Interview de Gilles Bogaert Directeur Financier Pernod Ricard sur les résultats annuels 2011/2012 .
Pernod Ricard : les résultats annuels 2011/2012 du groupe de Vins et Spiritueux

31 août 2012 5 h 59 min
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Pernod Ricard : interview sur les résultats annuels 2011/2012.

Après le décès survenu le 17 août dernier de Patrick Ricard, qui dirigea le groupe pendant plus de 30 ans, le groupe familial a modifié la gouvernance, nommant notamment Alexandre Ricard Directeur Général Délégué.

Gilles Bogaert Directeur Financier Pernod Ricard commente cette actualité et les résultats annuels qui selon le groupe sont les meilleurs depuis le début de la crise 2007/2008.

Web TV www.labourseetlavie.com : Gilles Bogaert bonjour. Vous êtes le directeur financier de Pernod-Ricard. On va revenir avec vous sur votre exercice 2011-2012, et puis bien sûr sur les perspectives. Avant de commencer, peut-être un mot effectivement après le décès de Patrick Ricard qui a dirigé le groupe pendant plus de 30 ans. La famille Ricard a pris un certain nombre de décisions, quelles sont ces décisions pour le management du groupe ?

 

Gilles Bogaert : Oui, c’est vrai que ce décès était un choc bien sûr pour tout le monde dans le groupe, qui est récent, qui a moins de deux semaines. La famille et le conseil ont réagi très vite et donc ont proposé une nouvelle gouvernance qui a été communiquée aujourd’hui. Je pense que d’abord cela réaffirme l’attachement, l’implication très forte de la famille auprès du groupe avec la nomination de Danièle Ricard comme présidente du conseil d’administration, et également la promotion d’Alexandre Ricard comme directeur général délégué, et de ce côté-là, c’est en parfaite cohérence, en parfaite continuité avec la gouvernance que nous avions jusqu’alors. Et en ce qui concerne l’équipe dirigeante du groupe, là aussi pas de changements fondamentaux. C’est la même équipe dirigée par Pierre Pringuet, le bureau exécutif a la même composition, Alexandre Ricard était déjà dans cette équipe, il était déjà à la tête des réseaux de distribution. Il a eu cette promotion comme directeur général délégué, ce qui, très clairement, montre la volonté de la part du conseil de le préparer à pouvoir prendre les rênes du groupe en 2015.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Voilà effectivement pour ce sujet important pour un groupe familial bien sûr d’être capable, je dirais, de réagir à ce type d’événements, on revient à présent sur les résultats avec vous, sur des résultats annuels qui sont, vous signez dans le communiqué, record, ça c’est la meilleure année, vous dites, depuis 2007-2008

 

Gilles Bogaert : Depuis la crise de 2008, absolument

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Comment on en est arrivé là quelque part puisque l’on pourrait dire qu’il y en a eu d’autres crises, la crise n’est pas terminée ?

 

Gilles Bogaert : Non, d’ailleurs la situation reste toujours incertaine. Mais je pense que l’on voit que ce qui a fait notre succès ces dernières années, cela continue à délivrer ses fruits. Effectivement on a délivré une croissance de nos ventes, croissance interne de 8 %, c’était 7 % l’année dernière, donc on a accéléré notre croissance. Notre croissance du résultat opérationnel courant est de 9 %, on avait donné un objectif proche de 8 %, donc on a fait mieux que notre objectif. Je dirais que l’on a gardé globalement la tendance très favorable sur nos marques Premium, Top 14, qui a crû de 10 % comme l’année précédente, et par géographie, l’Asie-Reste du monde reste le principal moteur de la croissance avec 15 %. On a eu une accélération de la croissance en Amérique, notamment aux États-Unis, et en Europe, la situation reste très contrastée, on a une accélération en Europe de l’Est, notamment en Russie, et à l’ouest, on a globalement limité la baisse à 1 %. C’est plus compliqué au sud qu’au nord, mais je dirais que globalement c’est une très bonne année, et l’accélération en Europe de l’Est et aux États-Unis nous a permis globalement d’accélérer la croissance du groupe.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : C’est l’occasion pour nous aussi de parler justement des produits du groupe. Vous parliez du top 14. Alors si Pernod-Ricard cela évoque encore pour beaucoup le pastis, on va parler de whisky, on va parler de vodka, on va parler de cognac, on va parler de beaucoup d’autres produits, et si l’anis effectivement c’est le produit-phare ou le produit historique, ce n’est plus le produit majeur du groupe.

 

Gilles Bogaert : On est sur une marque historique, emblématique pour le groupe. Aujourd’hui les principales activités du groupe c’est le scotch, c’est 30 % du chiffre d’affaires du groupe, à peu près la même proportion dans les profits, qui est une activité en pleine croissance, une croissance de l’ordre de 9 % sur l’ensemble des whiskies, y compris d’ailleurs les whiskies irlandais qui regroupent Jameson. Scotch et whiskies irlandais globalement cela a été un levier très fort de notre croissance. Martel, bien sûr notre marque de cognac, a continué une croissance très forte notamment en Asie chinoise, et par ailleurs, on a globalement des bonnes performances sur la quasi-totalité des marques du top 14, top 14 d’ailleurs où on a eu une année record en termes de volume, on s’est approché des 50 millions de caisses, ce qui n’avait jamais été atteint dans le passé.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Si on fait cette parenthèse sur le pastis, c’est effectivement, on se souvient de l’augmentation des taxes qui avait été décidée, donc cela a eu un impact, mais que le groupe a su géré ?

 

Gilles Bogaert : Oui, comme prévu, on a depuis le début de l’année un marché difficile en France. Il est en baisse de 2 % depuis début janvier, l’anis est davantage touché, l’anis est à -6 %, la hausse des droits était forte, c’était la plus haute, la plus forte depuis 1994, une hausse de 14 % des taxes, et donc on s’attend à avoir, globalement jusqu’à fin décembre, une année difficile avec une baisse de notre activité en France. Néanmoins, comme vous l’avez dit, on a suffisamment de réservoirs de croissance partout dans le monde pour être capable de compenser une difficulté sur ce marché dont on espère qu’elle ne durera qu’une année.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors on voit effectivement la croissance sur les pays émergents, on voit aussi à l’inverse l’Europe du Sud qui souffre aussi, on pense à l’Espagne, et on a eu aussi sur le Royaume-Uni peut-être une baisse ?

 

Gilles Bogaert : Globalement, je dirais que l’Europe du Sud, le marché des spiritueux et notre activité sont relativement réduites en Grèce, au Portugal ou en Italie, le principal marché d’Europe du Sud important pour les spiritueux, c’est l’Espagne. On n’a pas vu d’amélioration en Espagne, on est sur une tendance à -4, -5 % depuis quatre ans finalement en Espagne, donc il n’y a pas eu de changement de tendance. Là aussi c’est quelque chose que l’on a été capable de compenser et je dirais, même dans ce marché difficile, notamment pour le scotch, on a des marques qui ont de très belles performances, c’est le cas en particulier de Beefeater qui a crû de 6 % en Espagne, et on investit également pour saisir des nouvelles poches de croissance comme par exemple en lançant Ritual d’Havana Club pour saisir l’occasion de consommation rhum brun. Donc dans ces marchés-là, notre enjeu est de défendre nos sources de profit, mais aussi de saisir les poches de croissance qu’il peut y avoir.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : On disait peut-être pour ceux qui découvrent le groupe Pernod-Ricard, il y a aussi du vin, des vins Premium que vous vendez, comment s’est passée cette année 2011-2012 pour vous ?

 

Gilles Bogaert : Je dirais que cela fait déjà plusieurs années que l’on a une stratégie également de prémiumisation sur les vins, on appelle stratégie valeur qui consiste en fait à nous focaliser sur un nombre limité de marques d’origines différentes, on a 4 marques, Jacob’s Creek pour l’Australie, Brancott Estate pour la Nouvelle-Zélande, Campo Viejo pour l’Espagne et Graffigna pour l’Argentine, et on essaie de monter en gamme. On n’a pas une approche volume, on a une approche prix et valeur, on essaie aussi de limiter au maximum la base d’actifs et je dirais que cette stratégie commence très clairement à payer puisque l’on a globalement eu des volumes stables, un chiffre d’affaires en progression, et une contribution de l’activité qui a été à deux chiffres, ce qui montre que, bien gérée, cette activité peut très clairement délivrer de la valeur et je pense que l’on est bien parti. Il y avait des marchés difficiles comme le Royaume-Uni qui reste difficile, mais désormais, on est capable de les compenser avec de nouveaux relais de croissance, en particulier la Chine où nos activités vins se développent rapidement et avec de bons niveaux de profit.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : En conclusion, du côté des perspectives, 2012-2013, alors bien sûr vous évoquez comme d’autres le ralentissement économique, mais qu’est-ce qu’il devrait y avoir comme croissance pour le groupe ? Cela sera encore cette concentration sur les pays émergents ?

 

Gilles Bogaert : Alors, on ne donne pas d’objectifs quantitatifs à ce stade, on les donnera comme à notre habitude lors de la communication du chiffre d’affaires du premier trimestre, donc le 25 octobre. En ce qui concerne l’environnement macro-économique, on note qu’au niveau mondial la croissance va être plus faible que l’année précédente, disons 3 % contre 4 %, tant dans les pays matures que dans les marchés émergents, néanmoins les grands moteurs de cette croissance vont rester les mêmes et en particulier pour nous, les pays émergents, on anticipe toujours une forte croissance, on anticipe toujours une bonne croissance aux États-Unis, et une situation qui restera compliquée en Europe de l’Ouest où la consommation reste déprimée encore un certain temps.

 

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci Gilles Bogaert d’avoir fait le point avec nous, on rappelle que vous êtes donc le directeur financier de Pernod-Ricard.

 

Gilles Bogaert : Merci.

©www.labourseetlavie.com 31 août 2012. Tous droits réservés.

 
 

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