De la Silicon Valley à Bercy : L’heure des comptes a sonné.
L'info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV

14 octobre 2026 17 h 16 min
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L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants : 

Quand on parle de dette aujourd’hui, il n’y a pas que celle de la France, celle liée aux acteurs de l’intelligence artificielle pose aussi questions

L’information a fait grand bruit chez les investisseurs cette semaine, avec pour la société Anthropic (celle qui développe l’IA baptisée Claude), une valorisation cbile pour sa prochaine introduction en Bourse, tenez-vous bien de 2000 milliards de dollars. Et ce qui a fait aussi réagir au-delà de ce montant faramineux c’est que coté résultats si le chiffre d’affaires de l’entreprise est en forte croissance autour de 4,6 milliards de dollars, elle fait des pertes d’exploitation de pratiquement le doubel 8 milliards de dollars et une perte nette de 42 milliards. Autre chiffre qui fait débat sa consommation (ses coûts de calculs quand vous posez vos questions) en un an qu’elle paye aux géants Amazon Google pour entrainer ses modèles c’est plus de 7 milliards. Et ces chiffres de l’intelligence artificielle ne sont pas sans interroger sur leur viabilité. Et ce n’est pas n’importe qui car c’est la Banque d’Angleterre qui tire la sonnette d’alarme à ce sujet dans une note.

Quels sont les interrogations de la Banque d’Anglettere ?  

L‘avertissement de la Banque d’Angleterre signale l’accumulation de 450 milliards de dollars de dettes privées au niveau mondial pour financer le matériel IA (puces Nvidia, centres de données, fermes d’énergie). Derrière ce mirage des valorisations la dernière donc pour Anthropic, l’Ia devient une industrie lourde.

Il faut donc des investissements importants je l’évoquais et la question qui se pose en retour quel ROI (Return on Investment), le retour sur investissement pour les investisseurs ? Car les entreprises clientes paient des abonnements, mais ces revenus ne couvrent pas encore le coût colossal des serveurs. La Banque d’Angleterre prévient que si les gains de productivité dans les entreprises tardent à venir, la rentabilité ne sera pas au rendez-vous, créant un risque de bulle pour l’ensemble du secteur technologique. Des entreprises technologiques qui aujourd’hui avec de tels besoins rentrent en compétition avec des Etats qui ont besoin de financer leurs dettes !

Justement cette semaine la France s’est encore distinguée sur ce plan

Le mur de la dette française est de plus en plus important avec un niveau de dette : Projeté à 121,7 % du PIB à l’horizon 2027. Et pour la France, un programme d’émission, nos besoins en quelque sorte qui connaissent un niveau record avec un programme d’émission 2027 de l’AFT de 340 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme à placer sur les marchés mondiaux (un record absolu). Et on voit que le Taux de OAT 10 ans se rapproche dangereusement des 5%. Là aussi de nouveaux records, avec ce que regardent de près les investisseurs, j’ai eu l’occasion de le dire ici, le Spread (écart de rendement) entre l’OAT et le Bund (Allemand) : là aussi dépassement du seuil critique des 100 points de base, on a été à 128 points cette semaine, du jamais vu depuis 14 ans et ce n’est pas fini. Ré-emprunter de nouveaux milliards pour rembourser les anciens prêts va coûter toujours plus cher, les investisseurs mondiaux exigent une « prime de risque » parce qu’ils doutent de la trajectoire budgétaire française. La situation politique chaotique de notre pays inquiète les marchés obligataires. Le 29 septembre, le rendement des obligations à dix ans a atteint 4,8 %, son plus haut niveau depuis 2008. La France paie plus cher pour emprunter que la Grèce et l’Italie, qui étaient autrefois les membres les plus préoccupants de la zone euro. Elle apparaît de plus en plus comme le problème de la zone euro.

L’info de cette semaine : Les Credit Default Swaps de la France s’envolent au niveau le plus élevé en 13 ans

Cela veut dire que les investisseurs ont de plus en plus peur que la France ne puisse pas rembourser ses dettes, c’est à un niveau jamais vu depuis 13 ans. Pour se protéger, le prix de l’assurance contre une faillite de l’État français a donc explosé. La dernière fois que cette assurance a coûté aussi cher, c’était en 2011-2013, au moment de la grave crise des dettes de la zone euro (quand on craignait l’effondrement de pays comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne).

Est-ce qu’on peut voir déjà ce que cela change pour les Français ? et l’économie réelle ?

Ce qu’on appelle le »Taux sans risque » ce taux d’emprunt l’OAT il sert de socle à tous les autres taux de l’économie. Une banque ne prêtera jamais à une entreprise ou un particulier à un taux inférieur à celui qu’elle obtient en prêtant à l’État. Donc on peut craindre un renchérissement du crédit immobilier sur un marché déjà déprimé. Côté entreprises, ce renchérissement aura aussi un impact, avec des conditions moins favorables. Avec une OAT à 5 % et un spread de crédit de 150 à 180 points de base, certaines entreprises pourraient ainsi voir leur coût de refinancement approcher 6,5–7 %, voire davantage pour les signatures les moins solides. Et ce qui est aujourd’hui pas évoqué par les politiques pour y répondre. Le poids sur le budget de l’État : La charge de la dette devient le premier poste budgétaire national, réduisant la capacité de l’État à financer les infrastructures ou la transition écologique. Donc venir nous dire je vais relancer la croissance ou faire des économies ici et là, cela ne répond pas à la situation réelle du pays. Que ce soit dans la Silicon Valley ou à Bercy, le message de la semaine est identique : la période de l’argent abondant et gratuit est bel et bien terminée. L’IA va devoir prouver ses bénéfices industriels pour justifier ses investissements, tout comme la France va devoir rassurer les marchés pour éviter que sa facture d’intérêts ne paralyse son économie. Elle en est très loin si l’on voit la trajectoire actuelle. Et les programmes des candidats !

Toutes les émissions “L’info éco +” déjà diffusées sont disponibles sur ce lien : https://www.labourseetlavie.com/category/economie-et-pedagogie/linfo-eco-presentee-par-didier-testot-sur-sud-radio