La Bourse américaine toujours euphorique malgré la guerre.
L'info éco + sur Sud Radio avec Didier Testot LA BOURSE ET LA VIE TV (19 avril 2026)
« L’info éco + » cette semaine avec les thèmes suivants :
Malgré la crise énergétique qui continue, la Bourse américaine à Wall Street semble dans un autre monde, avec de nouveaux records.
Oui c’est le paradoxe de Wall Street, d’autant que le Fonds Monétaire International FMI lui tire la sonnette d’alarme. On commence par les États-Unis. Si vous regardez les écrans boursiers, c’est l’euphorie. Pour la première fois de son histoire, l’indice S&P 500 – la boussole de la finance américaine – a franchi la barre des 7 000 points. Le Nasdaq, lui, caracole au-dessus des 24 000 points. On peut se demander pourquoi un tel optimisme ? Le Wall Street Journal nous l’explique : les investisseurs anticipent la fin imminente des tensions au Moyen-Orient et saluent l’excellente santé du consommateur américain, confirmée cette semaine par les très bons résultats de banques comme Bank of America. La Bourse, c’est vrai est censée toujours anticiper ce qu’il va se passer. Donc décalée par rapport à la réalité du moment. Mais il faut tout de même noter et c’est le Financial Times qui s’en fait l’écho une réalité plus froide. Car le FMI vient de tirer la sonnette d’alarme. Le blocage actuel du détroit d’Ormuz maintient le baril de pétrole Brent autour des 95 dollars. Si cette situation s’enlise, l’inflation pourrait repartir à la hausse et la croissance mondiale plonger à 2 % cette année, contre plus de 3 % attendus. Donc on peut dire que les marchés financiers achètent la paix, mais l’économie réelle paie tous les jours le prix du carburant fort. Le choc pétrolier et maritime n’est pas résolu. L’histoire des marchés financiers peut offrir il est vrai un éclairage sur le rebond actuel. Lors des conflits impliquant les États-Unis, les marchés d’actions ont souvent connu une forte volatilité à court terme, avant de se redresser et d’enregistrer des gains.
Encore une fois le sujet taux d’intérêt reste au cœur des interrogations des investisseurs.
Place aux « Bifs » L’acronyme BIFS est un terme utilisé par les analystes financiers et les économistes pour désigner un groupe de pays européens dont la trajectoire d’endettement public est jugée préoccupante. Le Royaume-Uni, l’Italie et la France ont supporté le plus gros d’une vente massive de dettes souveraines déclenchée par la guerre en Iran. Bifs Britain, Italy, France. Ce terme a émergé pour remplacer ou compléter les anciens acronymes (comme les « PIGS » lors de la crise de 2010, Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne), un acronyme populaire lors de la crise de la dette européenne. Nouvelle réalité économique. La vente massive de titres de dette reflète les craintes des investisseurs qu’une période prolongée de prix élevés du pétrole et du gaz n’entraîne une hausse de l’inflation , et que les banques centrales soient parmi les moins bien placées pour financer des dépenses accrues en matière de défense ou d’énergie par exemple. « Si vous n’avez pas les fonds nécessaires au départ, vous allez subir une pression particulière », a déclaré Craig Inches, responsable des taux et des liquidités chez Royal London Asset Management, dans le FT, il a inventé le terme Bif, ajoutant que cela avait incité le trio à négocier davantage en groupe. « Ces pays souhaitent peut-être améliorer leurs infrastructures énergétiques et de défense, mais les marchés le leur permettront-ils, et à quel prix ? », a-t-il indiqué.
Le sujet de l’intelligence artificielle fait trembler la finance mondiale
Clairement et cette fois-ci les banques sont au cœur des interrogations. De hauts responsables financiers internationaux ont averti que les derniers modèles d’IA développés par des entreprises technologiques américaines pourraient menacer le système bancaire mondial en révélant des failles dans la cyberdéfense des établissements de crédit. Le dernier modèle développé par la société Anthropic, « Mythos » c’est son nom est un défi de taille pour toutes les banques. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a déclaré : « L’évolution que nous avons observée avec Anthropic et Mythos est un bon exemple d’entreprise responsable qui se dit soudainement : “Ah, ça pourrait être vraiment bien” – mais si cela tombe entre de mauvaises mains, cela pourrait être vraiment mauvais. » Les sujets crédit privé ou dette publique sont presque repassés au second plan face à ces nouveaux risques identifiés par les régulateurs.
Un sujet majeur pour l’aérien en Europe, le risque de pénurie de kérosène
L’Europe pourrait commencer à connaître des pénuries physiques de kérosène dès juin en raison de la guerre en Iran si la région n’est en mesure de remplacer que la moitié des approvisionnements en carburant qu’elle reçoit normalement du Moyen-Orient, c’est en déclaration choc de l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport mensuel. La demande mondiale de carburant d’aviation et de kérosène s’élevait en moyenne à 7,8 millions de barils par jour en 2025, les exportations du Golfe constituant la principale source d’approvisionnement du marché mondial, avec une moyenne de près de 400 000 barils par jour, ajoute le rapport. Et l’Europe signale l’agence Reuters est la région la plus dépendante du kérosène en provenance du Moyen-Orient, cette région fournissant près de 375 000 barils par jour, soit 75 % des importations nettes de kérosène de l’Europe. Toujours selon Reuters, les niveaux de stocks de carburant varient d’un pays à l’autre. L’Espagne, qui dispose de stocks importants, est un exportateur net de kérosène, tandis que la Grande-Bretagne, qui est également le plus grand consommateur de la région, importe 65 % de sa demande. Si les stocks de kérosène en Europe venaient à chuter en dessous de 23 jours de couverture de la demande, des pénuries physiques et une chute brutale de la demande apparaîtraient dans certains aéroports. Les stocks européens n’ont pas été inférieurs à 29 jours de couverture depuis 2020. Et pour cet été, si l’Europe ne parvient à remplacer que 75 % de ses volumes en provenance du Moyen-Orient, les stocks seront insuffisants pour répondre à la demande durant l’été.
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