Résultats 2012 : Interview de Bruno Lafont Pdg de Lafarge.
Résultats 2013, stratégie et perspectives 2013 pour le spécialiste des matériaux de construction

20 février 2013 14 h 01 min
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Résultats 2013, stratégie et perspectives 2013 pour le spécialiste des matériaux de construction.

Après la publication de ses résultats pour son exercice 2012, nous avons rencontré Bruno Lafont le Pdg de Lafarge et évoqué avec lui, cet exercice, la stratégie de l’entreprise dans les pays émergents, la situation des marchés européens et américains, la réduction de la dette en 2013.

Web TV www.labourseetlavie.com : Bruno Lafont, bonjour. Vous êtes le Pdg de Lafarge. On va parler avec vous de votre année 2012 et des perspectives, alors commençons par la dernière partie de votre exercice 2012, le 4ème trimestre, est-ce que la croissance a été au rendez-vous de vos résultats ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Alors, nous avons continué à faire croître nos résultats sur le 4ème trimestre 2012 au même rythme qu’il avait crû durant les autres trimestres avec moins de croissance des volumes parce que nous avons subi quelques phénomènes climatiques notamment et un certain ralentissement supplémentaire en Europe. Mais globalement pour l’année 2012, les ventes ont augmenté de 3,5 %, le résultat opérationnel de 12 %, et le résultat net, si l’on ne tient pas compte des éléments exceptionnels notamment en 2011, ont augmenté de 70 %. Donc c’est une année qui effectivement démontre la pertinence de la stratégie que l’on a suivie qui est de ne pas dépendre trop de l’environnement extérieur et de s’acharner à délivrer sur un programme d’amélioration des performances, notamment par la réduction des coûts, et par le développement de l’innovation. Cela démontre aussi la qualité du portefeuille géographique du groupe qui est très résistant.

Web TV www.labourseetlavie.com : Avec les pays émergents, c’est à peu près 60 % pour vous.

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Voilà. Le groupe a deux caractéristiques, il est très pays émergents, à peu près 60 % du chiffre d’affaires, et il est beaucoup moins vulnérable à l’Europe puisque 72 % de nos ventes se font en dehors de l’Europe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, en même temps, on pourrait dire que les pays émergents, on le voit sur certains pays, il y a aussi des risques, on pense pour vous à l’Égypte ou à d’autres pays, comment vous avez fait dans ces pays-là ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Je crois qu’une des compétences du groupe c’est d’être capable de manager dans les pays émergents, c’est une compétence que l’on acquiert à force de travail, d’expérience, et la deuxième chose que nous faisons pour manager nos risques, c’est non seulement cette compétence, mais c’est aussi la diversité de nos positions géographiques. Aucun marché émergent ne fait plus de 5 % de notre chiffre d’affaires. Alors, cette compétence  comment nous l’exerçons ? Pour vous donner juste un exemple sur l’Égypte qui effectivement n’est pas en crise sur le plan du marché du ciment, le marché du ciment s’est juste arrêté de croître, compte tenu de la situation, à un moment où de nouvelles capacités entraient. Notre force en Égypte cela a été d’être capable de manager nos opérations comme si rien ne se passait, nous n’avons pas perdu un seul jour de travail, un seul jour d’opération, alors que cela n’est pas le cas de toutes les entreprises, et nous avons pu continuer à travailler sur nos programmes de réduction de coûts, d’innovation et d’augmentation des prix. Donc nous avons des résultats qui sont très acceptables en Égypte. D’autres exemples, en Irak, nous sommes maintenant depuis cinq ans en Irak et les choses vont bien pour nous, en Algérie les choses vont bien aussi, mais le Nigéria aussi, le Brésil aussi, et je ne vous fais pas toute la liste des marchés émergents sur lesquels Lafarge opère.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, il n’y a pas longtemps, vous étiez en Inde avec le Président de la République, on parle innovation, il y a un laboratoire Lafarge en Inde, il y a des marchés justement à adresser avec des innovations ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Alors, nous avons un laboratoire central de recherche en France, nos dépenses de recherche c’est à peu près 130 millions d’euros par an, c’est ce que l’on peut faire de mieux dans la profession, notre laboratoire de recherche à l’Isle d’Abeau est le plus grand laboratoire du monde dans ce domaine et dans cette spécialité. Nous avons initié des laboratoires de développement régionaux qui sont là à la fois pour mieux identifier les besoins du client et pour accélérer le transfert de technologie et de savoir-faire sur nos marchés. Donc en Inde, qu’est-ce que l’on fait ? On travaille sur deux choses, la première c’est de trouver des solutions pour faire que les logements pas chers ou les maisons abordables, à des prix abordables, soient plus solides, tiennent plus longtemps et finalement coûtent encore moins cher, et la deuxième chose c’est une présence pour diffuser toute notre connaissance en matière de béton extrêmement technologique et extrêmement performant dans tout le domaine de l’urbanisation qui sont la construction de bâtiments à très grande hauteur ou la construction de routes en béton ou voilà, toutes sortes d’infrastructures qui vont être faites, et ce laboratoire en Inde est un grand succès, il a été inauguré il y a un an. Aujourd’hui on compte pas loin de 400 visites par mois.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, vous avez aussi beaucoup parlé, au cours de votre présentation, de la réduction de la dette avec cet objectif de passer sous les 10 milliards de dettes en 2013, donc avec ce qui a été fait en 2012 et puis en 2013, on a senti que vous étiez très à aller encore plus loin c’est-à-dire est-ce que c’est lié à la conjoncture ? Est-ce que c’est lié à cette volonté de retrouver, notamment vis-à-vis des agences de notation, une meilleure note ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Je crois que c’est… bien sûr il y a tout ce que vous dites, je crois que le plus important c’est d’arriver à retrouver rapidement le bilan qu’il nous faut pour continuer notre croissance et continuer notre stratégie. Donc cela passe effectivement par une optimisation de nos actifs, par une réduction de la dette en commençant par aller en dessous de 10 milliards. Bien entendu pour nous le ratio cash-flow sur nette dette est le ratio prédominant. Nous avons pour objectif de l’amener à 28 %.

Web TV www.labourseetlavie.com : La conjoncture peut vous gêner ou au contraire, compte tenu du portefeuille d’actifs que vous avez aussi  rappelé, vous aurez justement les moyens d’aller peut-être plus vite si il le faut ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : La conjoncture peut nous aider, peut aussi ne pas nous aider. Je crois que la répartition de notre portefeuille géographique, son orientations pays émergents et faiblement Europe aujourd’hui est un bon atout pour faire en sorte que la conjoncture au moins n’entrave pas la qualité de nos efforts, et c’est quand même pour être le plus indépendant possible de la conjoncture que nous avons ce programme d’amélioration de notre EBITDA de 1,75 milliards d’euros entre 2012 et 2015 dont nous avons dit que nous le terminerions en 2014 pour sa plus grande majorité, et donc avec un an d’avance.

Web TV www.labourseetlavie.com : C’est-à-dire quelque part il faut atteindre cet objectif-là avant que l’on entende à nouveau Lafarge peut-être réalisé un certain nombre d’acquisitions effectivement, mais il faut déjà atteindre cet objectif ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Notre objectif c’est vraiment de créer de la valeur pour nos actionnaires. Ce que nous faisons aujourd’hui, nous en sommes persuadés, est créateur de valeur pour les actionnaires, et je pense que après nous continuerons effectivement sur la base d’une croissance mais ciblée, sélective, en sélectionnant nos investissements, en sélectionnant les meilleurs endroits pour investir, en sélectionnant les types d’investissement que nous ferons pour être à la fois le plus proche de notre stratégie qui est de servir nos clients le mieux possible et de créer la plus forte valeur pour nos actionnaires.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté de vos marchés en 2013, on pourrait dire, en simplifiant ou en allant vite, que l’Europe, le marché européen ne changera pas, il sera encore déprimé en 2013. Par contre vous avez des espoirs aux États-Unis, que cela continue notamment en raison de ce qui se passe sur l’immobilier, et puis bien sûr sur ces marchés émergents ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Alors, nos prévisions de croissance de volume de ciment pour nos marchés sur 2013, c’est entre 1 et 4 %, c’est effectivement très fortement poussé par les pays émergents avec une croissance solide dans les pays émergents, une reprise entre 3 et 6 % de nos marchés, de nos principaux marchés d’Amérique du Nord, et une poursuite d’une situation défavorable et très morose en Europe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Il va falloir donc  continuer les réductions de coûts, continuer effectivement de piloter durant la période, on parlait des investissements, on parlait… donc finalement un an en avance vous  aurez fait …, ce plan sera réalisé un  an en avance ?

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Eh bien, c’est ce que nous voulons obtenir et c’est ce que nous annonçons effectivement sur la base de ce que je vois, à la fois du potentiel et de notre capacité à exécuter et à accélérer.

Et donc nous avons déjà le projet d’accélérer en 2013 puisque c’est 650 millions d’euros d’amélioration d’EBITDA liés à ce programme que nous allons faire, 450 millions sur les coûts, 200 millions sur le programme d’innovation, et qu’effectivement si nous faisons cela, et nous allons le faire, effectivement nous serons très avancés sur le plan de 1,750 milliard d’euros puisque nous avons déjà fait à peu près 500 millions en 2012.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci Bruno Lafont d’avoir été avec nous aujourd’hui.

Bruno Lafont, Pdg du groupe Lafarge : Merci beaucoup.

© www.labourseetlavie.com. Tous droits réservés, le 20 février 2013.


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