Patrick Vandromme Pdg Maisons France Confort : "Nous voulons booster nos relais de croissance".
Maisons France Confort : Résultats annuels 2014 du constructeur de maisons individuelles

19 mars 2015 21 h 26 min
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Immobilier : Secteur de la constuction de maisons individuelles

Maisons France Confort est le leader national en secteur diffus.

Nous parlons de l’année 2014 sur un secteur qui a souffert (-40% en trois ans) et comment le groupe fait évoluer sa stratégie (via plusieurs diversifications par exemple sur la rénovation).

Mon invité est Patrick Vandromme Pdg Maisons France Confort 

La SFAF (Société Française des Analystes Financiers) et l’OFEM (Observatoire du Financement des Entreprises par le Marché) ont contribué à la mise en avant de cette vidéo dans le cadre du partenariat avec LA BOURSE ET LA VIE TV éditeur de la Web Tv ww.labourseetlavie.com

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Patrick Vandromme, bonjour. Vous êtes le Pdg de Maisons France Confort. On va parler avec vous de votre année 2014 et puis des perspectives. On le sait, dans la construction de maisons individuelles, dans le neuf, cela a été des années difficiles. Si on faisait un bilan déjà, avant de parler même de 2014, qu’est-ce que cela donne sur votre marché finalement ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC :  2014, c’était une des pires années que l’on a connues pratiquement depuis la guerre, depuis la dernière guerre, puisqu’en fait, en 2014, pour notre métier, maisons individuelles, en diffus, hors Dom-Tom et hors extension, c’est 83 000 maisons, autorisation de construire de 83 000 maisons, c’est pratiquement -40 % en trois ans. Donc c’est vraiment un vrai séisme pendant ces trois années.

Web TV www.labourseetlavie.com : Pour vous, vous êtes leader sur ce secteur-là, quand on a, cela arrive ce type de crise, mais pas fréquemment heureusement, mais à un tel niveau, comment on s’ajuste justement ? Comment on ajuste parce que là les chiffres sont impressionnants ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Moi personnellement, je n’avais jamais connu de crise aussi difficile, j’avais vécu 92-93, mais là, en plus c’est une crise qui a duré, il y a eu un petit rebond en 2010, mais c’est quand même depuis 2008, c’est quand même extrêmement difficile. Comment réagit ? On réagit, j’allais dire, au mieux c’est-à-dire que l’on adapte nos structures. Donc on a réduit nos coûts fixes bien entendu. Par contre on a toujours continué à développer nos axes de progrès. Par exemple tout ce qui est Internet, on a continué à investir dans l’outil Internet, et surtout on a continué à investir dans nos axes de diversification pour justement ne plus dépendre que de la maison individuelle et éviter, quand il y a des chutes de 40 % du marché, pouvoir se retourner plus rapidement.

Web TV www.labourseetlavie.com : Qu’est-ce qui bloque ? Qu’est-ce qui a le plus bloqué finalement sur cette période ? On pense à la confiance, qu’est-ce qui est le plus au cœur de cette chute ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : On a cumulé trois phénomènes. Le premier, et c’est le plus important, c’est la confiance des ménages dans l’avenir, le problème du chômage récurrent et qui ne cesse d’augmenter, c’est sûr que les gens ont peur, c’est vraiment le premier point. Le deuxième point, c’est les banques. Les banques qui ont été beaucoup plus réticentes à accorder des prêts immobiliers et, j’allais dire, ayant elles-mêmes leurs propres contraintes. Et puis le troisième point, ce sont les réglementations qui n’arrêtent pas de tomber, et notamment la réglementation 2012 qui a augmenté le prix de nos maisons de 10 % au 1er janvier 2013.

Web TV www.labourseetlavie.com : Au moment où les marchés donc étaient déjà fragilisés.

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Voilà, et du coup il y a toute une tranche de français modestes qui n’ont pas pu accéder à la propriété dans le neuf.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous parliez de cette amélioration de fin d’année dernière, concrètement effectivement pour vous cela donne quoi ? Qu’est-ce que vous avez eu, je dirais, comme amélioration ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : La bonne nouvelle, la seule bonne nouvelle, j’allais dire, en 2014, c’est qu’à partir du mois d’octobre, et je pense grâce aux dispositions qui ont été prises par notre Premier ministre et Mme Pinel qui ont aménagé le prêt à taux zéro de façon un peu plus intelligente qu’avant, on a retrouvé, j’allais dire, une activité commerciale positive c’est-à-dire que l’on est passé en positif à partir du mois d’octobre alors que l’on était en négatif quasiment depuis le début de l’année, et avec des -17 % au mois d’août, donc en octobre flat, novembre, décembre, +11 %. Et en fait, cette tendance à la hausse se confirme déjà sur les deux premiers mois de l’année.

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc là, un début d’amélioration, comme si on avait touché le point bas finalement en 2014 ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Effectivement, les mesures gouvernementales qui aident certainement, qui ont un effet déclencheur, et je pense quand même un indice de confiance des ménages qui s’améliore.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous parliez de diversification des métiers de Maisons France Confort, la maison individuelle, au-delà la rénovation, quels sont les axes de diversification pour vous ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Comme vous le dites, la maison individuelle, notre cœur de cible, cela ne bouge pas, la rénovation, là vous avez raison, fait partie de l’axe de développement majeur de France Confort. C’est 10 millions de commandes année dernières et déjà 2,5 millions en deux mois, donc on vise quand même 15 millions de chiffres d’affaires, de prises de commandes en 2015. Deuxième axe de rénovation, c’est l’aménagement foncier. On est obligé quand même dans certaines régions de maîtriser le foncier si on veut continuer à vendre des maisons en zones périurbaines, d’où notamment notre acquisition de Ytem Aménagement en région Rhône-Alpes et qui nous ouvre en plus des portes pour le troisième axe de développement qui sont les bailleurs sociaux. Ce sont des gens qui construisent quand même 100 000 logements par an et on veut absolument se rapprocher d’eux. Ils ont besoin de nous, on a besoin d’eux, et on est en train de trouver des deals pour pouvoir construire des petits blocs de maisons, notamment dans des villes moyennes en province, et ce troisième axe de développement, donc ce sont les bailleurs sociaux qui restent quand même des acteurs majeurs dans la construction en France.

Web TV www.labourseetlavie.com : Globalement, vous dites à peu près pour 2015 une stabilisation de la production ? C’est à peu près ce que vous envisagez aujourd’hui ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : En 2015, c’est pratiquement écrit, la production va être à peu près stabilisée par rapport à 2014, malgré une petite baisse de commandes en 2014, nos délais devraient se réduire, le taux d’annulation a baissé d’1 %. Va s’ajouter la rénovation à ce chiffre d’affaires. Donc là on est à peu près flat par rapport à 2014, et en plus, nous aurons de la croissance externe, dont Maisons Partout, 8 millions de chiffres d’affaires, Ytem, 4 millions de chiffres d’affaires. Donc grosso modo, on devrait faire 12 millions de plus de chiffre d’affaires cette année 2015.

Web TV www.labourseetlavie.com : Avec effectivement toujours, compte tenu de ce marché difficile pour vous, des opportunités qui pourraient se présenter en 2015 également ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Bien entendu. Vous savez que l’on dispose quand même d’une trésorerie nette d’endettement importante, que l’on essaie d’utiliser à bon escient. Peut-être que l’on ira peut-être moins dans la maison individuelle comme auparavant, mais ce que l’on voudrait, c’est éventuellement booster nos relais de croissance et notamment trouver des sociétés, par exemple dans la rénovation, où on pourrait imaginer de faire une opération ou plusieurs opérations de croissance externe, dans la rénovation, je veux dire, au sens large, maison, mais peut-être également immeuble.

Web TV www.labourseetlavie.com : Quand on pense à la… parce que les investisseurs regardent bien entendu les marges, ce serait plutôt en 2016 finalement que l’on retrouverait les marges plus conformes à ce que vous faites habituellement en dehors de ces périodes-là ?

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : De toute façon, on a beaucoup souffert depuis quelques années, notamment en 2014, on a perdu un point de marge. Il n’y avait pas le choix, on était avec une concurrence comme je ne l’avais jamais connue, et qu’effectivement, si on ne faisait pas d’efforts commerciaux, on ne vendait plus de maisons et nos troupes n’avaient plus le moral. Donc on a fait des efforts, on n’a pas eu le choix, donc on a perdu un point de marge. Donc ce point de marge, c’était les ventes 2014, que l’on va donc retrouver en 2015, donc on devrait avoir en 2015 globalement la même rentabilité qu’en 2014, nous espérons quand même légèrement supérieure, mais le vrai redémarrage d’une marge qui devrait devenir normative, ce sera à partir de 2016.

Web TV www.labourseetlavie.com : On suivra cela. Merci Patrick Vandromme d’avoir été avec nous.

Patrick Vandromme, Pdg de MFC : Merci.

 

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