L'Europe, futur vassal de l'IA ?.
L'info éco + présentée par Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV

28 septembre 2026 8 h 43 min
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L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants : 

 

Cette semaine à l’ONU, il y a eu des interventions et débats géopolitiques mais aussi sur l’intelligence artificielle. Cela a retenu votre attention.

Oui les débats géopolitiques montrent que rien n’est réglé et cela impacte nos économies, j’y reviendrais sur les prix de l’énergie et les taux, mais lors de cette Assemblée générale de l’ONU, Le Président de la République Emmanuel Macron a alerté sur le risque pour l’Europe de devenir un « vassal » technologique des États-Unis et de la Chine. Face à lui, on a vu l’administration américaine avec Donald Trump assumer à l’inverse cette course en avant. Donald Trump qui propose même de rebaptiser l’Intelligence Artificielle en « Super Intelligence », rejetant implicitement tout frein au développement. Ce que ces déclarations révèlent surtout c’est que la souveraineté ne se mesure plus en tonnes d’acier ou en nombre de chars, mais en puissance de calcul et en lignes de code. Imaginez l’IA comme le nouveau système nerveux de notre économie, appelé à piloter nos hôpitaux, nos réseaux électriques et nos banques. Si les cerveaux algorithmiques sont exclusivement américains ou chinois, l’Europe perd la propriété de son propre outil de production. Ce qui se passe sur ce terrain est donc fondamental pour notre économie et il faut donc suivre cela de près. On le sait L’Europe a peut-être tenté de créer une « troisième voie » par la régulation éthique. Mais en faisant cela, elle laisse aujourd’hui clairement le champ libre aux Américains en avance et freine les acteurs émergents locaux. Selon la Fondation Carnegie pour la paix internationale, environ 40 % des talents mondiaux en intelligence artificielle travaillent désormais en Chine , contre 34 % aux États-Unis. En 2022, les États-Unis devançaient la Chine avec 46 % contre 27 %.

Sur ce sujet de l’intelligence artificielle les avertissements de Sam Altman (OpenAI) et Dario Amodei Anthropic ont été aussi au cœur des interventions

Pour les amateurs de films, Le Docteur Folamour révèlait l’existence d’une rumeur terrifiante : les Soviétiques avaient construit la « Machine du Jugement Dernier »(Doomsday Machine). Un système cybernétique automatisé conçu pour déclencher instantanément l’explosion de bombes hautement radioactives si une seule arme nucléaire touchait le sol de l’URSS, éradiquant toute vie sur Terre pendant un siècle ! Sam Altman a alerté sur le risque d’un emballement incontrôlable avec des systèmes d’IA qui deviennent de plus en plus autonomes. Il a prévenu que l’IA pourrait bientôt prendre des décisions que les humains ne comprennent plus, évoluant beaucoup plus vite que la capacité de réaction de nos institutions. Et Dario Amodei (Anthropic) a demandé des accords internationaux stricts, en commençant par l’interdiction formelle d’utiliser ou de permettre à l’IA de concevoir des armes biologiques. Il a proposé l’établissement de standards mondiaux pour tester tous les nouveaux modèles d’IA, spécifiquement sur le risque de « perte de contrôle » et de détournement par des acteurs malveillants. Voilà donc les créateurs de la technologie qui réclament eux-mêmes un « frein d’urgence » international et de l’autre côté, l’administration américaine qui elle ne veut pas « perdre le contrôle » alors que les Chinois sont aussi dans la course. L’IA pourrait-elle déclencher une crise financière ? C’était aussi l’une des questions qui planaient sur New York cette semaine.

Et puis ce scoop du Financial Times qui en dit long sur cette administration américaine, dans le pétrole évidemment.

Ce Scoop c’est que le milliardaire américain Todd Boehly (ex-patron du club de Chelsea) a monté un consortium pour racheter les immenses actifs internationaux du géant pétrolier russe Lukoil, évalués à près de 20 milliards de dollars (incluant de vastes raffineries en Europe de l’Est et 3 milliards de barils de réserves). Et la stupeur vient du fait que ce consortium est soutenu directement par le gouvernement américain via la DFC (sa banque de développement), ainsi que par des milliardaires du Golfe ayant des liens avec la famille Trump. Nous sommes donc là dans un nouveau capitalisme d’état, avec des intérêts familiaux, de l’argent public, la diplomatie, et la sécurisation des approvisionnements énergétiques mondiaux. Ceux qui nous parlent de marché libre aux Etats-Unis doivent revoir leur copie !

Côté taux d’intérêt, Didier, les records s’enchainent encore cette semaine

Pour L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) la flambée des rendements des obligations d’État constitue une « préoccupation majeure » pour les finances publiques des pays, étant donné la part croissante des dépenses absorbée par les intérêts de la dette. Selon l’OCDE alors qu’un nombre croissant d’interventions budgétaires des gouvernements vise à freiner le coût de l’énergie pour les consommateurs et les entreprises, seulement la moitié de ces mesures étaient correctement ciblées, ce qui accentue les pressions sur les finances publiques.  Le rendement moyen des obligations de référence à 10 ans des pays du G7 a atteint 4 % cette année pour la première fois depuis 2008. Ce qui fait dire au WSJ pour les Etats-Unis qu’une «tempête parfaite fait rage sur le marché obligataire ». Le rendement de référence des bons du Trésor américain dépasse les 5,1 %, enregistrant sa plus forte hausse journalière depuis plus d’un an. La Réserve fédérale américaine de son côté nous dit que des fonds spéculatifs (Hedge Fund) sont aussi à la manœuvre sur ce marché.

Et cette semaine, je finirais par une citation de Warren Buffet, le célèbre investisseur qui a laissé la place à son fils dans son véhicule d’investissement Berkshire Hathaway

Pour Warren Buffet : « La vraie richesse n’est pas d’avoir la plus grande maison ou la voiture la plus chère. C’est d’avoir suffisamment d’argent pour vivre confortablement tout en étant libre de choisir comment vous passez votre temps, avec qui vous travaillez, et la vie que vous voulez mener. Au bout du compte, le temps et la liberté sont les formes les plus grandes de richesse ».