Interview de Jean-François Mouney Président du Directoire Genfit.
Stratégie : Découverte de Genfit l'une des biotechs les plus actives d'Alternext

10 septembre 2013 14 h 53 min
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Stratégie : Découverte de Genfit l’une des biotechs les plus actives d’Alternext. Actualités, agenda, stratégie de l’entreprise, nous parlons de tous les sujets avec notre invité : Jean-François Mouney , Président du Directoire de Genfit.

Web TV www.labourseetlavie.com : Jean-François Mouney, bonjour. Vous êtes le PDG de Genfit, on va parler avec vous de votre stratégie et des perspectives. Alors, vous êtes une des grosses capitalisations du marché Alternext, que l’on connaît bien, on a vu beaucoup d’introductions sur ce marché Alternext, visiblement il y a beaucoup d’attentes sur votre société de biopharmacie, on va en parler concrètement avec vous. Justement, peut-être on va commencer par là, comment vous vous développez aujourd’hui ? Il y a des attentes sur ce type de sociétés c’est-à-dire une espèce de calendrier de publications, d’attente de réunions avec un certain nombre d’autorités médicales, comment cela se passe concrètement ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Une société de biotechnologie aujourd’hui, ce sont des sociétés qui sont devenues de plus en plus, je dirais, sérieuses, donc elles ont des pipelines qui ont été réfléchis, arbitrés. Donc on a des produits effectivement en développement dont le plus connu de tous et qui représente la valeur essentielle de Genfit aujourd’hui, demain cela évoluera, on aura d’autres produits qui vont suivre, c’est un produit qui est en phase 2B. Alors, les moments importants, puisque c’est la question, c’est évidemment les résultats finaux, complets de la phase 2B, qui seront fin 2014-début 2015, et là notre calendrier est parfaitement respecté. C’est important, ce n’est pas toujours facile de respecter le calendrier dans le développement clinique, là c’est le cas. Et d’autre part, un moment important courant octobre, deuxième quinzaine d’octobre, c’est.. on aura, je l’espère sans doute, mais bien entendu le feu vert d’un comité indépendant qui s’appelle DSMB qui surveille l’innocuité du produit sur la base de tout ce qui s’est fait au niveau des patients, donc depuis un an. Mais ça c’est un moment important, alors pas important parce que je ne cherche pas ça forcément à mettre en scène, c’est important parce que l’innocuité dans des médicaments qui sont donnés dans des traitements chroniques, c’est devenu presque aussi important que l’efficacité.

Web TV www.labourseetlavie.com : Un mot justement pour rappeler pour ceux qui ne connaîtraient pas aujourd’hui Genfit, la spécialité. On dit que vous allez justement créer des candidats médicaments dans des domaines particuliers ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : La spécificité de Genfit, c’est de toujours avoir eu comme ère thérapeutique les maladies cardio-vasculaires et métaboliques. Alors aujourd’hui on est dans le champ des maladies métaboliques c’est-à-dire les gens qui sont diabétiques ou pré-diabétiques, des obèses insulinodépendants, et on se retrouve donc à traiter, nous, principalement, une grande, une grave complication qui touche ces gens-là, qui est la stéato-hépatite, qui est une hépatite, donc une dégénérescence du foie assez grave qui s’appelle le NASH, qui évolue après vers le cancer, vers la cirrhose du foie, et c’est aujourd’hui, c’est important de le dire, pas traité c’est-à-dire qu’il n’y a pas de médicaments. Donc ce qui nous intéresse bien cette aire des maladies du foie, des maladies gastro-intestinales, mais dans un horizon qui est toujours celui des dérèglements métaboliques.

Web TV www.labourseetlavie.com : Cela veut dire quelque part que ce GFT505, pour prendre celui-là, il va pouvoir avoir plusieurs applications ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Alors, c’est un élément effectivement à la fois de l’histoire et du futur. L’histoire, c’est que l’on a dû choisir, il y a un an et demi, deux ans, dont deux recommandations de nos experts, étaient de dire « Ecoutez, votre produit, il  a à la fois des capacités importantes dans le domaine du NASH, et on a choisi cette voie, mais également dans le domaine de la protection des accidents cardio-vasculaires chez ces patients. » Alors pourquoi on a choisi NASH? Parce que NASH était une médecine de spécialité, NASH c’était un metneed, toujours le jargon anglais, mais on comprend ce que cela veut dire, il n’y a pas de produits, et cela ressemblait plus à une histoire de Biotech, donc à la fois des essais cliniques un peu moins longs et un use flow qui était particulièrement intéressant. Je ne dis pas que le partenaire que nous trouverons pour la phase 3 lui ne reviendra pas à s’intéresser à la fois au NASH et à cet élément-là. Alors c’est vrai que cela dope la valeur du produit puisque cela lui donne un nombre de patients importants, ce n’est pas seulement ceux du NASH, donc, c’est l’énorme masse de gens qui ont des risques cardio-vasculaires liés à ces désordres métaboliques que l’on connaît bien, l’obésité et le reste.

Web TV www.labourseetlavie.com : En termes de stratégie toujours, en termes d’évolution, il y a des partenaires, vous avez des partenaires, des partenariats, des groupes pharmaceutiques qui… On sait que ça c’est une évolution de ce secteur là où finalement les groupes pharmaceutiques ont besoin de sociétés comme les vôtres pour aller chercher tel ou tel médicament, comment vont évoluer les partenariats et quel type de partenaires vous allez chercher justement sur les prochains mois ? Vous en avez déjà mais…

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Pour faire court, parce que l’on n’a pas beaucoup de temps, au début c’était beaucoup de partenariats où on était dans la révolution du génome, donc on les accompagnait avec ces nouvelles approches. Aujourd’hui, en fait, ils attendent des produits et des produits qui ont fait des démonstrations, et ce qui est extrêmement significatif, c’est que, les investisseurs d’ailleurs ont les mêmes prétentions aujourd’hui, c’est qu’une entreprise de biotech doit raconter le futur de son produit, son prix ,quel patient on va traiter, quelle population, différemment dans tel ou tel pays. Donc plus on avance, plus la Biotech se doit pratiquement d’acquérir l’ensemble des savoir-faire d’une pharma dans ce que l’on appelle le market access dont vous entendez souvent parler, c’est aujourd’hui un élément. Ce qui fait que les partenariats très amont sont de moins en moins fréquents, de moins en moins valorisés, nous on ne les exclut pas, mais il faut que le partenaire, dans ces cas-là… on  ait véritablement stratégiquement des raisons de continuer longtemps ensemble.

Web TV www.labourseetlavie.com : D’accord, donc quelque part, cela veut dire que pour vous, pour Genfit, d’aller assez loin finalement dans les évolutions de vos médicaments, en termes de financement cela a des conséquences concrètes aussi pour vous ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Aujourd’hui, on a financé, je dirais, notre activité classique, puis, bien entendu, on a totalement intégré le financement du GFT505 pour qu’il soit prêt pour la phase 3 en 2015, donc il n’y a pas seulement l’étude en cours importante dont on parlait, il y a des études annexes. Mais bien entendu si on découvre une très belle opportunité avec un partenaire, on le fera peut-être refinancer, mais on ne refinance sera pas pour le plaisir de refinancer, on refinancera si on a véritablement une voie nouvelle qui s’ajouterait à notre pipeline et qui s’ajouterait à notre stratégie.

Web TV www.labourseetlavie.com : On parlait de ce GFT505, il y a… On peut dire que les moyens, tous les moyens sont mis sur ce médicament-là, sur ce GFT505, vous avez aussi peut-être d’autres projets, mais il faut se concentrer sur un premier… ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Ce qui coûte cher, ce sont le développement clinique chez l’homme, donc effectivement, je dirais, par nature, le pourcentage le plus élevé de nos dépenses sont pour le 505. Cela ne veut pas dire, et la densité financière est moins lourde quand il s’agit d’avancer des produits qui sont un peu moins, plus dans les labos et moi chez le patient, et nous on consacre encore un nombre important d’efforts sur d’autres produits qui suivent, et on consacre d’ailleurs ces produits à cette définition d’une nouvelle stratégie dans, notamment, les maladies auto-immunes, les maladies inflammatoires sur lesquelles là on a des candidats très sérieux.

Web TV www.labourseetlavie.com : Je regardais, donc au niveau financier, vous aviez une trésorerie à peu près de 30 millions d’euros, c’est ça ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : 30 millions au mois de juin oui, je pense qu’on a de la trésorerie de façon, de quoi tenir jusqu’à fin 2014, début 2015, ou un peu plus loin, cela dépend des types d’efforts que l’on fait. Non, si on a vraiment, je le dis, besoin de développer, d’accélérer la création de valeurs sur d’autres choses que le 505, on y mettra à ce moment-là les moyens. Mais la répercussion de cela, c’est que la valeur de la société augmentera proportionnellement, donc pour les actionnaires c’est de toute façon fort intéressant de le faire.

Web TV www.labourseetlavie.com : On voit des analystes qui effectivement évaluent justement ce potentiel et donnent un prix de l’action de Genfit, vous avez une pression qui est assez forte entre les actionnaires individuels, les investisseurs, ceux qui vous ont fait confiance bien sûr depuis l’origine, comment vous gérez cela justement ? Puisque on a parlé ensemble, comme disent les analystes, d’un news flow, de nouvelles qui vont arriver, on voit qu’il y a de la volatilité, on voit qu’il y a beaucoup de discussions sur la valeur… On a l’impression que certains investisseurs attendent une martingale. On sait qu’en bourse les martingales, c’est très rare, il y a beaucoup de risques. Vous vous êtes une société qui a un potentiel que vous allez démontrer ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Je crois que l’on a un potentiel important parce que ce n’est pas venu de nulle part si on a déjà signé dans le passé avec à peu près de 10 sociétés Pharma pour des développements, donc on est conscient aujourd’hui que Genfit a un vrai savoir-faire dans le développement de produits. Ce que je crois, c’est que… on a à un moment donné eu de la philosophie qui était de dire « nous ne parlons que pour les choses très, très importantes ». J’ai compris que l’ensemble des petits porteurs avaient besoin d’être partie prenante un peu dans l’histoire un peu plus quotidienne de l’entreprise. Donc on fait l’effort aujourd’hui de leur communiquer des éléments qui sont importants, mais qui ne me paraissent pas non plus le moment-clé de la vente du 505 à un partenaire, des résultats de l’essai clinique et du DSMB au mois d’octobre, etc., donc… Mais on continue effectivement de répondre à leurs attentes qui est de ne pas rester trop longtemps sans des nouvelles du bord, donc…

Web TV www.labourseetlavie.com : Si on ne vous entendait pas pendant trois mois, cela ne veut pas dire pour autant que cela va mal ?

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Au contraire je dirais. Les choses quand elles vont mal, comme on est une boîte publique, on les dit tout de suite. Je crois que c’est quelque chose que les gens doivent comprendre. Quand cela va bien, simplement les choses continuent et on ne va pas toutes les deux semaines passer un press release en disant « tout va bien ». Cela n’a pas de sens, mais bon, effectivement, si cela allait mal cela se saurait. Les choses évoluent bien.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci d’avoir fait le point avec nous, Jean-François Mouney.

Jean-François Mouney, Président du Directoire de Genfit : Merci beaucoup.

©www.labourseetlavie.com. Tous droits réservés. 11 septembre 2013

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