Diane Bruno Gérante Mandarine Gestion : "L'intérêt de l'univers Mid Caps est de trouver un business model qui n'existe pas chez les grandes valeurs".
Stratégie et perspecitves des Small & Mid Caps

6 janvier 2015 20 h 16 min
+ de videos
293
Views
Loading the player...

Bourse : Bilan de l’année 2014 et perspectives pour les Small & Mid Caps.

Si les valeurs moyennes traditionnellement font mieux que le CAC40, la pondération des indices avec certaines valeurs qui prennent un poids important peuvent modifier la donne de même que les sujets liquidités.

Nous parlons de cette année 2014 et des perspectives 2015 avec mon invité Diane Bruno Gérante Mandarine Gestion.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Diane Bruno, bonjour. Vous êtes gérante chez Mandarine Gestion et vous suivez le secteur Mid cap et Small cap. On va parler avec vous de cet univers qui est assez large, notamment pour la France, mais qui est aussi intéressant pour les investisseurs en Europe. Quel regard peut-être vous portez déjà sur cette année 2014 ? Traditionnellement on a de la surperformance quand on regarde sur une longue période, est-ce que cela a été le cas ? Est-ce que c’est le cas pour 2014 ou pas ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Alors, 201, c’est une année plus compliquée. Les small et mid cap sous-performent des grandes capitalisations. Cela ne remet pas du tout en cause cette surperformance de long terme dont vous parliez. Après, cette sous-performance, elle se justifie et c’est pour cela qu’elle ne nous inquiète pas vraiment, elle se justifie parce que l’on se pose des questions sur le cycle, et qu’à chaque fois dans le passé, à chaque occasion où on s’est posé des questions sur le cycle, il y a eu de la sous-performance. Donc 2014, point d’interrogation sur cette reprise cyclique en Europe que l’on a du mal à entrevoir, et du coup, les small et mid cap souffrent puisque c’est un formidable choix dans l’univers cyclique.

Web TV www.labourseetlavie.com : On dit souvent que cet univers-là est moins sensible justement à ce qui peut se passer quand on a des informations en provenance des États-Unis, en provenance des pays émergents, voire en provenance d’Europe, parfois ils sont sur des marchés plus locaux, cet argument-là, dans ce contexte de marché, ne tient pas la route ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Cet argument-là ne tient pas la route cette année parce que il y a des logiques de flux, et du coup quand les investisseurs sont inquiets sur le cycle, ils veulent dérisquer leurs portefeuilles, et un des moyens de dérisquer les portefeuilles, c’est de vendre des small et mid cap. Du coup, c’est ce qui explique cette sous-performance. Après, vous avez tout à fait raison, ce qui est intéressant dans cet univers, c’est le choix de business model de niche. On en a beaucoup et c’est ce qui fait tout l’intérêt et c’est ce qui explique cette surperformance de long terme qui devrait continuer selon nous.

Web TV www.labourseetlavie.com : Il y a eu effectivement aussi un autre phénomène cette année, c’était quand même le PEA PME. On en attendait beaucoup, pas que nous, mais aussi bien Bercy que les gestions. Clairement, quand on regarde ce qui s’est passé, cela n’a pas attiré autant, je dirais, d’investisseurs que cela, on est peut-être à 10 % de ce qui devrait être fait. Est-ce que c’est lié aussi à ce contexte de marché ou à d’autres choses ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Nous on y a cru aussi puisque on a lancé chez Mandarine Gestion un fonds PEA PME, donc on y a cru comme les autres. Cependant on avait décidé de positionner ce fonds plutôt small cap et pas micro cap, et plutôt européen et pas français uniquement. Et on n’a pas forcément suivi cet engouement du marché qui s’est passé entre janvier et mars où il y a eu beaucoup d’anticipation d’effets positifs de ce lancement, on n’y a pas vraiment cru, pourquoi ? Parce que, même si il y a un certain nombre de PEA étaient au plafond, on pensait bien que la collecte mettrait du temps à arriver, et c’est ce qui est en train de se passer. Est-ce que on est désespéré sur le produit ? Pas du tout. On pense que cela fait sens aujourd’hui d’avoir un produit comme cela, le fait que cela prenne du temps, c’est normal parce que tout cela s’est couplé avec depuis l’été des interrogations sur le cycle, comme on le disait, et une sous-performance de cette classe d’actifs. Donc le client final est un petit peu plus frileux et n’a pas forcément envie de se ruer sur ce type de produits aujourd’hui. Cependant c’est l’occasion de créer un track record et de créer un produit qui va démontrer son intérêt sur le long terme parce que, oui, il y a de la croissance sur les small cap européennes, et oui, ce type de produit peut offrir des business model de niche aux clients finaux.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, tous les gérants et toutes les gestions n’ont pas le même spectre d’investissement sur ces mid, small ou micro cap, est-ce que vous, vous êtes par rapport à ce qui se passe au marché français, marché allemand ou d’autres marchés, il y a des critères bien précis ce que vous considérez comme une mid cap par exemple… ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Oui bien sûr. Pour nous, les small et mid cap au niveau européen, c’est un univers assez large et cela va aller de 300 millions d’euros à 7 milliards d’euros. Sous 300 millions d’euros, on va considérer que c’est une micro cap, et au-dessus de 7 milliards, que c’est une grande capitalisation. Cet univers est assez large parce que on le voit d’un œil européen. Plus vous êtes locaux, plus finalement vos bornes se réduisent. Donc si on était un investisseur uniquement français, on va dire que la borne des micro cap se situerait plutôt sous les 100 millions et la borne des grandes capitalisations plutôt au-delà des 5 milliards. Donc voilà, nous on a notre angle d’attaque européen qui fait que l’on a ces bornes, 300 millions, 7 milliards, pour small, mid cap européennes.

Web TV www.labourseetlavie.com : Aujourd’hui donc pour vous, c’est plutôt un bon moment pour investir sur ce type de valeurs au niveau européen ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Oui, pour la simple et bonne raison que tous les atouts des small et mid cap ne sont pas remis en cause par l’environnement actuel. Elles sont toujours… elles offrent toujours des business model alternatifs et de niche par rapport aux grandes capitalisations. Donc cela permet au client de diversifier son risque. Elles sont extrêmement bien… elles ont des situations bilantielles très saines. Quand vous regardez aujourd’hui des indices small, mid cap, il y a plus de la moitié qui est finalement en situation, soit de trésorerie nette, soit en situation de dette nette très faible, donc cela veut dire qu’elles sont solides, en tout cas la partie cotée. Et puis elles ont des velléités de croissance, donc souvent elles sont très internationalisées, elles n’ont pas tous leurs œufs dans le même panier. Donc en fait, tout ce qui a fait leur succès, ces dernières années, reste valide. Et puis au-delà de cela, vous avez aujourd’hui une prime de valorisation qui s’est considérablement réduite. Alors, elles se paient toujours plus cher que les grandes capitalisations, elles se sont toujours payées plus cher que les grandes capitalisations depuis les années 2000, cela ne les a pas empêchées de surperformer, mais cette prime s’est considérablement réduite. Donc oui, pour un investissement long terme, nous pensons que c’est une bonne occasion.

Web TV www.labourseetlavie.com : Comment on gère justement le risque de liquidité, ce qui, parfois pour les investisseurs, peut poser problème en se disant « C’est bien gentil, il y a cette croissance, il y a de belles histoires, mais en cas de retournement, comment je fais pour sortir de tel ou tel titre ? »

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : C’est mon travail et c’est l’intérêt d’avoir un OPCVM, c’est parce que le risque de liquidité, il est transféré à moi finalement et moi, c’est mon travail tous les jours de m’assurer que le portefeuille est liquide et que je peux permettre à mes clients de sortir au jour le jour puisque nous gérons des fonds ouverts. Et donc, ce que l’on fait, c’est que l’on regarde au global sur le portefeuille combien de % du portefeuille nous pouvons vendre en une, deux ou trois journées. Et à ce jour, 80 % du portefeuille peuvent être soldés en trois jours et en tout cas cela reste, en tout cas pour notre plus gros fonds ??? (6,58), un fonds très, très liquide.

Web TV www.labourseetlavie.com : Sur les secteurs en question, on trouve aussi bien… vous donnez des exemples dans les pompes funèbres, dans les sociétés qui vendent des accessoires pour animaux, on s’aperçoit que c’est un univers très diversifié. Son intérêt, cela va être justement, quel que soit le « cycle », de pouvoir délivrer de la croissance ?

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Alors, moi je suis gérante Croissance et je pense que ce qui fait l’intérêt de l’univers small et mid cap, c’est de trouver finalement les petites sociétés qui deviendront les moyennes de demain et les grandes d’après demain. Donc, oui, l’angle d’attaque que l’on a choisi, c’est un angle de croissance. Et puis après, au-delà de cela, comme vous le mettiez en avant, nous on pense que ce qui est intéressant dans une small et mid cap, c’est de trouver un business model qui n’existe pas chez les grandes valeurs. Et c’est pour cela que l’on a créé Mandarine Unique qui investit finalement sur des entreprises uniques, qui donc n’ont pas de concurrents cotés en Europe. Et cela nous donne un angle d’attaque qui nous force à aller chercher des business model originaux, et donc en effet, on a en portefeuille du Dignity, donc le leader anglais des pompes funèbre, il n’y en a pas d’autre coté en Europe. On a du Pets at Home, donc le leader des accessoires pour animaux en Angleterre. On a aussi par exemple du HellermannTyton qui fait des attaches pour les câbles dans des voitures. Donc là, voilà, on rentre vraiment dans la niche et c’est cette niche qui nous intéresse puisque finalement Hellermanntyton, cela va être des croissances de chiffre d’affaires à deux chiffres alors même que la production automobile mondiale est plutôt, quand cela va bien, autour de 5 %.

Web TV www.labourseetlavie.com : Voilà, intéressant de s’intéresser donc à cet univers. Merci Diane Bruno d’avoir été avec nous.

Diane Bruno, gérante chez Mandarine Gestion : Merci beaucoup.

 

Print Friendly, PDF & Email