Interview Vincent Rouaix Pdg GFI Informatique.
Oddo Midcap Forum 2014 : Stratégie et perspectives de GFI Informatique

16 janvier 2014 18 h 17 min
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La Web Tv partenaire du Oddo Midcap Forum 2014 : Stratégie et perspectives de GFI Informatique.

L’activité et les perspectives de la société GFI Informatique, spécialiste des services de conseils, d’intégration de systèmes, de maintenance applicative et d’édition de progiciels de gestion.  
Vincent Rouaix Pdg GFI Informatique est mon invité.
 

Web TV www.labourseetlavie.com : Vincent Rouaix, bonjour. Vous êtes Pdg de GFI Informatique, nous sommes avec vous à Oddo Midcap à Lyon au Forum 2014 où vous rencontrez des investisseurs, on rappelle que vous êtes un groupe de services informatiques, quelle est la tendance pour vous sur les derniers mois ?

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique : Écoutez, la tendance dans ce marché qui est compliqué est somme toute assez positive pour le groupe puisque sur les trois premiers trimestres, le groupe a délivré une croissance organique, surtout en France, et une croissance globale assez importante autour de 15 %, la France délivrant à peu près 1 %, et en France un peu plus de 2 % de croissance organique dans une bonne dynamique. On est un peu plus chahuté sur la péninsule Ibérique, on est dans un marché qui s’est un peu compliqué, mais qui semble sur le dernier trimestre, je dirais, non pas rebondir, mais devenir plus stable et sur lequel nous pensons que le gros de l’orage est derrière nous dans un marché qui, je le disais, est tendu avec deux grands drivers, industrialisation et économie des coûts, et de l’autre côté un réinvestissement de nos clients sur l’économie digitale.

Web TV www.labourseetlavie.com : Justement, de ce côté-là, on pourrait dire que peut-être certains des clients ont pu retarder les investissements qu’ils auraient pu faire, compte tenu de cette crise et de l’économie de coût, est-ce qu’il y a une limite, justement, à ce décalage d’investissement ?

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Oui, la limite est assez simple. Je crois que si on sépare le monde en deux entre nos grands comptes et le mid-market, voilà déjà deux grandes différences, les grands comptes qui cherchent des économies sur leur legacy system, le run, ce que l’on appelle chez nos clients, donc toutes les opérations des systèmes de gestion courante, et donc baisse des coûts, et là notre réponse d’industrialisation, de massification, la taille critique nous avons en France, les centres de services onshore, nearshore, voire offshore, avec nos partenaires sont une réponse en totale adéquation avec cette problématique. Et de l’autre côté, on voit des clients réinvestir sur du digital, la numérisation, la dématérialisation du portail, du site de e-commerce, pour développer de nouvelles activités, pour prendre des parts de marché, pour suivre sur une économie mondiale d’autres partenaires ou d’autres concurrents qui ont su investir, et donc là effectivement trouve un modèle, une limite à ce modèle d’économie à tout crin, et on voit bien ces deux drivers sur le marché. Sur l’autre segment, qui est le mid-market, on a été beaucoup plus chahuté ces dernières années puisqu’effectivement le changement de ERP, pour schématiser, dans le mid-market, a été freiné, ce que l’on peut comprendre aisément. On voit une embellie sur Q4, là aussi avec des recherches d’amélioration, d’optimisation, et je crois, ce qui est un signe encourageant pour nous, dans nos métiers, c’est qu’aujourd’hui l’informatique, les nouvelles technologies, les produits, les nouveaux sujets autour du digital et du numérique sont vraiment des catalyseurs de métier, de développement pour nos clients, et donc on voit bien la limite arriver aujourd’hui où pour se développer, pour survivre parfois, nos clients sont obligés et investissent sur de nouveaux sujets et nous nous positionnons comme un partenaire de ces investissements.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous parliez effectivement de l’international, là on parlait de l’Europe du Sud, on sait que c’est toujours difficile notamment en Espagne, mais est-ce qu’il y a des questions de taille critique ou de… ? Qu’est-ce qui pèse le plus en fait, c’est le marché lui-même… ?

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Le marché est compliqué. Maintenant, vous connaissez notre stratégie, nous sommes convaincus, et c’est un des grands, je dirais, un des grands points stratégiques de GFI que la taille critique est un élément fondamental, on le démontre en France aujourd’hui avec plus de 600 millions cette année de chiffre d’affaires. On va délivrer une croissance qui surperforme le marché, on va continuer en France, on pense à améliorer nos marges, ce que l’on avait confirmé à la fin du premier semestre, et on pense que dans chaque pays européen, vous avez des leaders régionaux, c’est cette notion de leader régional que nous développons sur la France en première approche pour ensuite se développer dans cette même configuration, leaders régionaux à taille critique ouvrant les marchés, associant proximité, industrialisation et innovation. Et on voit bien, dans chaque pays, en tout cas européens, ces leaders régionaux performer, on pourrait faire le tour de l’Europe, et on pense qu’il y a une prime aujourd’hui à cette dimension et que la consolidation, la concentration du marché que l’on attend de nos vœux  depuis beaucoup d’années doit elle aussi arriver à travers cette capacité, pour ces leaders régionaux, à prendre une place significative par rapport aux grands leaders internationaux qui ont plutôt tendance aujourd’hui à regarder d’autres « footprint » que les « footprint » d’Europe du Sud.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté de cette révolution digitale, on voit que cela change beaucoup de choses pour les entreprises, mais on pourrait dire que pour une entreprise de services informatiques aussi. Finalement il y a eu de nouvelles activités, il y a eu une réorganisation à faire puisque finalement cela change tout.

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Bien sûr, en termes de réorganisation, nous nous sommes bien sûrs adaptés à ce nouveau contexte. Il ne s’agit pas d’opposer les deux mondes, il s’agit aujourd’hui d’avoir des passerelles, mais de gérer ces deux optiques d’opérations de façon différenciée, à la fois en termes d’organisation, mais aussi en termes de compétences et de savoir-faire, et aussi de business model avec nos clients. On voit aujourd’hui dans les directions du numérique ou du digital des opérations démarrer avec des directions métiers en face de nous, donc une nouvelle façon de traiter des opérations, des directions métiers qui sont plutôt dans des opérations rapides, des opérations avec un time to market assez contraint, sur lesquelles nous devons mettre en place des task force qui rassemblent des compétences pluridisciplinaires, ce qui n’est pas en opposition, mais ce qui est en décalage par rapport, je dirais, aux gros bataillons que nous avons sur des tierces maintenances applicatives, l’out sourcing qui travaille dans un autre modèle. Donc le chalenge d’un groupe comme GFI, c’est ce que nous pensons être capable de réussir eu égard à notre taille, notre souplesse, notre dynamisme, notre positionnement en FRANCE, un c’est de conjuguer ces deux mondes de façon à être capable à la fois d’un côté de continuer à délivrer de l’industrialisation dans des modèles très processés et très optimisés, de l’autre côté profiter de ce savoir-faire-là pour créer des entités capables d’être des task forces pour aller opérer des chaînes de e-commerce, à la fois en termes de création du site, d’opérations du site, d’out sourcing, et ce sont ces deux mondes que nous gérons aujourd’hui.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté des secteurs qui vous paraissent les plus solides pour les prochains mois, vous êtes-vous présents notamment sur la partie finance…

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Effectivement la partie finance où nous avons un peu plus de 200 millions d’euros en France en 2013 est un secteur très dynamique aujourd’hui, porté par ces deux vecteurs.  On a bien sûr un secteur télécom médias qui est un peu chahuté, vous imaginez, mais on résiste assez correctement dans ce secteur de par notre taille, là encore. Le secteur energy utilities est un secteur qui délivre, je dirais, là encore, de la solidité. Le secteur public est un peu plus contrasté avec, je dirais, une différence pour nous puisque nous sommes très impliqués sur les gouvernements locaux, donc les départements, les régions, les communes. On arrive quand même à avoir une bonne dynamique. Vous l’avez peut-être vu, on a lancé une offre en cloud avec Orange pour les villes donc là on arrive à maintenir de la dynamique, l’administration centrale étant un peu plus chahutée et plus difficile. Le monde industriel est bien sûr lui un secteur compliqué. Donc aujourd’hui les deux gros secteurs majeurs pour nous, banque finance assurance qui est très dynamique, et la partie energy utilities avec une ouverture pour GFI sur un autre secteur où on était un peu absent qui est la Distribution Service où nous avons fait un certain nombre d’opérations autour du e-commerce, avec notre partenariat avec Orange dans l’out sourcing puisque ce partenariat pour nous est un vecteur fort de positionnement de notre groupe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté des perspectives toujours, il y aura besoin de faire des croissances externes ciblées, sans parler d’une grosse opération de croissance externe, mais ciblées compte tenue de cette évolution ?

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Oui, nous avons fait en Q3 une petite croissance qui nous a permis dans le monde des services dans la banque de financement et d’investissement d’avoir une taille maintenant qui nous permet de pouvoir industrialiser, d’en apporter toutes les compétences de notre groupe, on compte à peu près 300 collaborateurs dans ce monde, nous n’en avions aucun il y a deux ans, ce qui nous permet de compléter parfaitement notre dispositif dans le monde banque finance assurance. Nous cherchons effectivement aujourd’hui, on a quelques opérations pour renforcer des centres d’expertise. Avec la taille que nous avons en France aujourd’hui, on pense que l’on peut encore gagner des parts de marché chez nos grands clients et que la capacité à intégrer, à leverager des opérations spécialisées, nous regarderons dans le monde du digital un certain nombre de choses qui viendraient compléter ce leverage.

Web TV www.labourseetlavie.com : Le mot de la fin, vous ne faites pas partie de ces valeurs PEA PME, vous êtes une PME, mais peut-être trop… voilà, cela ne rentre pas dans les critères, les investisseurs qui s’intéresseraient quand même à vous, qu’est-ce que vous leur dites du coup, même si vous n’êtes pas dans ce véhicule, ce nouveau véhicule fiscal ?

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Je crois qu’aujourd’hui, l’histoire du titre cette année est assez significative, on a encore des perspectives intéressantes. On pense qu’aujourd’hui notre capacité à continuer à croître est avérée, notre capacité à améliorer nos marges, on l’a vu en France aujourd’hui, et je pense que l’on devrait continuer à le démontrer, bien sûr un recovery sur la péninsule Ibérique qui maintenant, somme toute, ne pèse que 80 millions sur les 700 et quelques que nous avons délivrés, donc à peu près, un peu moins de 10 %, devrait arriver puisque, je le disais, on voit bien sur Q4 ce marché se stabiliser, on va dire, et donc on pense aujourd’hui effectivement qu’il y a un vecteur de croissance, et puis que, même si nous ne sommes pas éligibles au PEA PME, je pense qu’aujourd’hui la valorisation de notre secteur en France, même s’il a connu un peu d’embellie, est encore largement à la traîne par rapport à ce que l’on trouve en pays étranger. Je pense qu’il faut retrouver de la confiance qu’effectivement il y a encore des marges de progression sur le titre.

Merci Vincent Rouaix d’avoir été avec nous.

Vincent Rouaix, Pdg de GFI Informatique Merci.

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