Interview de Jean-Pierre Gorgé Président Auplata (Mines d'Or).
Auplata : stratégie et perspectives

11 février 2010 5 h 37 min
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Auplata est producteur d’or en Guyane. La société vient d’émettre un emprunt obligataire indexé sur l’or, l’occasion pour nous d’interviewer le Président de la société Jean-Pierre Gorgé. Celui-ci revient sur la stratégie de la société, ses contraintes et ses opportunités. Sur l’ensemble de l’exercice 2009, Auplata vient d’annoncer avoir produit 276 kg d’or et ses ventes se sont e?tablies a? 260 kg, repre?sentant un chiffre d’affaires annuel de 5,8 M€.

Web TV www.labourseetlavie.com : M. Jean-Pierre Gorgée, Président d’Auplata bonjour. On va parler avec vous d’un secteur qui fait couler beaucoup d’encre ou qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est le secteur de l’or. En l’occurence Auplata effectivement possède un certain nombre de mines; et on va parler également ensemble d’un emprunt et d’augmentation de capital pour le groupe. Avant d’en parler, sur Auplata qu’est-ce qu’on peut dire, est-ce que c’est une mine d’or Auplata ?

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « Non non, Auplata est une société qui a été créée en 2004 avec comme vocation de devenir un exploitant minier de taille moyenne, on n’a pas la prétention de devenir un grand opérateur, en tout cas dans les années qui viennent. Elle est destinée à exploiter d’une manière responsable sur le plan écologique et social l’or qui se trouve présent en Guyane, à travers des concessions ou des titres miniers que nous exploitons aujourd’hui. Aujourd’hui Auplata détient plusieurs titres miniers et exploite deux sites, donc a deux usines, l’une sur le site de Dieu Merci et l’autre sur le site de Yaou, ces deux sites produisant chacun de l’or bien sûr. »

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Pourquoi il fallait justement plus d’argent, il fallait investir, vous parliez de devenir responsable, c’est vrai qu’on a l’image de la Guyane et des chercheurs d’or effectivement qui mettent du mercure un peu partout et donc qui polluent la Guyane. Il fallait passer par l’investissement de ce point de vue là ?

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « Lorsque nous avons pris le contrôle de la société Auplata, nous avons mis pas mal d’ordre dans la société qui avait vécu un peu au dessus de ses moyens, et qui en même temps avait négligé certaines obligations, notamment la nécessité d’être conforme en termes de normes environnementales et d’avoir les autorisations nécessaires. Donc, une partie de notre effort, dès lors que nous avons pris le contrôle il y a 18 mois de ceci à peu près, a consisté à mettre nos usines aux normes. Nous avons maintenant des autorisations qui conviennent et nous avons tenu des permis d’exploitation supplémentaires ou la confirmation de ces permis. C’est un point important. Nous avons également remis de l’ordre dans la gestion et le management de l’entreprise, pour autant, et j’en viens à votre question, ceci ne permet pas à Auplata d’être une entreprise prospère et gagnant de l’argent puisque les procédés qui sont utilisés actuellement en Guyane et aussi bien entendu par nous-mêmes, si je fais abstraction des clandestins qui eux ont des procédés beaucoup plus expéditifs mais polluants, c’est donc d’exploiter de l’or par gravimétrie, ce procédé qui est extrêmement simple, qui consiste à broyer et à centrifuger, ça a inconvénient de ne permettre la récupération que le quart ou le tiers de l’or contenu dans ces minerais. C’est donc en même temps un gaspillage de la ressource minière. C’est la raison pour laquelle j’ai pensé qu’il était important et efficace et possible de reprendre le contrôle de cette société. Nous avons lancé la mise au point d’un nouveau procédé qui consiste à récupérer par une voie chimique cette fois un pourcentage beaucoup plus important de l’or et passer en gros de 25 à 50% ou 30 à 60%, ceci n’est pas encore complètement assuré. Alors, ces procédés ont suivi des développements au stade laboratoire puis au stade pilote industriel et nous sommes maintenant dans la phase où nous allons lancer, c’est déjà commencé au niveau de la réflexion et des études préalables, la construction d’un atelier industriel qui devrait donc entrer en service pour le début de 2011. »

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Ce qui veut dire que les investissements et notamment les augmentations de capital, tout ce qui est aujourd’hui proposé au public c’est lié à ces nouveaux procédés, à ces investissements nécessaires ?

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « Absolument, ces nouveaux procédés vont nous permettre d’avoir un compte de résultat très positif, nous l’espérons en tout cas en 2011, et ce n’est qu’une partie toutefois des projets que nous avons puisque l’usine en question devrait coûter environ 3 à 4 millions d’euros. Mais, il se trouve qu’Auplata avait bénéficié d’un droit de préemption sur l’acquisition de titres miniers détenus par le groupe Golden Star et nous avons décidé après avoir réfléchi d’exercer ce droit de préemption, ce droit de préemption nous permet de devenir les propriétaires de titres miniers que détenaient cette société ou qu’elle était en phase de détenir, qui sont très importants et qui feront plus que doubler le potentiel d’Auplata. Bien entendu, ces titres miniers devront faire l’objet de travaux de géologie et de travaux de prospection puis ensuite de travaux de construction d’usines d’exploitation mais notre objectif est de devenir le premier opérateur minier en Guyane. Nous le seront grâce à ces titres miniers qui, je tiens à le préciser, ne sont pas encore acquis aujourd’hui définitivement puisque l’administration française a le droit de refuser l’agrément à un nouvel exploitant que nous sommes. Nous pensons que l’administration française ne s’opposera bien entendu à ce transfert dans la mesure où nous sommes le seul opérateur, il y en très très peu pour ne pas dire que nous sommes à peu près les seuls exploitants qui sont responsables et conformes aux normes d’exploitation actuels. »

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Qu’est-ce qui s’est passé sur le marché de l’or, cette montée en puissance de l’or? Alors certains disent que c’est pour se protéger de l’inflation, d’autres simplement pensent qu’il y a un intérêt à posséder de l’or. Est-ce que ça joue beaucoup sur le fait que les investissements que vous faites aujourd’hui sont pérennes et amèneront des résultats dans ce secteur ?

 

 

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « Bien sûr, notre exploitation par notre nouveau procédé qui nous permet d’extraire de l’or qui est d’ailleurs présent dans les résidus de nos exploitations intérieures, ça s’appelle des « tailings » et qui contiennent à peu près 5 tonnes d’or, donc par nos nouveaux procédés nous allons pouvoir récupérer entre 2 ou 3 tonnes d’or. Ceci doit changer totalement la physionomie d’Auplata et ceci a un coût marginal d’extraction très très modeste puisqu’au fond ces résidus sont à notre disposition et ne nécessitent pas de transformations très importantes. Pour répondre à votre question sur l’or, moi je ne suis pas un spécialiste du marché de l’or, ce que je constate simplement c’est qu’un peu partout sur la planète, il y a des normes environnementales qui sont de plus en plus contraignantes, il y avait un article dans un grand quotidien aujourd’hui qui expliquait les méfaits de l’orpaillage clandestin et qui militait un peu, c’était l’association WWF, qui militait en faveur d’une traçabilité de l’or. Nous sommes tout à fait favorables à ce genre de démarches puisqu’au fond, la seule manière aujourd’hui d’exploiter l’or d’une manière convenable c’est de respecter l’environnement, donc de savoir d’où vient cet or ce qui aujourd’hui n’est pas le cas, l’or est totalement anonyme et on ne peut pas en déceler la provenance. »

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté de cet emprunt, il est indexé sur l’or, c’est fait pour des investisseurs avertis ou des particuliers ?

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « D’abord, nous avons souhaité que notre augmentation de capital intéresse le plus grand nombre de personnes et au premier chef, nos actionnaires. Auplata est une société qui est coté sur Alternext, mais qui a un volume d’échange très important et beaucoup d’actionnaires, plusieurs milliers d’actionnaires. Nous avons souhaité que ces actionnaires aient la possibilité préférentiellement de souscrire à l’augmentation de capital, donc maintien du droit préférentiel de souscription et attribution de BSAR qui permettront dans les 12 mois qui viennent de poursuivre l’augmentation du capital d’Auplata. En ce qui concerne l’obligation que nous lançons, qui a une particularité c’est que, on a pu la comparer évidemment à l’emprunt Giscard ou l’emprunt Pinay, les choses doivent rester à leur juste mesure, mais elle a tout de même cette particularité qui vous a parue intéressante pour toucher aussi le grand public c’est d’avoir un taux d’intérêt qui est variable et qui peut évoluer vers le haut essentiellement en fonction de l’évolution du cours de l’or puisque les intérêts sont de 8% la première année et pourront aller jusqu’à 12% sans jamais, si l’or monte sensiblement, descendre au dessous de 6%. Il nous a paru que c’était un produit qui pouvait intéresser à la fois des professionnels avertis mais aussi le grand public. »

 

Web TV www.labourseetlavie.com : En conclusion, pour les boursiers ou les financiers qui connaissent les groupes Gorgé, ils ont en tête un groupe plutôt sur des secteurs industriels avec des filiales, avec des robots sous-marins par exemple pour citer Eka, et là vous êtes sur l’or, quel est le lien entre tout ça ?

 

Jean-Pierre Gorgé, Président d’Auplata : « Le lien c’est un peu moi-même, j’ai crée le groupe Gorgé et le Pélican qui est la maison mère, mais j’ai dans ma vie passée connu pas mal des questions de chimie. La première société du groupe Fidukem, c’est une société de chimie. Donc, je connais pas mal les problèmes de chimie, j’ai été président de la société, j’y ai travaillé et puisque mon projet est un projet à base de chimie puisqu’il s’agit de traiter nos minerais aurifères par un procédé nouveau qui implique des étapes chimiques. Je connais pas mal également les problèmes d’environnement, j’ai une certaine expérience des questions de direction et de redressement d’entreprises. Donc, toutes ces caractéristiques nous on fait penser que le défi valait la peine d’être relevé et je crois que jusqu’à maintenant nous avons plutôt réussi dans cette entreprise. »

 

© www.labourseetlavie.com 10 février 2010

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