Jean-François Mouney Président du Directoire Genfit : "On est dans une compétition avec d'autres entreprises biopharmaceutiques".
Augmentation de capital et résultats de l'étude DSMB : Stratégie et perspectives

2 juillet 2014 21 h 05 min
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Actualités de la société Genfit 

Augmentation de capital de 50 millions réalisée la semaine dernière ainsi que les commentaires du DSMB sur la sécurité d’emploi de GFT505, c’est l’occasion pour nous d’en parler avec Jean-François Mouney Président du Directoire Genfit.

Stratégie et perspectives de l’entreprise.


 

Web TV www.labourseetlavie.com : Jean-François Mouney, bonjour. Vous êtes le Président du Directoire de Genfit. On va parler avec vous de votre actualité et des perspectives. Il y a eu un certain nombre d’annonces de votre part, il y a eu aussi un placement privé, on va y revenir, mais j’imagine que le plus important pour vous, c’est ce qui s’est passé pour le GFT505 avec nouvel avis favorable, qu’est-ce que vous en tirez comme enseignement ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je pense qu’il y avait déjà eu un avis du DSMB en octobre qui était déjà intéressant parce que il nous rassurait beaucoup sur les premiers mois de traitement et montrait que déjà à six mois, huit mois, pas mal de patients embarqués dans l’étude avaient déjà démontré une bonne qualité de l’innocuité du produit. Là, je dirais que c’est très différent dans le sens où on a presque fini l’étude, donc on a pratiquement, je dirais, ce n’est pas à 100 %, mais on a un DSMB (Data Safety Monitoring Board) concluant puisque la totalité des patients à 80 mg avait terminé l’année de traitement, on avait 60, 70 % des patients qui ont dépassé six à huit mois de traitement dans les doses à 120 mg. On a un DSMB qui s’est réuni, qui a passé du temps, qui a levé partiellement la levée d’aveugle c’est-à-dire que le DSMB a vu, lui, s’il y avait des tendances éventuelles, si elles étaient groupées dans le placebo ou en général c’est plutôt groupé dans le traitement, s’il y avait un déséquilibre, et là cela a été très radical, c’était « il n’y a pas de problème », c’était un avis ferme, définitif, voilà. Donc on ne pouvait pas être plus satisfait de cela.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, quand il y a ce type de nouvelle confirmation, il y a forcément des prochaines étapes, il y a eu donc entre-temps, je le disais, un placement privé, c’est lié ce qui s’est passé là pour vous ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je ne dirais pas que c’est lié, mais il faut savoir que l’on est dans une compétition avec d’autres entreprises pharmaceutiques, biotechnologiques en l’occurrence, et que la question de la safety était une question d’actualité pour l’un de nos collègues, donc en ce qui nous concerne, pouvoir à affirmer cela, cela tombe un excellent moment bien entendu. Pour ce qui est de la levée de fonds, la levée de fonds était déjà bouclée avant cette nouvelle, qui ne faisait pas partie, je dirais, en plus de notre flot d’inquiétude, tout allait bien, mais quand même c’est une nouvelle qui par son côté très radical est importante, et somme toute le marché l’apprécie en tant que telle. La levée de fonds, je dirais que c’est toute l’histoire du 505 qui mobilise les investisseurs, des nouveaux investisseurs mais aussi des investisseurs qui étaient déjà présents sur le titre, notamment des investisseurs américains, qui nous ont rencontrés depuis novembre dernier et qui commencent de mieux en mieux à connaître le monde du Nash et la compétition dans ce domaine et surtout les immenses aux attentes en termes de chiffre d’affaires, de marché dans cette pathologie. Donc beaucoup étaient déjà rentrés sur titres par le marché, moi ce qui m’intéressait, c’est qu’ils viennent par l’augmentation de capital, donc certains ont remisé de nouveau, d’autres nouveaux, et des très beaux noms, sont arrivés à ce tour de table.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Quand on avait évoqué ce sujet-là il y a quelques mois, vous aviez dit que cela pouvait arriver mais si cela arrivait, c’est qu’il y avait aussi peut-être d’autres projets sur lesquels vous auriez besoin d’avancer et que cela pouvait servir à cela ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je crois que c’est toujours le même constat. Le constat, c’est « on aura des résultats de la phase 2B du 505 au début et dans le courant du premier trimestre 2015 puisque au début du premier trimestre 2015, on aura les résultats principaux venant de l’analyse de l’histologie, c’est-à-dire des biopsies, et ensuite en viendra corriger l’ensemble des données qui viendront de la cinquantaine de marqueurs que l’on a suivis pendant toute cette étude, donc avec des bons résultats qui eux-mêmes seront complets vers le mois de mars-avril, mais il me fallait un peu de temps pour asseoir ma stratégie. Donc aujourd’hui désormais, je dirais, j’ai les moyens de cette, non pas stratégie d’attente, de cette stratégie qui me permettra de choisir la meilleure solution possible pour développer la phase 3, et une phase 3 que l’on compte lancer mi 2015. Ensuite, vous me dites il y avait d’autres projets, oui, c’est une entreprise qui ne s’arrête pas au GFT505. D’abord il y a GFT505 ailleurs que dans Nash, et j’espère lancer, début d’année prochaine ou fin de cette année, sans doute début d’année prochaine, une phase de preuve de concept, donc 2A, dans le domaine de la maladie de Krohn avec le 505.  On travaille sur beaucoup d’autres sujets, on en a au moins trois ou quatre qui nous occupent beaucoup de ressources, d’autres cibles qui sont entre 18 mois et 24 mois de la phase 1, un tout nouveau projet dans le domaine de la tyrosine kinase, issu d’ailleurs d’idées que l’exploration du GFT505 nous a permis de faire germer, dans le domaine de la fibrose, donc des fibroses hépatiques, mais pas seulement hépatique, et puis pour finir, je crois qu’il est important de rappeler l’énorme enjeu dans les bio marqueurs, et dans ce domaine je ne cesse de renforcer les ressources parce que là on peut facilement atteindre effectivement un très beau set de bio marqueurs, un très beau score de bio marqueurs qui remplacera à terme la biopsie,. Cest un élément non seulement d’accélération du diagnostic, donc d’ouverture du marché des patients Nash, mais c’est un élément également essentiel parce que cela peut générer pas mal de chiffre d’affaires, un bio marqueurs pourra sans doute s’appliquer non seulement à tous les patients que le GFT505 traitera, mais globalement tous les patients Nash.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous dites également cela sert aux besoins généraux de l’entreprise, ça parfois cela peut inquiéter, même si vous aviez la trésorerie à fin mars 2014 ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Aujourd’hui, on a 20 millions plus 50, c’est ce que j’ai annoncé, fin juin j’aurais toujours 20 millions de trésoreries, on rajoute 50, 70 millions. Les besoins généraux ? Mais non, les besoins généraux, je reviens… finalement c’est une façon d’interpréter quoi ? Le fait qu’en dehors de tous les projets dont je vous parle, le simple fait de se donner un peu de « confort » pour pouvoir bien négocier la phase 3 du GFT505 c’est-à-dire la question d’un partenariat de co-développement, je pense que c’est ça l’idée. L’idée c’est aussi, et je l’ai déjà dit, effectivement de renvoyer à 2015 une cotation sur le Nasdaq, et sans doute à ce moment-là une confrontation très positive avec les investisseurs US.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : C’est important d’être quelque part… d’avoir ce financement avant même de pouvoir négocier un jour effectivement avec ces partenaires ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je vais résumer cela d’une manière simple. Dans tous les investisseurs que j’ai rencontrés depuis neuf mois, on va dire, principalement aux US, mais pas seulement, beaucoup au Royaume-Uni aussi, tous s’accordaient à considérer que la position de cash de l’entreprise nous permettait de faire la phase 2B, et ça c’est un constat qui était indéniable, mais en même temps considéraient que c’était insuffisant pour pouvoir mettre l’entreprise sur une bonne trajectoire. Donc j’ai fait finalement ce que tout le monde de l’investissement attendait, c’est renforcer les fonds propres de l’entreprise, le cash de l’entreprise. C’est une boîte de Biotech, cela fait partie quasiment des standards dans le monde entier, alors peut-être que ce n’est pas perçu comme ça toujours par les petits porteurs, mais je peux les comprendre, mais les standards, c’est d’avoir plusieurs années de cash et nous y sommes.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Le mot de la fin peut-être, on a vu d’autres sociétés biopharmaceutiques arrivaient peut-être au niveau où vous allez arriver début 2015 et puis ne pas trouver de partenariat, si c’était le cas, en 2015, est-ce que cela aurait des conséquences ?

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je pense que la question ne se pose pas dans ces termes. On est très, très confiant dans les résultats du 505. Si le 505 a de bons résultats de phase 2B, on ne connaîtra ni problème de financement, ni problème de partenariat.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci d’avoir fait le point avec nous Jean-François Mouney.

 

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Merci beaucoup.


© www.labourseetlavie.com. Tous droits réservés, le 2 juillet 2014.

 


VOUS SUIVEZ LA SOCIÉTÉ GENFIT, retrouvez l’interview donné en septembre 2013 par Jean-François Mouney

http://www.labourseetlavie.com/videos//l-interview/interview-de-jean-francois-mouney-president-du-directoire-genfit,1393.html



À propos de Genfit : Société biopharmaceutique créée en 1999. Elle développe des solutions thérapeutiques et diagnostiques pour répondre à des besoins médicaux non satisfaits dans le domaine des maladies métaboliques et inflammatoires, notamment en hépato-gastro-entérologie.

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