Le séisme industriel Volkswagen.
L'INFO ÉCO + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV
L’info éco + avec Didier Testot Fondateur de LA BOURSE ET LA VIE TV, avec cette semaine les thèmes suivants :
La presse financière internationale, du Wall Street Journal au Handelsblatt allemand, a évoqué un véritable séisme industriel. Volkswagen, pilier de l’économie européenne depuis près de 90 ans qui s’apprête à briser un tabou absolu avec la fermeture de sites industriels.
C’est le choc industriel de ce début d’été : la direction du géant allemand de l’automobile envisage des dizaines de milliers de suppressions de postes et, fait rarissime, la fermeture d’usines historiques sur son propre sol. Entre la concurrence chinoise, les droits de douane américains, le retard dans l’électrique et des coûts fixes jugés trop élevés, les constructeurs allemands font face à une crise profonde. Chez Volkswagen, un plan de restructuration massif, avec des dizaines de milliers de suppressions d’emplois, est sur la table. Mercedes-Benz, de son côté, lance un programme d’économies qui provoque déjà la colère de dizaines de milliers de salariés. La direction du groupe Volkswagen, basé dans la ville de Wolfsburg et propriétaire de dix marques (VW, Audi, Seat, Skoda, Porsche, etc.), discute avec les représentants du personnel et les actionnaires d’un plan de restructuration présenté comme « sans précédent ». On le sait, Wolfsburg (Wolfsbourg en français) est Volkswagen et Volkswagen est Wolfsburg. La ville industrielle se situe, dans le Land de Basse‑Saxe, à l’est de Hanovre est une ville industrielle « planifiée », créée en 1938 pour accueillir les ouvriers de l’usine Volkswagen, dont elle abrite toujours le siège. Le groupe a déjà engagé un programme prévoyant la suppression de 50.000 emplois en Allemagne d’ici 2030, dont 35.000 au sein de la seule marque VW, en accord avec les syndicats. Mais ce plan est désormais considéré comme insuffisant par la direction, qui juge que le modèle des dernières décennies « ne fonctionne plus ».
Pourquoi ce géant européen de l’automobile est-il dans cette situation ?
Il y a les éléments concurrentiels évoqués bien sûr, mais aussi un dilemme auquel le groupe est confronté. Pour faire simple, imaginez une usine gigantesque conçue pour assembler 300 000 voitures par an. Qu’elle en fabrique 300 000 ou seulement 100 000, l’entreprise doit payer le même entretien pour les bâtiments, les mêmes impôts locaux, le même chauffage, et le maintien des machines. Ce sont ces fameux coûts fixes. Quand la demande s’effondre, ces dépenses incompressibles dévorent littéralement la rentabilité. Or, Volkswagen est aujourd’hui pris dans cet étau que l’on peut qualifier de « dilemme de la transition ». D’un côté, le constructeur doit investir des milliards pour développer des véhicules électriques et contrer l’offensive des marques chinoises. De l’autre, la demande européenne pour l’électrique patine encore. Les usines tournent au ralenti, l’argent rentre moins vite, mais les factures restent les mêmes. C’est l’illustration brutale du prix à payer pour la transition écologique dans l’industrie lourde.
Dans ce secteur, les innovations restent tout de même intéressantes
Oui et c’est au Japon que cela se passe avec la révolution discrète des batteries à l’état solide que le gouvernement japonais vient de valider début juillet pour Toyota. Avec une batterie à l’état solide, de quoi parle-t-on ? Remplacez l’électrolyte liquide (qui peut chauffer ou s’enflammer) par un composant solide. Résultat : un temps de charge divisé par deux, une autonomie doublée et une sécurité accrue. C’est sans doute la prochaine vraie rupture technologique, et le défi de demain pour les constructeurs européens.
Le sujet canicule occupe toujours les esprits, côté économique cela porte un nom
C’est un nouveau comportement qui modifie l’économie du tourisme en Europe : le « Coolcationing ». Ce terme anglo-saxon désigne la contraction de « cool » (frais) et « vacation » (vacances). Avec la multiplication des canicules extrêmes dans le bassin méditerranéen, les agences de voyages et les plateformes de location observent un déplacement massif de la demande vers le Nord de l’Europe, la Scandinavie ou les côtes de la Manche. Un acteur du secteur le Pdg de Voyageurs du Monde Jean-François Rial me l’a confirmé cette semaine, Et le réchauffement climatique, ça fait un moment que les gens ont compris que l’été en Méditerranée, c’était chaud. Donc la Bretagne, elle est prise d’assaut, la Grande Bretagne aussi, les pays scandinaves aussi, etc… Ça change les comportements des clients, c’est très clair. La Méditerranée est moins occupée l’été et au contraire, les régions du Nord le sont plus. Et au contraire, la Méditerranée va être plus occupée en arrière- saison, c’est à dire le printemps et l’automne. Ça, ça va changer. Alors avec la limite des vacances scolaires. Mais dès que les vacances scolaires vont être modifiées, ça viendra. Dans les années à venir, vous verrez qu’il y aura un rééquilibrage. »
Pour finir, vous proposez un cahier de vacances pour les dirigeants
Pour terminer cette émission en ce début d’été, prenons un peu de hauteur. La période estivale est souvent le seul moment où les chefs d’entreprise peuvent lever le nez du guidon. Si vous dirigez une entreprise, voici les 5 thèmes majeurs sur lesquels la presse financière internationale vous invite à plancher cet été :
la fragmentation géopolitique et le « Derisking » : La carte du commerce mondial se referme. Avec le retour des barrières douanières, produire loin coûte de plus en plus cher en risques. La question de l’été : Où dois-je relocaliser ou diversifier mes fournisseurs pour ne pas dépendre d’un seul pays ?
L’inflation et le « Pricing Power » : L’inflation globale baisse, mais vos coûts internes (salaires, énergie) restent hauts. Le « Pricing Power », c’est votre capacité à maintenir vos prix sans faire fuir vos clients. La question de l’été : Mon produit est-il au niveau pour que je puisse défendre mes marges à la rentrée ?
La robustesse de votre Supply Chain : La question de l’été : Si mon fournisseur principal est bloqué demain matin, ai-je un plan B activable immédiatement ?
L’intégration de l’Intelligence Artificielle : Ce n’est plus un sujet de science-fiction, mais un enjeu de productivité immédiat. L’erreur serait de l’imposer d’en haut. La question de l’été : Quelles tâches chronophages puis-je automatiser pour redonner du temps à mes équipes à la rentrée ?
Le financement de la transition écologique : Le cas Volkswagen le prouve, c’est un défi colossal. Avec les nouvelles normes européennes de reporting extra-financier qui arrivent, la question de l’été : Comment vais-je financer la décarbonation de mon entreprise sans détruire ma rentabilité à court terme ?
L’été sera studieux ! Bel été à vous tous
Titre : le séisme Volkswagen et le coût de la transition












