées fiscales pour l’État. Une tuile climatique qui tombe au plus mal, car nos finances publiques sont déjà dans le rouge vif. Alors bien entendu il y a des gagnants dans cette crise climatique, vous les connaissez, on peut parler des fabricants de climatiseurs, le géant japonais Daikin a vu son titre progresser fortement depuis le début de 2026, il a même annoncé l’ouverture d’une nouvelle usine en Europe. En France, les installateurs croulent sous les demandes. Moins de 30 % des foyers français sont équipés de climatisation, contre une large majorité aux États-Unis et au Japon. Le marché des pompes à chaleur réversibles, qui chauffent l’hiver et rafraîchissent l’été, connaît la même dynamique. Et autre secteur, celui des boissons et d’alimentation rafraîchissante surfent aussi sur cette chaleur.

 

Vous parliez d’impact économique à ce sujet le rapport annuel de la Cour des Comptes sonne comme une nouvelle alerte

Le constat est net : Le petit recul de notre déficit public (à 5,1 %) est un trompe-l’œil financé par des hausses d’impôts, et il ne masque plus l’envolée de notre dette. Celle-ci bat un nouveau record absolu à plus de 3 460 milliards d’euros, soit près de 116 % de notre richesse nationale. Nous sommes le troisième pays le plus endetté de la zone euro. Le grand danger pour nous, citoyens, c’est que la charge des intérêts dévore demain nos capacités d’investissement dans l’éducation ou la santé ou justement dans cette transition énergétique que nous avons évoqué. À ce jour, ce sujet de la dette pas très porteur électoralement reste éludé par les politiques candidats à l’élection présidentielle, mais il reviendra comme un boomerang en temps voulu, soyez-en sûrs !

Deepl spécialiste de la traduction acteur allemand, vient de devenir américain.

DeepL, c’était un peu celui qui vous sauvait quand vous aviez besoin d’une traduction rapide. Cette solution était hébergée exclusivement sur des serveurs en Allemagne et en Islande. C’était l’argument numéro un de DeepL face à Google ou Microsoft. Mais l’entreprise a communiqué le mois dernier de manière positive en expliquant à ses clients qu’ellee ajoutait le cloud d’Amazon Web Services (AWS) à son infrastructure. Et ses conditions générales lui réservent désormais le droit de décider où vos données sont traitées ! un rappel déjà évoqué ici, le droit applicable désormais est donc le fameux et pas assez connu #CloudAct américain qui confère aux autorités américaines un accès aux données détenues par une entreprise US, même celles stockées en Europe. Les entreprises françaises qui s’étaient reposées jusqu’ici sur Deepl, feraient bien de réétudier ce sujet pour éviter que leurs contrats, documents, données puissent être exposées plus que nécesaire !.

Pour finir un chiffre de la Bourse américaine impressionnant

Cela concerne les 7 Magnifiques, grandes sociétés de la tech américaine et le chiffre donne le vertige. Depuis leur plus haut ces 7 entreprises ont perdu plus de 5 000 000 000 000 $ de capitalisation boursière.  Avec Microsoft : -32,2 % • Meta : -31,0 % • Tesla : -18,2 % • Nvidia : -17,5 % • Amazon : -16,5 % • Alphabet : -16,1 % • Apple : -8,7 %