Pierre Calleja Pdg Fermentalg : "L'unité de production industrielle nous donnera de la visibilité".
Résultats semestriels 2014 : Premiers résultats depuis l'introduction en Bourse du spécialiste des microalgues

20 septembre 2014 8 h 44 min
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La société Fermentalg spécialisée dans l’exploitation des microalgues a renégocié son accord avec Sofiproteol.

Depuis son introduction en Bourse et sa levée de fonds, le groupe investit dans son unité industrielle et ses brevets.

On parle déjà de milliards de dollars d’activités aux Etats-Unis.

Comment évolue la stratégie de l’entreprise ?

Mon invité est Pierre Calleja Pdg Fermentalg.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Pierre Calleja, bonjour. Vous êtes le Pdg de Fermentalg. On va parler avec vous de votre actualité avec vos résultats et puis on parlera bien sûr de stratégie. Alors, ce sont vos premiers résultats après votre introduction en bourse, qu’est-ce qui s’est passé déjà depuis cette introduction en bourse ? Il y a un certain nombre de réalisations que vous avez pu faire ?

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Oui, effectivement, cela a été pour nous un premier semestre, un début d’année plutôt riche. D’une part, bien entendu, comme on a communiqué, il y a eu donc une renégociation de l’accord avec le groupe Sofiprotéol. C’était une renégociation nécessaire. Nous étions, je pense, les deux parties, pas tout à fait satisfaits de cet accord. D’une part le groupe Sofiprotéol souhaitait aller beaucoup plus loin dans la collaboration avec Fermentalg, avec une exclusivité, et ça, c’est quand même assez engageant pour une entreprise comme la nôtre. Et d’autre part, ce groupe était aussi très proche de Fermentalg puisque actionnaire la société, administrateur de la société. On était un peu vu quand même comme une filiale de Sofiprotéol et c’est vrai que plus beaucoup d’entreprises venaient vers nous. On était quand même perçu comme très, très proche de cette entreprise.

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc il a fallu renégocier.

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Il a fallu renégocier, et ce qui est important pour Fermentalg bien entendu, c’est l’accès au marché, et donc cette renégociation s’est portée sur l’accès au marché que nous avons obtenu, en non exclusif, à l’échelle mondiale. Et donc aujourd’hui, grâce à l’introduction en bourse, nous avons les moyens de partir sur cette unité de développement industriel qui était vraiment dans l’accord avec le groupe Sofiprotéol et qui était dans l’attente un peu de cette négo exclusive en discussion. Donc cela nous a libéré beaucoup pour lancer cette unité de développement industriel, telle que on l’avait demandé au marché pendant notre introduction en bourse, et puis c’est vrai que l’on revoit un flux important maintenant d’entreprises venir vers Fermentalg, avec ce discours qui est : « Maintenant que vous n’êtes plus une filiale de Sofiprotéol, on va pouvoir recommencer à discuter » et c’est vraiment le cas.

Web TV www.labourseetlavie.com : Un rappel, vous êtes donc une société de biotechnologie spécialisée dans les microalgues, donc vous avez parlé à la fois de production d’huiles, de protéines, vous avez même déposé à nouveau des brevets, quel est vraiment le… peut-être si on revient sur ce savoir-faire que vous allez pouvoir développer pour un certain nombre d’industries ?

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Si vous voulez, très rapidement parce que cette question est assez large, on parle de l’exploitation industrielle des microalgues, c’est dans la continuité de l’aquaculture marine. Il y a 20 ans on ne savait pas faire de poissons marins et aujourd’hui c’est devenu quelque chose d’extrêmement conséquent et on s’est attaqué à ces microalgues. Et en fait, nous sommes passés par des générations technologiques qui nous ont apporté une meilleure maîtrise de cette exploitation industrielle des microalgues avec, en fait, une entrée dans l’ère de l’exploitation qui apparaît au moment où naît la troisième génération technologique. Cette génération, elle est née aux États-Unis et en Asie, elle était inexistante en Europe…

Web TV www.labourseetlavie.com : Malgré, si on prend la France, malgré nos côtes et tout ce que… ?

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Malgré nos côtes et malgré les énormes investissements qui avaient été faits en recherche. En fait la France avait porté la première et la deuxième générations et avait un peu continué là-dessus. On s’est fait dépasser à un moment donné par les Américains et Fermentalg a fait la synthèse de tout cela. On s’était rendu compte depuis 30 ans, on travaillait, on avait travaillé sur ces première et deuxième générations, on faisait cela à la lumière. J’avais été un des rares, très rare à travailler sur la troisième génération que j’ai introduit à la fois Ifremer, à la fois au CEA, et Fermentalg a fait la synthèse de tout cela, et en fait on est monté sur cette quatrième génération qui est totalement adaptée aux microalgues. Non seulement elle est très adaptée, elle donne des meilleurs rendements, mais en plus on a mieux compris ces fameuses microalgues. On a fait des avancées biologiques sur le sujet. Et, si vous voulez, toute la planète avait compris que les microalgues étaient importantes. Il y a quelqu’un qui a dit « les microalgues c’est le pétrole, c’est la troisième génération des biocarburants », donc cela a fait le tour de la terre, cela a fait le tour des financiers, et bien entendu c’est la guerre économique. Et cette guerre économique, elle se fait à base de brevets, de propriétés intellectuelles. Les Américains sont très positionnés sur cette troisième génération et ils exploitent déjà. On parle de chiffre d’affaires de milliards de dollars déjà aux États-Unis. Et la quatrième génération, c’est un peu le terrain de chasse de Fermentalg, c’est la propriété de Fermentalg, donc des brevets… On en a vu certains qui ont été validés, consacrés, donc brevets technologiques, et autour de ces brevets technologiques, des gisements d’exploitation, ce sont des gisements de souches de microalgues que l’on va exploiter petit à petit, mettre en production avec nos partenaires industriels.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous parlez de cette capacité de production, donc autour de 500 tonnes d’huile que vous allez pouvoir produire, c’est prévu pour fin 2015. Pour les investisseurs qui vous suivent depuis l’introduction, ils vont forcément avoir en tête, qu’est-ce qui va se passer d’ici là ? Est-ce qu’il va y avoir de nouveaux partenariats ? Quelle va être un peu la stratégie que vous allez mettre en place ?

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Cette unité de développement industriel, elle est extrêmement importante parce qu’elle va nous permettre, à la fois bien sûr d’aller vers ces volumes supérieurs à 500 tonnes. Si on parle de biomasse, on est à plus de 1300 tonnes/1 400 tonnes Et puis surtout, cette unité, elle est extensible c’est-à-dire que on va pouvoir, en pratiquement pas réinvestissant, juste rajouter quelques cuves, on va pouvoir tripler la productivité de cette unité. C’est très conséquent, cela va nous permettre déjà d’atteindre les objectifs pratiquement que l’on s’est fixé, pas ceux que l’on s’est fixé à 10 ans, mais enfin on a de la visibilité pour longtemps en matière de production. Et puis, si on regarde un peu ce qui se passe aux États-Unis, ils ne sont pas sur des unités comme nous en milliers de tonnes, ils sont déjà sur Solazyme par exemple, sur des unités de 100 000 tonnes. Et donc, on va grâce à cette unité acquérir la technologie pour passer à autre chose demain avec des grands partenaires industriels. Bien entendu les autorisations de vente de nos produits, c’est très important, on les a déposés, on les attend. On a été déposé cela dans des pays de l’Europe, donc avec une vision de marché européenne et mondiale, donc ça c’est pour demain, et ce qui va nous permettre de vendre nos premiers lots, notamment en se servant des fermenteurs que l’on a déjà. Vous savez que l’on a un fermenteur de 1000 litres qui nous permet de faire des lots. Et dès que cette unité sera en production, on va pouvoir vraiment s’attaquer au marché. En attendant, comme je l’ai dit, le flux d’industriels qui se sont rapprochés de Fermentalg a été très conséquent durant ce premier semestre. On voit vraiment cette inversion de tendance et on a une bonne quinzaine d’industriels qui se sont approchés de Fermentalg et des deals en discussion, aujourd’hui, pour certains des discussions très avancées, on espère bien avoir un flux plutôt bien rempli pour les mois à venir. Alors, l’entrée de l’introduction en bourse nous a amené 40 millions d’euros, donc une somme très conséquente, et nous allons en consommer une partie sur cette unité de développement industriel qui va avoir une capacité finalement, notamment au travers de cette extension possible, très conséquente. Donc on est loin d’avoir à resolliciter un financier pour monter une unité industrielle pour les marchés sur lesquels nous avons la main aujourd’hui et pour lesquels nous attendons les autorisations de vente. Donc de ce point de vue-là, l’horizon d’un besoin financier en matière d’investissement, il est… Il n’existe pas pour moi. On va commencer par occuper cette usine en totalité et vendre tout cela, on sera presque déjà à la moitié de nos objectifs à 10 ans, donc c’est parfait. À côté de cela, vous l’avez vu, l’entreprise se dote aujourd’hui de business units, donc c’est cap vers le marché. On a structuré la recherche, on a structuré le développement de molécules, l’outil fonctionne à fond. On va avoir maintenant en plus l’unité de développement industriel, et c’est cap sur le marché avec les partenaires industriels, c’est l’apparition de ces cinq business units, santé, cosméto, chimie verte, feed et food, qui vont nous permettre de, maintenant, d’accompagner le pipe de développement de l’entreprise.

Web TV www.labourseetlavie.com : On suivra cela. Merci Pierre Calleja d’avoir été avec nous.

Pierre Calleja, Pdg de Fermentalg : Merci pour votre intérêt.

 

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