Eric Venet Directeur Général Montbleu Finance : "Ne pas être dans le marché est dangereux".
Tv Bourse : Stratégie d'investissement et perspectives

21 mars 2015 17 h 54 min
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Après les commentaires de la FED, quelle stratégie d’investissement dans un univers financier dominé par la politique monétaire de la BCE ou la FED, qui perturbe la valorisation des actifs.

Mon invité est Eric Venet Directeur Général Montbleu Finance.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Eric Venet, bonjour. Vous êtes le directeur général de Montbleu Finance. On va parler avec vous de marchés financiers et de perspectives sur ces marchés. Si vous voulez bien, on commence par les États-Unis qui sont un peu au cœur, à la fois des interrogations, et puis aussi des marchés, comment vous analysez, vous, ce qui se passe aux États-Unis ? C’est vrai que l’on a eu un peu des signaux contradictoires, vous pensez, vous, que l’économie est vraiment repartie, l’économie américaine ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Oui, tous les ans, à la même époque, on se dit « Il y a un petit coup de mou » alors que finalement il y a bien des pays qui aimeraient avoir cette dynamique de croissance… Il faut juste se rappeler quand même 295 000 créations d’emplois le mois dernier, un rythme mensuel de 160 000, taux de chômage 5,5. On va me dire « Il y a encore des gens qui n’ont pas du plein-emploi », mais enfin peu importe. La dynamique est là. Après, est-ce que l’on va finalement normaliser tout cela ? En fait, le problème, c’est que les États-Unis sont un îlot de prospérité économique par rapport à un Bund qui lui lutte contre la désinflation avec le risque de déflation qui, pour moi, n’existe pas en Europe, même si on l’a vendu pour un quantitative easing, mais j’aimerais bien être américain, c’est-à-dire que là, c’est reparti. Par contre, en termes de dynamique, c’est bouclé, et en termes de marchés financiers, il vaut mieux être maintenant sur le prochain qui va démarrer et que le prochain qui va démarrer, c’est effectivement en Europe, et ça, ça paraît un peu plus certain.

Web TV www.labourseetlavie.com : Là on a eu beaucoup de flux d’ailleurs de ce côté-là, les Américains eux-mêmes sont venus acheter l’Europe qui n’avait pas encore une croissance terrible, qui n’en a toujours pas d’ailleurs, pour l’instant en tout cas, il y a des petits signaux…

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Ça frétille, ça frétille. C’est le propre de l’illusion monétaire c’est-à-dire que, en fait, comme on n’arrive pas à le faire avec la vraie solide économie en politique budgétaire puisque l’on n’a pas une volonté politique où l’endettement… certains le diront, mais bon, il faut le faire par la manipulation des prix, la manipulation des prix c’est génial parce que tout le monde est dans une euphorie avec tellement de liquidités que on va essaimer de toute façon un petit peu d’optimisme, et avec cela, cela va nous permettre de se projeter un peu plus de façon positive. Alors, pour que cela fonctionne en termes économiques, il faut une stabilité, et là, c’est la stabilité offerte par les États-Unis, donc stabilité et croissance, et surtout par la finance qui ne doit pas surréagir par rapport à cette divergence entre les deux côtés de l’Atlantique, une économie américaine qui n’est pas mal et donc qui apprécie sa monnaie, et puis une économie européenne à qui on injecte massivement des doses de création monétaire et qui met donc la monnaie au tapis. Il ne faut pas que ces deux aient des relations fortes et violentes, et c’est cela qui peut être le hic de la politique du quantitative easing. Est-ce que l’on n’aura pas une surréaction de l’euro trop faible et un dollar trop fort ?

Web TV www.labourseetlavie.com : Oui parce que l’on a connu cela par le passé, sur le même exemple que l’on cite avec la Bundesbank, la fameuse Bouba de l’époque, et la Réserve fédérale qui était là aussi, mais on cite toujours cet exemple-là où quand il y a une divergence, les investisseurs, cela a été violent.

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Oui, c’est cela, et c’est de plus en plus violent parce que à coups d’injection de… on est à 100 milliards maintenant dans l’économie au Japon et en Europe par mois, les fonds, il faut bien qu’ils aillent quelque part. Et donc, comme on est tous pareil, il faut bien aller chercher un peu du rendement qui est devenu négatif maintenant pour les Européens, il faut aller là où le marché va. Il ne faut pas être le dernier, ni à entrer, ni à sortir, mais du coup vous avez quand même un effet important de surréaction. C’est cela qui me gêne un petit peu par rapport à la dynamique positive qui démarre en Europe, mais je reste optimiste.

Web TV www.labourseetlavie.com : Quelque part c’est l’idée que ce qui va se passer aux États-Unis, on est toujours encore avec des points d’interrogation sur le timing qui arrivera, est-ce que c’est vraiment cette année 2015 ou pas ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Oui, ça fait 2015, ça c’est clair. Est-ce que c’est avant les vacances ou après les vacances ? C’est tout. Est-ce que l’on va passer de bonnes vacances ou pas ?

Web TV www.labourseetlavie.com : Ou pas ? Et cet impact, l’impact que cela aura finalement, malgré tout, sur l’euro, sur les taux en Europe ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Voilà, exactement, parce qu’à la limite…

Web TV www.labourseetlavie.com : Cette fameuse « contagion ».

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : C’est ça, ce n’est pas la remontée de 0,20 centimes qui va changer quoi que ce soit, c’est surtout comment vont réagir les propres marchés c’est-à-dire est-ce que cela va avoir une divergence encore plus forte, plus violente sur l’eurodollar, ou pas ? C’est cela la question. À la limite, même si on était tous d’accord pour une remontée de taux demain matin, si on signait, que le marché disait « Il y aura peut-être un ajustement, mais il n’y aura pas une forte volatilité des taux et des devises », à ce moment-là, on sera tous d’accord. Mais là, c’est cela, on a un peu peur de… Ce n’est pas que l’on veuille encore un peu de pression à la baisse et de création monétaire en euros, c’est simplement que l’on ne sait pas comment va réagir le marché, et quand même… tout repose sur un euro faible par rapport à un dollar fort, mais pas trop fort non plus.

Web TV www.labourseetlavie.com : Et qui permette à l’Europe en tout cas de s’en sortir.

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : De s’en sortir, mais ce qui nous gêne encore aujourd’hui, c’est lorsque vous regardez les entreprises, c’est quel est l’impact fondamental de cela, quand même, parce que un la baisse des prix qui à mon avis est terminée, mais surtout de ce coup de fouet de l’euro, d’aide avec l’euro. On ne sait pas encore l’analyser. Peut-être que, dans un mois ou deux, on verra dans les comptes que c’est effectivement beaucoup plus massif que cela et que l’on mérite donc cette forte croissance en Europe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Oui parce qu’on avait vu jusqu’à présent typiquement que cela n’avait pas suffisamment d’impact encore sur les entreprises européennes ? Et puis il y a d’autres problèmes sur des pays émergents…

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Oui, oui. Mais en fait… Et donc les gens attendent… Est-ce que cela va monter un peu ? C’est un peu comme l’année dernière où on disait « Les États-Unis ont bien monté et on va avoir une correction », en fait on n’a jamais de correction parce que finalement il y a une dynamique forte, et quand vous n’êtes pas dans le marché, vous courez après. Je pense que, si je suis incapable de vous dire si on vaut vraiment 15, 16, 20 % de croissance depuis le début de l’année, je n’en sais rien, en tout cas, ce que je peux vous dire, c’est que ne pas y être, c’est un petit peu dangereux.

Web TV www.labourseetlavie.com : Comme toujours dans ces moments où les politiques monétaires dominent finalement les marchés ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Voilà, c’est la problématique de la mainmise des politiques des banques centrales c’est-à-dire que c’est eux qui font le marché, donc vous avez du mal à avoir vos propres repères. Dans d’autres temps, j’aurais dit « Effectivement la dynamique macro-économique est bonne, il faut y aller », là quel est le vrai prix des devises ? Quel est le vrai prix des taux aujourd’hui ? je n’en sais rien, et personne ne le sait, c’est-à-dire qu’en fait c’est un jeu en disant « A quel moment je vais vendre mes emprunts à la banque centrale ? Est-ce que je tire encore un peu ou pas ? Est-ce que, à un moment donné, la dynamique américaine des remontées de taux m’intéressera ? Il faudra que je vends pour aller aux États-Unis en fait c’est cela, il faut le faire avant…

Web TV www.labourseetlavie.com : Avant Goldman Sachs ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : C’est cela, c’est exactement cela.

Web TV www.labourseetlavie.com : Si vous le faites après, c’est compliqué.

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : C’est trop tard. Il faut le faire avant.

Web TV www.labourseetlavie.com : Un autre sujet, les pays émergents, on a vu sur le Brésil des soucis, on voit la Chine aussi qui connaît un petit peu des ratés, en tout cas en termes de croissance, est-ce que cela peut jouer aussi sur les marchés ?

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Non, je ne crois pas, c’est-à-dire que la Chine étant dans un mouvement de fonds d’amélioration de son modèle économique, il est clair que c’est le prochain pays victime de pressions de déflation, ça c’est clair, sauf que vous ne savez pas très bien quelle est la situation en Chine avec le shadow banking, elle va baisser ses taux d’intérêt et faire profiter de la baisse des taux aux banques qui sont vraiment en place pour essayer de serrer le shadow banking, mais c’est bien. Enfin, dans l’absolu, tout cela va dans le bon sens. Après, pour vous dire, est-ce que cela change quoi que ce soit dans le marché financier chinois ? On n’en sait rien. C’est pour cela que je préfère un pays comme l’Inde où là vous avez quand même une vision beaucoup plus intéressante. C’est un autre pays qui bénéficie de la baisse des prix, du pétrole, en termes de pouvoir d’achat, baisse des prix en termes d’inflation qui était une inflation à 10 quand même il n’y a pas très longtemps, qui est maintenant à 5. On remonte, on va baisser les taux, on a un dirigeant qui est quand même très pro business. Je pense que l’un des meilleurs pays émergents aujourd’hui, c’est l’Inde, et encore pour un petit moment parce que tout converge pour l’Inde.

Web TV www.labourseetlavie.com : On suivra cela. Merci d’avoir fait le point avec nous Eric Venet.

Éric Venet, Directeur général de Montbleu Finance : Merci à vous.

 

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