Charles Vilgrain Président du Directoire AgroGeneration.
Interview sur l'augmentation de capital de 10 millions d'euros et les perspectives

6 juillet 2011 4 h 56 min
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AgroGeneration : Augmentation de capital de 10 millions d’euros et perspectives.

La société spécialiste de la production de céréales et d’oléagineux lève des fonds pour continuer son développement en Ukraine mais également envisage une implantation en Argentine.

Retour sur cette actualité et les perspectives de la société avec Charles Vilgrain Président du Directoire AgroGeneration.

Pour les détails de l’opération :Agrogénération

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Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration.
Matières agricoles

31 janvier 2010 9 h 59 min
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Agrogeneration : Stratégie et perspectives. La société Agrogeneration a fait son entrée en Bourse sur Alternext.

La société qui produit des matières premières agricoles réalise une augmentation de capital pour investir en Ukraine.

Web TV www.labourseetlavie.com : M. Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration bonjour. Le groupe va faire son entrée à la mi-février sur Alternext, marché dédié aux valeurs moyennes et aussi on l’espère aux valeurs de croissance. Vous êtes dans le secteur agricole. Qu’est-ce qui conduit déjà le groupe à venir en Bourse aujourd’hui ?

Charles Vilgrain, Président du Directoire Agrogeneration : « On a besoin de capitaux pour financer notre développement. On investit aujourd’hui à contre-cycle, il y a de très intéressantes opportunités à saisir en Ukraine, là où on est. Je pense qu’Alternext facilite la levée de capitaux, on est en train de faire un placement privé qui débouchera sur cette cotation mi-février. La liquidité que cela permet nous facilite les discussions avec un certain nombre d’investisseurs potentiels; et deuxième point non négligeable, c’est un peu une monnaie d’échange pour nous dans les deals qu’on est en train de faire. Les Ukrainiens ou les autres acteurs avec qui on parle d’acquisitions potentielles sont des gens intéressés par ce papier parisien ».

Web TV www.labourseetlavie.com : Justement on parlait de l’Ukraine, c’est là où Agrogeneration va faire sa croissance. L’Ukraine, on ne connait pas forcément très bien, on en a parfois un peu peur parce qu’on entend parler du gaz, des problèmes avec son voisin russe. Pourquoi l’Ukraine, pourquoi se concentrer sur l’Ukraine ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Notre métier c’est d’être des producteurs agricoles, producteurs de matières premières agricoles. L’Ukraine, vous vous souvenez peut-être que, ça a été le grenier à blé de l’Europe, le grenier à blé de l’URSS. C’est un pays qui dispose d’un énorme potentiel pour la production de céréales et d’oléagineux. C’est ce qui nous a amené à se concentrer sur ce pays. Vous avez une terre qui est probablement la meilleure terre au monde pour de grandes cultures, des millions d’hectares disponibles qui étaient cultivés du temps de l’URSS et qui ne le sont plus aujourd’hui. Donc, c’est cet ensemble de potentiel, du géant endormi qu’il faut réveiller »

Web TV www.labourseetlavie.com : En même temps on imagine que même si vous l’avez découvert, vous n’êtes pas seul sur le marché; ça veut dire qu’il faut bien acheter, pas forcément acheter trop cher non plus, trouver les bonnes opportunités ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Il est vrai, on s’est lancé dans ce projet en 2007, à une époque effectivement où il y a eu une envolée des prix des matières premières agricoles, ce qui bien sûr a tiré vers le haut le prix des terres. J’insiste sur un point, on n’achète pas nos terres on les loue. Néanmoins, sécuriser des terres même sans les acheter ça peut être plus coûteux que dans des périodes de forte croissance. Aujourd’hui, on est à contre-cycle et je pense qu’il y a beaucoup d’acteurs un peu spéculatifs qui avaient pu s’intéresser à ce secteur et qui aujourd’hui sont plutôt vendeurs. Donc, c’est pour ça qu’on va mettre le paquet aujourd’hui. »

Web TV www.labourseetlavie.com : Donc, vous sécuriserez les terres plutôt en location. Et quand vous situez l’objectif de 100.000 hectares c’est dans cette optique ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Exactement. Aujourd’hui, on a 22.000 hectares sécurisés à la location, l’objectif effectivement c’est de faire x4 à peu près pour atteindre 100.000 hectares à horizon de 2012 en faisant deux ou trois acquisitions significatives. Quand je parle d’acquisitions, je parle d’acquérir des sociétés qui nous ressemble un petit peu, qui ont peut-être une situation financière moins saine que la notre et qui aujourd’hui ont besoin de s’adosser sur des gens comme nous. »

Web TV www.labourseetlavie.com: Quels sont les investissements essentiels que vous aurez à faire pour les prochains mois et les prochaines années ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Le gros des investissements, c’est essentiellement du machinisme. On utilise des machines de grande taille, de grande capacité qui coûtent relativement chères (un tracteur ça vaut 150.000 euros, une moissonneuse batteuse ça vaut 200.000 euros). Le gros de nos investissements ou la moitié c’est du machinisme. Ensuite, vient un petit peu du droit au bail pour pouvoir sécuriser ces hectares et de la rénovation ou de la construction de bâtiments, bâtiments de stockage en particulier. »

Web TV www.labourseetlavie.com On voit qu’il y a eu des partenariats avec Champagne Céréales, que vous en êtes aussi actionnaire. Quel est justement le rôle de Champagne Céréales dans le développement futur d’Agrogeneration ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Champagne Céréales a eu déjà un rôle très important dès le début d’Agrogeneration ou presque. Quand on a décidé d’aller en Ukraine, mes actionnaires m’ont demandé de trouver un partenaire pour nous accompagner, et on a eu la chance d’identifier en Ukraine un partenaire français et qui était déjà en Ukraine depuis une dizaine d’années. Champagne Céréales c’est la première coopérative céréalière française et ils y étaient au titre d’une de leurs filiales industrielles qui s’appelle Malt Europe. Donc, on s’est rapproché et aujourd’hui on est relativement complémentaires en Ukraine. Nous faisons de la production agricole et, souvent d’ailleurs dans nos équipes on trouve des gens du réseau Champagne Céréales, des agriculteurs français qui sont expatriés; et Champagne Céréales est complémentaire en ce sens qu’ils nous fournissent des intrants avec du financement et ils ont un réseau de silos, ils sont traders, donc ils nous aident dans la commercialisation de notre production. »

Web TV www.labourseetlavie.com : On parle beaucoup de croissance, de volume, de production agricole, en termes de rentabilité, quels seront les perspectives pour la société ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « L’objectif c’est d’avoir une rentabilité de l’ordre de 25%. Un point important, c’est qu’Agrogeneration va être à l’équilibre en 2010. Ce que l’on peut appeler une perte d’exploitation des deux années passées, ce n’est ni plus ni moins que de la remise à niveau de la terre. Je vous ais dit tout à l’heure qu’il faut redémarrer ces anciens kolkhozes. Les terres ont été en friche pendant de nombreuses années, suite à l’abandon progressif de ces kolkhozes, et la terre c’est peu comme un muscle, ça a besoin de travailler pour délivrer. Donc, les rendements progressent de façon très forte les premières années jusqu’à arriver au rythme de croisière et c’est là qu’on attend cette rentabilité de l’ordre de 20, 25%. »

Web TV www.labourseetlavie.com : On sait que ces marchés agricoles ont intéressé pas mal d’investisseurs, pas forcément des spécialistes de l’agricole mais des spécialistes des marchés, ça veut dire qu’on peut avoir sur ce marché des hauts et des bas très rapides. Comment vous allez faire pour la production puisque on sait très bien que quand on produit ça prend du temps et que la récolte n’est pas forcément immédiatement livrable ?

Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « C’est vrai que ce sont peut-être plus gros risques pour un agriculteur. L’autre risque c’est le risque d’atteinte des rendements qui pourrait être lié à des accidents climatiques; celui-là on essaie de s’en protéger en assurant nos cultures et principalement nos cultures d’hiver contre le gel, et puis on s’est mis dans des zones, on a bien défini notre zone d’implantation, avec le climat le plus tempéré qui soit pour éviter ces risques. Le deuxième point, c’est effectivement la volatilité des cours, et cette volatilité, et bien on va chercher à se couvrir contre elle en « hedgeant » 40 à 45% de notre production. C’est une décision prise de commun accord avec nos actionnaires. L’objectif n’est pas de tout couvrir. Je pense qu’on est à un cours qui est particulièrement bas en ce moment des céréales, du blé du mais, et ça serait dommage de s’être complètement couvert. Pour se couvrir, il y a plusieurs façons: il y a des ventes à termes que vous pouvez faire, il y a de la production que l’on contractualise au moment de semer, on s’engage avec un utilisateur industriel que ce soit de la malterie ou de la minoterie ou de l’ethanolerie alors commercialisée avec déjà une fourchette de prix qui est définie et un premium qui est défini; et enfin, ce n’est pas de la production mais pour les outils de couverture, Euronext ou le Chicago Board of Trade proposent des produits comme les futurs, des options qui permettent de couvrir notre risque de prix. »

Web TV www.labourseetlavie.com :En conclusion, vous levez de l’argent pour cette arrivée sur Alternext, est-ce que vous aurez besoin à nouveau d’augmentation de capital dans les prochaines années ?

M. Charles Vilgrain Président du Directoire Agrogeneration : « Ecoutez, ça va déjà dépendre de ce que l’on lève aujourd’hui. Le montant minimum qu’on s’est fixé c’est 5 millions d’euros, j’ai obtenu de mes actionnaires de pouvoir étendre cette augmentation jusqu’à 20 millions en cas de forte demande et j’espère qu’on sera effectivement sur des montants plus importants 10,15 millions peut-être en fonction de l’atteinte ou non de cet objectif. Oui, nous serons peut-être amenés à revenir voir le marché dans quelques mois. Ensuite, deuxième temps, et là je vous parle à horizon de trois ans peut-être, est-ce que ça sera la diversification, le développement d’un nouveau pays, est-ce qu’on ira le faire tout seul ou en partenariat avec quelqu’un, là on aura peut être besoin de revenir voir le marché. »

© www.labourseetlavie.com 31 janvier 2010

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