Pour les dettes publiques c'est toujours plus.
L'info éco + sur Sud Radio avec Didier Testot LA BOURSE ET LA VIE TV (10mai 2026)

14 mai 2026 10 h 08 min
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« L’info éco + » cette semaine avec les thèmes suivants :

Nous sommes le 10 mai 2026, il y a 45 ans, l’élection de François Mitterrand et une dette publique qui ne cesse de grossir

 Alors le 10 mai 1981, que vous soyez heureux ou déprimé par la victoire de François Mitterrand, il y a une certitude côté gestion de nos finances publiques, ça s’est empiré confirmant une continuité au-delà des étiquettes politiques. Le contraste est saisissant. En mai 1981, la dette publique française représente environ 21% de notre Produit Intérieur Brut (PIB), soit un peu moins de 100 milliards d’euros (en valeur convertie). La France est alors un pays très peu endetté. Aujourd’hui, en mai 2026, cette dette gravite autour des 112% du PIB, dépassant allègrement la barre symbolique des 3 200 milliards d’euros. Alors comment en est-on arrivé la ? La réponse est terrible mais simple : la France n’a pas voté un seul budget à l’équilibre depuis… 1974. Donc depuis 45 ans, chaque année, l’État dépense plus que ce qu’il ne prélève en impôts. Dans les années 80, avec la fin des Trente Glorieuses, on a financé le modèle social (retraite à 60 ans, 5ème semaine de congés payés, hausse du SMIC) par l’emprunt plutôt que par la croissance. C’est comme un ménage qui, tous les mois depuis 45 ans, utiliserait un crédit à la consommation pour payer ses courses alimentaires. Forcément, le capital à rembourser s’accumule.

La dette n’a pas augmenté de manière linéaire pendant ces années

En réalité, elle a on peut le dire explosé par paliers lors des crises majeures. Il y a eu le krach financier de 2008 (la dette bondit de 64% à plus de 80%), la pandémie de Covid-19 en 2020 avec le « Quoi qu’il en coûte » (saut historique au-dessus des 110%), et enfin la crise énergétique de 2022 (boucliers tarifaires). C’est « l’effet cliquet » Quand une crise survient, l’État emprunte massivement pour sauver l’économie (ce qui est justifié, c’est le rôle de pompier de l’État). Le problème, c’est qu’une fois la crise passée, la France ne réduit jamais ses dépenses pour rembourser cette dette exceptionnelle. Le niveau de dépense publique (qui représente en France plus de 57% du PIB, un record mondial) ne redescend jamais à son niveau d’avant-crise. L’État français sait appuyer sur l’accélérateur de la dépense, mais n’a jamais trouvé la pédale de frein.

Ce qui a changé c’est le poids de la charge de la dette ?

Oui pendant pendant les années 2010 après la crise financière de 2008, cette dette n’était pas douloureuse car les taux d’intérêt étaient à zéro, voire négatifs. L’argent était gratuit disait-on. Mais en 2026, avec des taux qui sont remontés et se sont stabilisés à des niveaux élevés pour contrer l’inflation, la donne a changé. Le seul remboursement des intérêts de la dette (sans même rembourser le capital) coûte désormais plus de 50 milliards d’euros par an à la France. C’est l’effet d’éviction quand la charge de la dette devient le premier ou le deuxième budget de la Nation, à égalité avec l’Éducation Nationale, et loin devant la Justice ou la Transition Écologique. Payer les intérêts de la dette chaque milliard versé aux créanciers internationaux est un milliard qui n’ira ni dans les hôpitaux, ni dans les écoles, ni dans la baisse des impôts. C’est le prix de 45 ans de facilité ou de lâcheté politique, avec la complicité des Français qui n’ont rien trouvé à redire pendant toutes ces années mais qui se rappelle au bon souvenir du contribuable d’aujourd’hui. Il y a 150 ans en 1876, les enfants Français apprenaient les rudiments de finance à l’école alimentaire, il serait temps de redonner les bases !

 La crise économique actuelle ne touche pas pour le moment un secteur lié à l’intelligence artificielle, c’est même plutôt l’inverse pour les puces

La Tech ou L’ivresse des puces on aurait pu penser à plus de calme sur ce secteur mais l’actualité de cette semaine est marquée par une accélération vertigineuse du secteur des semi-conducteurs. L’indice de référence, le PHLX Semiconductor Index (SOX), a enregistré mercredi 6 mai une performance historique : sur les 25 derniers jours de bourse, l’indice a progressé à un rythme jamais vu depuis le 9 mars 2000, date exacte du sommet de la bulle internet. Ce n’est plus seulement Nvidia qui tire la locomotive ; l’euphorie s’est propagée à l’ensemble de l’écosystème. Cette « marée montante » soulève l’enthousiasme des acheteurs mais ravive les craintes d’une déconnexion totale avec les fondamentaux économiques. Sur le plan de l’infrastructure, nous observons un changement de paradigme dans les investissements des entreprises. Le Wall Street Journal souligne que la demande pour les puces spécialisées dans l’IA dépasse désormais les capacités de production de TSMC (fabricant du secteur) pour les deux prochaines années. Les entreprises ne se contentent plus d’acheter du logiciel ; elles sécurisent physiquement leur accès à la puissance de calcul. Et donc cette rareté organisée crée un phénomène de stockage préventif, gonflant artificiellement les carnets de commandes et donnant l’illusion d’une croissance infinie, ce qui rappelle pour ceux qui l’ont connu la surcapacité qui avait précédé le krach des « dot-com » dans les années 2000. Et c’est un peu technique mais ce qui se passe sur le marché un « short squeeze », quand les vendeurs de titres sont obligés de racheter leurs titres en catastrophe pour limiter leurs pertes, propulse mécaniquement les cours encore plus haut. Pour rappel la qualité d’une révolution technologique ne protège jamais contre les erreurs de prix. En 2000, Cisco était une entreprise formidable, mais son action a mis 20 ans à retrouver son niveau d’alors.

Un évènement dans le secteur du luxe, LVMH pourrait vendre certains actifs.

Et ce titre du FT est assez puissant  « LVMH passe du statut d’acheteur à celui de vendeur alors que l’hiver du luxe se prolonge. Le groupe de Bernard Arnault, bâti sur des acquisitions successives, semble vouloir changer de braquet alors que le marché chinois atterrit. Après 40 ans d’histoire faite de croissance de ses marques historiques mais aussi de nombreuses acquisitions. Le groupe envisagerait la vente de maisons de mode, de marques de beauté et de marques de boissons alcoolisées, dans le cadre de l’une des restructurations les plus importantes, alors que le leader du secteur du luxe réduit la voilure face à une période de baisse de la demande. Le FT qui cite des sources proches du dossier évoque notamment la marque de mode Marc Jacobs, sa participation dans la marque Fenty Beauty (de la chanteuse Rihanna) ou le producteur de vin américain Joseph Phelps Vineyards. Une opération qui pourrait rapport à LVMH des milliards d’euros. LVMH détient plus de 75 marques allant de la haute couture au cognac passant par l’hôtellerie ou la presse. Doit-on parler d’un recentrage sur les principaux moteurs de profits que sont Louis Vuitton et Dior, dont les ventes ont ralenti depuis 2023, un analyste cité par le FT indique : « LVMH examine clairement son portefeuille pour identifier les éléments non performants et ceux qui pèsent sur ses marges, car l’entreprise traverse une période de fortes pressions sur ses activités. » LVMH a refusé de commenter.