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Benoît Hennaut Président du Directoire Herige Industries :"Dans l'imprévisibilité actuelle, on ne peut pas compter sur le marché, il faut compter sur nous-mêmes".
Résultats semestriels 2026

23 septembre 2026 13 h 42 min
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Herige : Résultats semestriels 2026

La société a notamment indiqué les éléments suivants :

« Au 1er semestre 2026, HERIGE Industries réalise un chiffre d’affaires de 200,8 M€, en progression de 1,0% (-0,9% retraité de l’effet calendaire) par rapport au 1er semestre 2025. Cette évolution illustre la résilience de l’activité du Groupe dans un secteur de la construction durablement contraint. La fin du semestre a par ailleurs été marquée par des épisodes d’intempéries exceptionnels ayant nécessité des aménagements d’horaires et des reports ciblés de chantiers.

Dans ce contexte, la marge brute du 1er semestre 2026 s’établit à 101,3 M€ (-0,7 M€ par rapport au 1er semestre 2025) et le taux de marge brute s‘établit à 50,4% du chiffre d’affaires (-0,8 pt). Cette évolution reflète un maintien de la marge du Groupe, soutenue par les revalorisations tarifaires mises en oeuvre pour faire face à l’inflation des coûts des matières premières et de l’énergie. Elle intègre toutefois l’impact de la contraction des volumes et des tensions concurrentielles persistantes sur les prix de vente.

L’EBITDA du 1er semestre 2026 s’élève ainsi à 6,0 M€, en recul de 2,0 M€, par rapport au 1er semestre 2025, et la marge d’EBITDA ressort à 3,0% en retrait de 1,0 point sur un an. Cette évolution reflète principalement la hausse des charges externes, notamment liées à l’énergie et au transport, dont l’impact a été partiellement compensé par les économies réalisées sur les charges de personnel dans le cadre du plan d’adaptation du Groupe initié en 2025. »

Retour sur les dernières actualités et les perspectives avec mon invité, Benoît Hennaut Président du Directoire HERIGE.

 

Didier Testot : Benoît Hennaut, bonjour.

Benoît Hennaut : Bonjour.

Didier Testot : Vous êtes le président du directoire d’Herige Industrie, on va parler avec vous de vos résultats semestriels et puis des perspectives. Vous avez indiqué que sur ce premier semestre, il y a une certaine forme de résilience. Si on commence par vos marchés, ils sont toujours dans une période un petit peu compliquée, on pense bien sûr à la construction, ça reste des marchés difficiles ?

Benoît Hennaut : Oui, ce sont des marchés imprévisibles et c’est certain que le contexte économique général, qu’il soit au niveau de l’économie française ou au niveau de la filière en effet bâtiment-construction, est vraiment secoué par toute une série d’événements, dont certains sont sans précédent. Le conflit du Moyen-Orient, qui impacte sur des coûts de matériaux ou sur le niveau de répercussion que ça peut avoir en matière d’inquiétude ou autre, rend en effet ces marchés très tendus, je dirais. Même s’il y a en effet une forme de résilience, il y a aussi des fondamentaux qui sont toujours là, à savoir un besoin important en matière de logement, un besoin aussi en matière d’infrastructures. Donc les besoins sont là mais les conditions aujourd’hui, la conjoncture d’aujourd’hui, qu’elle soit nationale ou internationale, ne rassure pas et donne peu de lisibilité.

Didier Testot : Alors vous aviez fait, vous, un plan d’adaptation et puis il y a des éléments effectivement pour tenir, on va dire dans cette période-là, et avancer tout de même. Quelles sont les priorités justement pour s’adapter au mieux, sachant qu’effectivement, comme vous le dites, vous espérez toujours qu’à un moment donné ça puisse repartir véritablement ?

Benoît Hennaut : Alors la première partie, c’est une adaptation en mode très agile. L’agilité est essentielle parce qu’aujourd’hui il y a un impact de plus en plus rapide des différents effets nationaux ou internationaux. On a un conflit au Moyen-Orient, on a un conflit en Ukraine, qui peuvent très, très vite donner des impacts immédiats sur des activités sur toute une chaîne de valeur du bâtiment ou de la construction. Donc, besoin d’une réactivité. Quand on subit des hausses de prix, quand on subit des hausses de carburant ou de coûts d’énergie ou de coûts de matériaux, eh bien il faut être capable de les répercuter très vite. Ça demande une agilité à tout point de vue : à la fois d’interaction avec nos clients, mais aussi de digitalisation de nos process pour que ça se fasse et que nous ne subissions pas les choses sans pouvoir répercuter. Ça, c’est un premier point.

Le deuxième point, c’est une simplification d’organisation pour aller dans ce sens. Une organisation plus réactive, plus capable de réagir vite avec des chaînes de commandement qui sont directes.

Et un troisième point, eh bien c’est une anticipation par rapport à la dimension de profitabilité de nos différents produits et des différents segments de marché sur lesquels on se trouve. Il est vraiment important d’avoir des relais de croissance parce qu’on voit bien que dans l’imprévisibilité actuelle, on ne peut pas compter sur le marché, il faut compter sur nous-mêmes. Et donc aller dans certains cas chercher des parts là où nous ne sommes pas ou nous sommes peu, lancer des gammes qui peuvent être plus innovantes, ou bénéficier d’un certain nombre d’opérations. Je pense à la dernière : l’opération d’acquisition de 4 centrales côté béton, très récente, pour nous permettre de franchir des caps.

Et ça se traduit de façon très concrète, par exemple sur les gammes de produits : on a lancé une nouvelle gamme de fenêtres aluminium en début d’année, on voit déjà des résultats qui se mettent en place avec un segment sur lequel nous étions très peu. Donc ça, c’est vraiment un relais de croissance. De même, notre gamme AMX PVC, toujours en menuiserie, toujours en fenêtre, elle aussi a été vraiment remise en place avec un nouveau positionnement qui nous permet là aussi d’avoir des premiers résultats en toute fin de premier semestre, qui sont prometteurs pour la suite.

Didier Testot: Oui, j’ai vu par exemple, on ne le sait pas forcément, mais que les sujets sur le béton, avec le sujet de perméabilité, effectivement aujourd’hui avec tout ce qui s’est passé, on l’a vu au cours des derniers mois quand il y a des trombes d’eau, là aussi il y a de la technicité, de nouveaux produits que vous pouvez amener au marché.

Benoît Hennaut : Absolument, ce sont des opportunités. On a à la fois une imprévisibilité, des marchés qui sont très tendus pour toutes les raisons des crises successives qu’on connaît, mais il y a aussi des vraies opportunités qui sont liées notamment à ces changements climatiques, qui ont de plus en plus d’impact et puis qui vont se poursuivre. Et dans ces changements climatiques, il y a notamment les effets sur l’eau. L’eau qui est sans doute un des sujets les plus importants pour le futur : comment gérer ces cycles d’inondations, de sécheresses, puis de nouveau d’inondations, de stress hydrique ?

Et c’est vrai que c’est une direction que nous avons prise maintenant il y a plus de 2 ans, c’est d’investir dans une nouvelle unité de production importante et très moderne pour faire des produits, pour créer des produits qui nous donnent à la fois, des produits de préfabrication béton, une capacité de résistance (d’avoir des sols très résistants) mais en même temps perméables. De laisser s’infiltrer l’eau lors des phases d’inondation et de les maintenir dans le sol lors des phases de fortes chaleurs ou de sécheresses pour réguler un petit peu les choses. Donc je pense que des offres comme celles-là ne sont pas une solution à tout, il faut garder l’humilité, mais c’est vraiment une partie de la réponse à ces stress hydriques et à ces phénomènes de gestion de l’eau qui vont devenir essentiels pour le futur.

Parce que l’eau est absolument indispensable, et on voit bien aujourd’hui que la plupart des eaux de pluie, malheureusement, plutôt que de tranquillement rentrer dans les sols et alimenter les nappes phréatiques, ruissellent sur des sols qui sont trop secs ou qui n’absorbent pas, et puis se retrouvent dans les rivières et dans les océans. Et responsables, du coup, de la hausse, d’une partie de la hausse des océans. Donc on a des produits comme ceux-là qui peuvent répondre à ça, et d’autres qui répondent aux îlots de chaleur, parce qu’on a des gammes qui permettent aussi de réfléchir les rayons du soleil et d’abaisser de quelques degrés les températures. De nouveau, côté béton pour les infrastructures, mais il en va de même avec certaines gammes de vitrages qu’on met en place dans nos solutions menuiserie, qui permettent de réduire les températures à l’intérieur. Là, on est plutôt sur le confort ou sur des économies de climatisation.

Mais vous avez complètement raison, les évolutions climatiques demandent une adaptation, c’est évident. On sait que ça va se poursuivre, donc il faut s’adapter, il faut adapter le bâti, il faut adapter les infrastructures.

Didier Testot : Alors vous parliez de la récente acquisition dans le domaine du béton. Entre justement la croissance organique, qui n’est pas forcément facile, on a évoqué le marché ensemble, et la croissance externe, quelles vont être vos priorités sur les prochains mois justement ?

Benoît Hennaut : Donc la priorité, c’est bien sûr d’intégrer ces 4 centrales. Nous avons les clés, si je puis dire, depuis le 1er septembre. Nous avons là plusieurs opportunités. La première, c’est de créer un autre maillage dense, qui est efficace d’un point de vue de l’activité, parce qu’il permet à travers ce maillage géographique d’optimiser nos coûts de transport. Nous avons un maillage géographique historique en Vendée, en Aquitaine ; nous l’avons désormais grâce à cette acquisition également en Loire-Atlantique.

Un deuxième effet qui est celui, finalement, de disposer là de centrales de grosses capacités, de grosses dimensions dans un centre évidemment urbain très important qui est celui de Nantes et de sa région, et qui génère des profitabilités intéressantes du fait même de la taille du dispositif.

Et enfin, un troisième atout qui est celui de bénéficier de facto avec l’addition de ces 4 nouvelles centrales, de volumes supplémentaires qui nous donnent des leviers vis-à-vis de nos fournisseurs, et ce qui nous permet aussi de nous projeter sur des conditions d’achats et de matériaux qui sont, même à l’échelle globale de notre dispositif béton prêt à l’emploi Edycem, renforcées grâce à cette acquisition. Donc en fait, c’est une opération qui finalement renforce plusieurs facettes et qui peut vraiment donner une base de structure pour l’activité béton prêt à l’emploi en parallèle avec la préfabrication dont on vient de parler, qui donne une véritable trajectoire maintenant pour notre activité béton et sa profitabilité.

Didier Testot : Bien, on aura l’occasion bien sûr d’en reparler ensemble. Merci Benoît Hennaut d’avoir fait le point avec nous aujourd’hui donc sur ces résultats semestriels d’Herige Industrie.

Benoît Hennaut : Merci à vous.

Principaux points développés dans la vidéo par HERIGE Industries

  • Résilience face à un marché tendu : Malgré un contexte économique et géopolitique instable impactant la construction et les coûts des matériaux, Herige Industries s’appuie sur des besoins fondamentaux toujours forts (logement, infrastructures).
  • Stratégie d’adaptation : Pour faire face à l’imprévisibilité, le groupe mise sur une agilité accrue (répercussion rapide des coûts, digitalisation), une simplification organisationnelle et la recherche de relais de croissance internes (ex: nouvelles gammes de menuiseries aluminium et PVC).
  • Réponse aux enjeux climatiques : L’entreprise innove avec des produits adaptés aux dérèglements climatiques, notamment des bétons perméables pour gérer le stress hydrique (inondations/sécheresses) et des solutions limitant les îlots de chaleur (béton et vitrages spécifiques).
  • Croissance externe ciblée : L’intégration récente de 4 centrales à béton dans la région nantaise permet au groupe de densifier son maillage territorial, d’optimiser ses coûts de transport, et de renforcer son pouvoir de négociation sur les achats de matériaux.

La société Herige vous intéresse, sur ce lien, retrouvez les dernières vidéos pour comprendre la stratégie de l’entrprise : Herige