Interview Michel Denis Directeur Général Manitou : "Un redressement commercial et dû aussi à l'efficacité opérationnelle".
Manitou a publié ses résultats semestriels 2013/2014 : Perspectives

28 août 2014 13 h 37 min
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Spécialiste des chariots élévateurs, Manitou retrouve la croissance au 1er semestre.

Nous parlons de la stratégie de l’entreprise et de ses perspectives avec Michel Denis le Directeur Général de l’entreprise.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Michel Denis, bonjour. Vous êtes le directeur général de Manitou. On va revenir avec vous sur le premier semestre pour votre entreprise et puis sur les perspectives. On voit bien sûr le redressement de l’entreprise au premier semestre. Qu’est-ce qui, selon vous, a le plus permis ce redressement des résultats ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Le redressement des résultats sur notre premier semestre que nous avons publiés hier est un redressement qui est à la fois un redressement commercial de pénétration, de développement de nos activités, et un redressement dû à une efficacité opérationnelle, une efficacité de livraison, de production, une efficacité de gestion avec nos partenaires et nos fournisseurs et nos clients qui nous a permis d’être plus efficace, plus efficient, et de publier ces résultats hier.

Web TV www.labourseetlavie.com : On rappelle que vous êtes spécialiste des chariots élévateurs donc sur différents marchés. Il y a des marchés qui sont aujourd’hui… qui ont retrouvé de la croissance ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Oui, nous avons une gamme de produits qui assez large, nous faisons du chariot à mât, du chariot télescopique, des nacelles, des skid steer, des mini-chargeuses articulées, donc nous avons une gamme assez large de produits et nous adressons l’ensemble du globe puisque nous réalisons 75 % de notre chiffre d’affaires à l’étranger, donc une entreprise très, très internationale. Et sur ces différents marchés, nous adressons essentiellement l’industrie et l’agriculture et la construction, nous avons des contrastes entre les zones et nous avons effectivement des zones qui en termes de marchés sont dynamiques, en particulier les zones Amérique du Nord qui est repartie sur la construction de manière très forte, en particulier l’Europe du Nord sur laquelle nous avons, et en Angleterre et aux Pays-Bas et en Scandinavie, de très fortes demandes, un secteur de la construction qui repart, un secteur de l’agriculture qui s’est maintenue dans ces pays-là, voilà, qui ont été contrebalancés par des zones plus difficiles, plus modérées dans leur approche, voire difficiles sur les zones agricoles en Europe du Sud où les équipementiers ont tous été un peu touchés par un frein des investissements et les zones minières, où le secteur minier, nous avons des produits très… qui adressent ces marchés de manière très spécifique avec une performance exceptionnelle qui sont des secteurs difficiles en 2014.

Web TV www.labourseetlavie.com : Ça, c’est lié effectivement la conjoncture. Du côté aussi de vos interlocuteurs, on le sait, il y a les loueurs de nacelles notamment, où en est la situation des loueurs ? On sent bien qu’il y a toujours de la volatilité sur ce segment-là ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Oui, il y a une volatilité de ce secteur qui est liée à la construction. Nous avons repris au cours du premier semestre un certain nombre de parts de nos marchés et de pénétration chez les grands loueurs, que cela soit en nacelles sur lesquelles nous avons une forte progression de cette activité, mais également en chariots télescopiques. Nos perspectives, par rapport à cette volatilité, est que la zone Amérique du Nord va continuer à être très dynamique sur plusieurs années, donc là il y a eu d’énormes investissements qui ont été réalisés et qui vont continuer à être faits par nos clients loueurs, c’est le message qu’ils nous passent. Quant à l’Europe, les grands loueurs européens ne passent pas de message d’arrêt à court terme. Je pense que l’on va être plus attentif semestre après semestre de cette activité. C’est vrai que les mises en chantier sont très contrastées. On est à plus de 700 000 mises en chantier cette année de logements au UK quand on n’en a moins de 300 000 en FRANCE. Donc il y a des contrastes selon les zones, donc on est attentif avec eux. Aujourd’hui nous n’avons pas de message de frein des investissements de leur part.

Web TV www.labourseetlavie.com : Il y a eu un point positif aussi pour vous au premier semestre, c’est la baisse de l’euro, on n’est pas sûr que cela se poursuive pour autant, vous gérez cela de quelle manière ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Du fait de notre côté très international, nous avons une gestion de la devise qui est fine, notre gestion des couvertures. Il est vrai que la baisse de l’euro est une bonne nouvelle, est une bonne nouvelle pour nous parce que nous avons une production euro qui est importante dans notre part de notre chiffre d’affaires, et donc le rééquilibrage par rapport à un euro très fort que nous avions est une bonne nouvelle que nous suivons. Cela dit, on a une politique de couverture extrêmement fine, devise par devise, sur celles qui sont les principales qui impactent notre activité que sont le dollar, la livre, le dollar australien et le rand sud-africain sur lesquelles nous avons une politique de couverture pour que ces impacts ne soient pas trop… n’aient pas trop d’influence sur nos résultats.

Web TV www.labourseetlavie.com : Aujourd’hui sur l’ensemble de l’exercice, quel est un peu le message que vous délivrez par rapport à ce premier semestre en redressement ? Quelle est un peu la tendance ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Sur l’ensemble de l’exercice, nous avons un retour très terrain parce qu’avant nous avions peut-être des difficultés opérationnelles ou financières qui nous ont amené à mettre le focus peut-être sur d’autres sujets, très terrain de retour de croissance, de parts de marché, de marketing très opérationnel, d’analyse de l’ensemble des marchés pour adresser nos affaires, adresser les grands comptes, qui nous permet d’avoir une croissance et de parts de marché et, compte tenu de l’évolution globale des marchés, une croissance de notre chiffre d’affaires. Donc on voit un chiffre d’affaires en 2014 qui sera en progression par rapport à 2013. Donc nous poursuivrons ces actions, nous allons encore plus loin dans ce gain de parts de marché et, sur la partie opérationnelle, tout ce que nous faisons à la fois sur l’efficience opérationnelle et sur la réduction des frais fixes, nous avons déjà plus de 6 millions de frais fixes qui ont été réduits par rapport à l’année dernière que nous allons continuer pour faire les 10 millions et au-delà de ce que nous avions annoncé, que nous allons poursuivre. Enfin, c’est aussi la mise en place de notre nouvelle organisation avec une division Services qui a été créée pour adresser, regrouper l’ensemble des besoins de services et adresser ces marchés qui ont besoin de plus en plus de réactivité, de disponibilité, de pièces, de contrats, de garanties, etc., donc l’ensemble de ces besoins clients que nous adressons au travers de cette nouvelle division.

Web TV www.labourseetlavie.com : On sait que Manitou avait connu une crise assez… le marché et Manitou, une crise assez importante, est-ce aujourd’hui vous diriez que la crise est passée ou vous diriez que vous êtes en sorite de crise ? Comment on se situe dans votre cycle de développement ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : La crise en tant que telle est passée. Nous avons bien sûr des zones qui sont difficiles, nous avons des zones émergentes qui ont des volatilités qui sont fortes, nous avons une zone en Europe du Sud qui est difficile, mais je dirais dans l’ensemble d’une crise qui est globale, mondiale sur tous nos secteurs, ça c’est dernière nous. Maintenant on est en phase de recovery progressive. Nous avions été extrêmement touchés aux États-Unis, et suite à l’acquisition de Gehl et de Mustang en 2008 par la crise économique, on a clôturé ce semestre-ci avec 133 millions d’euros, un chiffre d’affaires de compact equipment dans notre division Gehl et Mustang, qui est un record depuis notre acquisition, donc une recovery progressive qui fait qu’une crise globale est derrière nous. Maintenant il y a encore des zones de difficultés économiques, bien sûr, que tout le monde connaît, mais des poches de croissance qui sont réelles, qui sont là et qui me laisse optimiste pour l’avenir.

Web TV www.labourseetlavie.com : Le mot de la fin, il faut aussi, on voit que vous parliez de la gamme du groupe, il faut innover, il faut apporter de nouvelles solutions constamment aussi, cela fait partie aussi de ces perspectives ?

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Oui, cela fait partie des perspectives. On est attentif à avoir une organisation plus efficace, plus focus, plus réduite en termes de coût, mais nous mettons aussi en parallèle des moyens de développement, d’adaptation de nos produits, de développement de nouveaux produits. On a lancé en mars à Conexpo, donc à Las Vegas, une nouvelle machine dédiée à un marché nord-américain exigeant en termes de tonnage, de puissance, et aux industries, aux métier de oil and gaz sur une 14 mètres et de 9 tonnes de capacité. On vient de lancer une machine dédiée à l’agricole aussi pour les exploitations très intensives, très lourdes, céréalières intensives avec une 9 mètres de 6 tonnes de capacité pour aussi les zones Océanie et les zones Amérique. On vient de lancer une machine construction dédiée pour les loueurs, encore plus simple, un moteur plus réduit, une économie, une efficacité, une disponibilité de la machine, donc on poursuit ce développement et on a présenté à l’Apex qui est le grand salon de la nacelle en juin notre nouvelle 26 mètres et on étend notre gamme en nacelles, on ne travaille que sur les gammes articulées et sur lesquelles on est petit à petit en train d’étendre notre gamme pour adresser vraiment tous les segments de marchés et à chaque fois apporter plus de ciblages, plus de performances pour nos clients avec toujours… Une grande force de Manitou, c’est que l’ensemble de nos machines nous somme capables toujours d’aller plus loin, de les améliorer, de les adapter, d’en faire des accessoires spécifiques parce qu’avec un Manitou on peut tout faire, et d’en faire des accessoires spécifiques qui correspondent à des métiers de clients, qui nous permettent d’adresser les armées. On a eu le prix Eurosatory de l’entreprise exportatrice pour les armées en juin parce que nous savons adapter, faire les outils qui rendent nos clients plus performants.

Web TV www.labourseetlavie.com : C’est la clé aujourd’hui. Merci Michel Denis d’avoir été avec nous.

Michel Denis, Directeur général de Manitou : Merci Monsieur.

 

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