Damien Billard Directeur Général Délégué LNA Santé : "La dette est extrêmement bien maîtrisée"..
Résultats du 1er semestre 2026
Résultats du 1er semestre 2026 de LNA Santé.
Au 1er semestre 2026, la société indique notamment les éléments suivants : « Le chiffre d’affaires Exploitation s’établit à 465,1 M€, en croissance soutenue de +8,0%. Cette croissance se décompose entre une solide composante organique de +7,0% et une composante externe de +1,0%, intégrant la contribution des EHPAD repris auprès du groupe Clariane. La progression organique du chiffre d’affaires semestriel repose sur la dynamique de l’activité à l’œuvre dans l’ensemble des métiers. Elle concerne en particulier l’Hospitalisation à Domicile (+275 patients en moyenne journalière, +22% par rapport au 30 juin 2025), les séjours en hôpital de jour au sein des cliniques SMR et psychiatriques (+50 patients) ainsi que la gamme d’EHPAD Confort avec la fin du remplissage des Jardins de l’Ourcq à Meaux (+111 résidents). En synthèse, le CA Exploitation de 465,1 M€ s’analyse comme suit :
- L’activité Médico-Social France atteint 173,1 M€, en hausse de +6,4% dont +4,1% en organique. Cette progression est portée par les indexations tarifaires de l’hébergement (+0,86%) et des soins (+1,9%) ainsi que par la montée en charge de l’EHPAD de Meaux en gamme Confort. L’effet périmètre lié à la reprise des établissements auprès du groupe Clariane contribue à hauteur de +2,3 points ;
- L’activité Sanitaire France est bien orientée avec un chiffre d’affaires de 266,8 M€, en croissance de +9,6% exclusivement organique. Cette progression est portée en premier lieu par la forte dynamique de l’Hospitalisation à Domicile (83,4 M€, +28,1%) et dans une moindre mesure, la progression de l’activité des cliniques SMR/PSY (183,4 M€, +2,8%), sous l’effet du rebasage modeste des dotations populationnelles par les autorités de santé, d’une reconnaissance d’activités d’expertise et de la croissance des séjours en hôpital de jour (+50 patients) ;
- le secteur International Métier affiche un chiffre d’affaires de 21,2 M€, en augmentation exclusivement organique de +2,0% ; la Belgique atteint 17,9 M€ (+1,8%, effet volume) et la Pologne 3,3 M€ (+3,0%, effet prix) ;
- le solde de 4,0 M€ correspond principalement à l’activité d’exploitation d’une douzaine de crèches. »
Damien Billard Directeur Général Délégué LNA Santé est mon invité pour parler de l’actualité et des perspectives de l’entreprise. (Se référer à la vidéo pour le transcript)
Didier Testot : Damien Billard, bonjour.
Damien Billard : Bonjour Didier.
Didier Testot : Vous êtes le Directeur Général Délégué de LNA Santé, on va parler avec vous des résultats semestriels et puis des perspectives sur le semestre, en vous indiquant notamment, et on va rentrer dans le détail, mais que l’objectif de croissance est révisé à la hausse. On serait sur + 6 % sur 2026. L’hospitalisation à domicile qui a une croissance supérieure y participe largement ?
Damien Billard : Alors les soins à domicile avec l’HAD en effet participent à cette avance de croissance puisqu’on a un point de passage à mi-exercice à 7 % de croissance organique, je vous rappelle qu’on avait mis une guidance de 5 %. Donc on la bat de deux points, ce qui nous amène à la rehausser. Et pour répondre en effet à cette question sur l’origine de la croissance, elle est bien sûr portée par l’activité d’HAD qui croît de 28 % sur le semestre, ce qui est assez spectaculaire. Mais c’est également une très bonne tenue de nos taux d’occupation en EHPAD avec une remontée de 0,2 point. C’est peu sensible en valeur, en revanche en impact sur le résultat c’est vraiment très sensible. Donc une très belle tenue de nos taux d’occupation, notamment dans la gamme confort. Et puis des cliniques de réadaptation qui dans le segment croisière se sont bien comportées, on reparlera sans doute des restructurations.
Didier Testot : Oui, il y a vos établissements de croisière, comme vous dites, on est autour de 10,6 % de marge, ceux en restructuration bien sûr on est négatif. Quelle justement, quelle on pourrait dire, présentation vous donnez aux investisseurs sur l’amélioration du côté de ceux qui sont en transformation aujourd’hui ?
Damien Billard : Alors déjà la source de satisfaction, vous l’avez dit, c’est notre régime de croisière. La remontée d’un demi-point, qui est assez notable à 10,6 points, est un vrai sujet de satisfaction. Il profite à la fois de la dynamique que j’évoquais sur les EHPAD, mais aussi de la très bonne tenue des HAD qui ont progressé en volume et donc qui absorbent mieux les coûts fixes grâce à ces volumes. Alors sur le sujet restructuration, il y a deux manières de le lire. Soit on se dit c’est en effet un point bas en termes de performance. Vous avez évoqué ce léger déficit de 1,1 point sur la marge d’EBITDA des établissements en restructuration. On parle de 17 sites, principalement dans le champ sanitaire. Soit on regarde l’effet de levier que ça représente. Vous savez, nous sommes actuellement dans cette restructuration extrêmement lourde, je vais vous citer cinq programmes chez LNA Santé qui sont en phase de transformation majeure : notre clinique de réadaptation à Lille, notre future SMR gériatrique à Nantes que nous ouvrirons début 2027, la rénovation extension du pôle de Marlioz à La Seyne-sur-Mer, la reconstruction de notre SMR à Poitiers et la rénovation avec extension, notamment par dédoublement de chambres, de notre SMR à Granville. Donc ce sont des restructurations extrêmement lourdes, on parle de programmes de travaux de plusieurs dizaines, voire pour certains proches de 100 millions d’euros. Et en effet sur ces restructurations très lourdes, on est au creux du travail de transformation, ce qui provoque effectivement ces petits effets de bord. L’effet bénéfique, c’est effectivement tout le levier représenté par la transformation vers le régime de croisière dont la marge se comporte très bien. Et là on a un réservoir d’à peu près 12 points de marge d’amélioration sur environ 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, ça vous laisse un peu augurer des marges futures lorsqu’on aura finalisé ce travail de transformation. Donc c’est un mal pour un bien.
Didier Testot : On voit aussi donc un peu moins de cash-flow libre, 40 à 45 millions d’euros, c’est entre guillemets le prix à payer pour accélérer cette transformation ?
Damien Billard : C’est exactement le corollaire de ce qu’on vient d’expliquer sur ce travail intense de transformation. Mais c’est pour demain des performances améliorées, donc c’est une façon en effet de dire que l’effort est intense mais absolument nécessaire.
Didier Testot : Alors on parle notamment des achats que vous aviez pu faire sur les établissements EHPAD repris à Clariane. Qu’est-ce qu’on peut dire on va dire à l’issue de ce premier semestre sur la situation financière, est-ce qu’elle permet à LNA Santé de faire ou de ne pas faire ?
Damien Billard : Alors les acquisitions de Clariane, elles sont là aussi dans la logique du modèle de transformation. On fera des 6 établissements repris, dont 5 sont en activité aujourd’hui dans nos comptes, une autorisation étant en sommeil. Nous ferons de ces établissements à travers un travail de regroupement trois futurs EHPAD confort. Donc on n’a pas la prétention, reprenant ces exploitations dans leur état, d’en transformer le profil médico-économique. On va évidemment poser un certain nombre de curseurs du projet, mais dans des bâtiments qui ne seront jamais ce que nous souhaitons, pour le projet que nous souhaitons. Donc nous avons aujourd’hui activé ce travail de préparation des transferts qui s’opérera sous 3 ans, 4 ans. C’est évidemment notre ambition dans l’intervalle. On va maintenir les exploitations en les maintenant sur des niveaux d’EBITDA on va dire positifs sans encore une fois avoir la capacité évidemment de les normaliser sur les standards du groupe, du régime de croisière.
Didier Testot : Un mot de la dette, c’est un sujet d’actualité avec les hausses de taux d’intérêt en cours, et on n’a sans doute pas fini vu que c’est un mouvement mondial. Qu’est-ce que ça implique pour LNA Santé et sur la manière dont vous allez gérer ça sur les prochains mois ?
Damien Billard : Alors deux observations. Il y a une légère progression de notre endettement à mi-année. On est sur un endettement brut supérieur à 400 millions avec un encours de dette immobilière, essentiellement immobilière, puisqu’à 70 % la dette de l’entreprise ce sont des encours immobiliers. Pourquoi j’en parle ? Parce que ça fait le lien avec votre question sur finalement le caractère relativement insensible à l’évolution des taux d’intérêt. Notre dette étant immobilière, ce sont des encours immobiliers de court terme qui donc circulent assez vite. Et dans le coût de revient d’un programme immobilier, le poids de ces frais financiers sur cette dette de portage sont relativement marginaux. Donc je ne dis pas qu’il n’y aura pas quelques effets sur les coûts des programmes, mais c’est franchement très peu à l’échelle du prix d’investissement et du prix de cession d’un programme immobilier. Donc voilà, notre préoccupation est plutôt de bien maîtriser notre endettement d’exploitation, c’est le cas avec un levier très faible, 1,6 fois, je rappelle que le premier levier d’ajustement de notre marge de crédit se fait sur un levier de 2. Donc on a beaucoup de confort et sur ce point-là la dette est extrêmement bien maîtrisée.
Didier Testot : Un mot de l’international, ça se passe plutôt bien en Belgique, moins sur les taux d’occupation en Pologne, est-ce qu’il y a une explication particulière pour le marché polonais ?
Damien Billard : Alors déjà sur le marché belge vous avez raison, les taux d’occupation sont même supérieurs à ceux de nos EHPAD français, donc une vraie satisfaction. Sur la Pologne, eh bien écoutez on est dans un projet entrepreneurial. Donc on a des paliers, qu’on a connus ces derniers mois sur l’activité polonaise, elle est quand même en croissance de 3 % par rapport à l’an passé donc il faut relativiser on va dire ce palier. Nous avons un projet d’extension de notre clinique proche de Varsovie, qui laisse augurer une capacité à relancer cette croissance d’activité. Et puis nous avons également des réflexions sur de nouveaux segments de croissance en Pologne. Mais comme toute démarche entrepreneuriale, on accepte de construire dans la durée, et on sait que ces projets entrepreneuriaux, vous l’avez vu sur une activité de l’HAD qu’on a lancée il y a une dizaine d’années, on est des besogneux, on prend notre temps, mais on sait où on va, et je pense qu’on a quelques, voilà, un peu d’expérience sur la manière de mener ce type de projet. Donc voilà, il faut être patient mais les choses s’amélioreront avec une vraie volonté de se développer sur cette plateforme.
Didier Testot : Alors on a vécu en France les 52 jours de canicule, ça a été évident pour personne. Comment dans vos établissements vous avez pu gérer on va dire cette chaleur extrême durant autant de jours ?
Damien Billard : Alors il faut déjà aussi le prendre à l’aune du secteur. Évidemment on a aussi notre propre savoir-faire et le projet immobilier de LNA Santé a permis à travers la climatisation de beaucoup de nos espaces je dirais de répondre à cet épisode sans aucune conséquence, c’est l’essentiel sur la santé de nos résidents. Le secteur s’est beaucoup adapté depuis la canicule de 2003, avec des dispositions obligeant à avoir une pièce climatisée dans chacun des EHPAD, et puis des plans canicule également, développent des bonnes pratiques de la part des équipes. Après on a évidemment vous le savez un savoir-faire chez LNA qui est extrêmement élaboré, on a 100 personnes dans les équipes immobilières qui conçoivent des bâtiments pour répondre aux exigences, qu’elles soient environnementales ou de bon fonctionnement. Donc je dirais qu’on a passé cet épisode aussi bien que possible, évidemment il y a des retours d’expérience à faire, ils sont en cours parce que tout n’a pas non plus été parfait, mais on va dire qu’on va d’abord se satisfaire de ce passage sans difficulté pour nos résidents et un maintien de nos taux d’occupation là aussi sans écueil.
Didier Testot : Merci Damien Billard d’avoir fait le point avec nous aujourd’hui donc sur les résultats semestriels de LNA Santé.
Damien Billard : Merci Didier, à bientôt.
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A propos de LNA Santé : au sein de notre entreprise familiale, nous soignons les personnes fragilisées, nous prenons soin d’elles, de leurs proches aidants, des professionnels et de notre environnement, en stimulant la coopération et l’innovation au service des enjeux de santé des territoires. Pour plus d’information, merci de consulter le site Internet : www.lna-sante.com L’action LNA est cotée sur le compartiment B d’Eurolist by Euronext Paris. Code ISIN : FR0004170017.












