Bercy va renforcer l’encadrement de la commercialisation des cryptos actifs

Vous l’avez vu récemment, après plusieurs jours des silence, l’AMF, le gendarme des marchés financiers et la Banque de France ont enfin réagi au projet « formé par la société utilisant la dénomination KEPLERK de proposer un service d’achat/vente de bitcoins contre espèces avec le projet d’associer les buralistes à la commercialisation de ce service ».

Outre la confusion du nom relevé par les autorités de régulation, aucun lien avec Kepler, cette perspective est forcément à risques pour les épargnants qui se laisseraient tenter par ce type de propositions, le marché n’étant pas régulé.

Ce graphique montrait la hausse continue qui comme celle de la bulle Internet a attiré tous les épargnants perdus par le manque de rendement de leurs investissements « classiques ». C’était aussi le moment qu’avait choisi la siliconée Nabilla pour dire à ses fans, allez y à donf ! https://www.labourseetlavie.com/idees/blog-la-bourse-et-la-vie/nabila-est-la-goutte-deau-qui-fait-deborder-le-vase-bitcoin

Depuis de l’autre côté su sommet, les conseils douteux de Nabilla ont été confirmés avec une descente sur une piste noire sans parapente pour se rattraper à ce jour !

Le sujet majeur aujourd’hui pour les autorités de régulation (AMF et Banque de France), c’est qu’il est possible pour l’instant pour les entreprise d’avancer sans véritables obstacles.

Car ce qui va se passer est tout simplement effarant. À partir du 1er janvier 2019, les buralistes qui le souhaitent pourront commercialiser des coupons de 50, 100 ou 250 euros qui seront convertibles, après création par le consommateur d’un compte sur le site KeplerK, en bitcoins ou en ethereum. Selon Bercy que j’ai contacté « les logiciels de la société Bimedia équipent entre 3 000 et 4 000 buralistes (sur un total de plus de 24 000)…les buralistes auraient un simple rôle d’intermédiaires pour le compte du site KeplerK, qui procédera à des vérifications d’identité lorsque les consommateurs créeront leur compte. Les buralistes toucheraient 1,25% de la valeur faciale des tickets vendus, tandis que KeplerK prélèverait une commission de 7% au moment de la conversion du ticket en bitcoins ».

« La mise en vente chez les buralistes de coupons donnant accès à des crypto-actifs n’a fait l’objet d’aucune autorisation, ni même d’aucune concertation avec les superviseurs (AMF, ACPR, BdF). Cette activité n’est en effet soumise à aucune autorisation spécifique aujourd’hui » selon le Porte-parole de Bercy

C’est pourquoi j’ai insisté auprès de Bercy (le cabinet de Bruno Le Maire) que j’ai appelé il y a quelques jours, occupé par d’autres sujets que l’on peut comprendre (#GiletsJaunes), et il m’a donc été répondu officiellement que cette question du contrôle de la commercialisation serait bien à l’ordre du jour de la loi Pacte au début 2019.

« Ces mesures permettront notamment d’établir une liste blanche de prestataires agréés, mais aussi de lutter plus efficacement contre les escroqueries et démarches commerciales abusives, avec l’intervention de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). »

Porte-Parole de Bercy

Espérons-le car le laissez-faire, dans ce domaine de l’épargne est à haut risques, et il est clair que de nombreux Français, sans pouvoir le mesurer, ont déjà été démarché par des officines peu scrupuleuses, leur faisant miroiter la martingale face au rendement de leur assurance-vie qui n’arrêtait pas de baisser. Ce sujet de la baisse des rendements est un enjeu pour les régulateurs, car forcément dans ces périodes, des escrocs n’hésitent pas à venir expliquer que du « rendement sans risques » existe sur de nouveaux actifs.

Il est donc largement temps que Bercy réagisse, tout en trouvant aussi des vrais solutions concernant d’abord le financement des PME et des ETI en France, sujet lancinant mais qui dans cette période difficile est crucial. Laissez les particuliers se pervertir avec ce type d’actifs comme si la crise de 2000, puis de 2008, n’avaient pas suffit, au lieu de leur faciliter la tâche avec l’investissement dans les PME et les ETI françaises. Un débat du jour à ce sujet montre combien le chemin sera long ! 

On peut espérer que le krach sur les cryptos-monnaies dissuadera les plus téméraires des épargnants d’y aller, reste qu’il faudra bien leur proposer des alternatives et de ce point de vue, il manque en France un vrai PEA-PME, simple, transparent, compréhensible par tous qui pourrait donner envie de diversifier ses investissements dans des PME et ETI et pour les épargnants, ils pourraient aller faire un tour sur la première base de données en vidéos avec les dirigeants de ces PME et ETI, www.labourseetlavie.com, histoire de constater que les choix sont nombreux.

Didier TESTOT

LA BOURSE ET LA VIE TV

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