La dette française toujours un sujet majeur pour les investisseurs internationaux.
L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV

3 novembre 2026 9 h 43 min
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L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants : 

Les deux dernières semaines ont été agitées sur les marchés financiers, la dette de la France reste toujours un sujet majeur pour les investisseurs internationaux ?

C’est vrai que c’est un évènement dont on se serait bien passé mais qui n’a rien d’étonnant vu ce qui est arrivé en France, avec les pillages organisés dans tout le pays. Les coûts d’emprunt à long terme de la France ont atteint 5 %, un seuil atteint pour la dernière fois en 2002, alors que les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la stabilité de la politique du pays et de l’état de nos finances publiques qui ne vont pas s’améliorer avec la note salée de ce week-end. On est toujours proche de ces niveaux cette semaine. Et l’écart (le spread) pour les spécialistes entre la France et l’Allemagne est lui aussi au plus haut depuis 2011. La France a désormais le taux souverain à 10 ans le plus élevé de la zone euro, c’est-à-dire qu’elle est considérée par les investisseurs comme le pays le moins sûr. Elle emprunte à des taux plus élevés que l’Italie. La France devient la prochaine Grèce fait le succès de vidéos alarmistes. Pour se rassurer on peut se dire que la dégringolade est forte mais pas obligatoire. En décembre 2011 nous étions alors le troisième pays le plus sûr de la zone euro. Et pendant 20 ans, peu ou prou nous étions au milieu du classement pour les économistes, avant en 2025 de connaître une première dégradation, et depuis cet été, la France est passé à la 20ème place, soit l’avant-dernière parmi les pays de la zone euro, juste derrière la Bulgarie qui a rejoint l’euro en janvier 2026. Et puis la France dispose d’une économie diversifiée et d’un système bancaire résilient. Mais c’est vrai aussi qu’avec 3 600 milliards d’euros de dette publique, la France représente un risque systémique bien plus grand pour l’Europe. Et la détérioration prolongée de la solvabilité souveraine française pourrait affecter l’économie toute entière et par ricochet toute la zone euro.

La semaine dernière, l’agence Moody’s’ n’a pas dégradée la note de la France, offrant un répit dont il faudrait profiter ?

Oui il y a eu beaucoup de conversation sur ce sujet, je n’y reviendrais pas, d’abord il faut dire que le plus important du scénario actuel c’est que la dette de l’Etat étouffe nos entreprises. Le maintien de la note française par l’agence Moody’s évite disons un nouveau choc sur le marché. En principe l’Etat quand il est bien géré représente le taux sans risque en quelque sorte. Là, la maladie de la dette est en train d’entrainer toute l’économie. Ménages, immobilier, taux de crédit…Quand des gens sérieux disent qu’il faut assainir les finances publiques, derrière c’est tout le tissu économique qui est concerné. La compétitivité de nos entreprises. Un pays qui continue à rembourser sa dette mais consacre toujours + de ressources aux paiements d’intérêts plutôt qu’à l’investissement mine sa croissance future. Quelle solution. ?. La plus facile compter sur l’inflation, qui allège la dette en grignotant la valeur du stock de dette déjà émis à taux fixe. Sauf que chaque nouvel emprunt coûte désormais plus cher. Et l’impact est pour les épargnants peu agiles, les salariés dont le pouvoir d’achat recule, ou les PME qui font face à ces hausses des coûts du crédit. Le répit donné par l’agence Moody’s ne doit pas faire oublier aux candidats à l’élection Présidentielle qui à ce jour ont mis de côté ce sujet capital que l’État, réemprunte en permanence. Sa dette a une durée de vie moyenne de huit ans et demi, et près de 450 milliards d’OAT à 1 % ou moins arrivent à échéance d’ici 2030. Le mur de dette est devant nous. En Europe, 9 pays sur 11 ont réduit leur dette depuis 2020. C’est donc possible Prochaine échéance : S&P, le 27 novembre.

 

Du côté de l’intelligence artificielle, des chiffres ce matin sur un secteur incontournable

Cette semaine clairement c’est du côté de Microsoft, la destruction créatrice au sommet des bénéfices si l’on peut dire, avec une prévision de 60 000 départs volontaires (27 % des effectifs mondiaux) annoncés alors que l’action est au plus haut et les bénéfices historiques. C’est pour les économistes en quelque sorte l’illustration concrète de la destruction créatrice de Joseph Schumpeter. Pour financer les investissements colossaux en serveurs et puces d’IA, Microsoft réduit sa masse salariale dans le logiciel traditionnel. C’est violent. Dans un secteur qui en Chine a connu une violente correction. Bref nous sommes loin d’avoir tout vu dans ce secteur.

Pour terminer vous nous parlez boissons et notamment des brasseurs qui souffrent de la hausse des coûts.

Oui ils ont averti cette semaine, que la hausse des coûts liés au conflit au Moyen-Orient commençait à peser sur les bénéfices, ou le ferait dans les mois à venir, à mesure que les contrats de couverture qui les protégeaient arrivaient à échéance. L’agence Reuters évoque ce sujet. Le sujet c’est le coût des intrants : électricité, carburants ou l’aluminium pour les canettes et les bouteilles en verre. Et le sujet des transporter vers les détaillants et les lieux de consommation. Dès que leurs contrats arrivent à échéance, elles doivent commencer à payer des prix plus élevés. AB InBev, surtout connu pour Stella Artois et Budweiser, a déclaré que la hausse des coûts avait compensé une croissance des revenus plus forte que prévu dans certains pays, citant notamment les coûts des matières premières, de la distribution et du transport aux États-Unis, en Europe et en Afrique du Sud. Heineken, le deuxième brasseur mondial en termes de volumes, subissait également une hausse « significative » de ses coûts, notamment en Asie, sur certains marchés africains et de plus en plus en Europe. Idem du côté de Carlsberg qui dit chercher à réaliser des économies mais qui augmentera les prix de ses marques l’année prochaine. Inflation encore et toujours.

 

 

Titre Moody’s : La France évite la sanction, pas le mur de la dette