Eric Gareau Directeur Général Claranova : "L'année 2026 a validé la transition de Claranova vers un modèle 100 % SaaS".
Résultats 2025-2026
Claranova : Résultats 2025-2026
La société Claranova (Euronext Growth Paris : FR0013426004 – ALCLA), « pure player » dans l’édition de logiciels a notamment indiqué les éléments suivants
« Pour l’exercice 2025-2026 (juillet 2025 – juin 2026), premier exercice complet après l’achèvement de son recentrage sur l’édition de logiciels SaaS, dans un contexte de repli du chiffre d’affaires, concentré sur la composante publicitaire des Utilitaires et sur la Photo, le Groupe améliore sa marge opérationnelle à 21,7 % contre 20,4% l’année passée, dégage un résultat net positif de 4,3 M€ et maintient son endettement net hors frais d’emprunt à 44,6 M€ tout en réduisant son endettement opérationnel de plus de 50%. Les activités Document/PDF et la composante Software d’Utilitaires progressent ; les ventes B2B sont en hausse de 11 % et leur part atteint 5,9 % du chiffre d’affaires, contre 4,5 % en 2024-2025. La part des revenus récurrents atteint 83 %, contre 75 % l’année passée.«
Retour sur les dernières actualités et la stratégie de l’entreprise avec Éric Gareau Directeur Général de Claranova :
Didier Testot : Éric Gareau, bonjour. Vous êtes le Directeur Général de Claranova, vous n’êtes présenté vos résultats annuels. On va parler avec vous également des perspectives. Qu’est-ce qui était important sur cet exercice pour Claranova en termes de réalisation selon vous ?
Éric Gareau : Bonjour Didier. L’année 2026 a été une année de transition. Donc lorsqu’on regarde, c’est vraiment une année de transition engagée sur le fait que nous sommes aujourd’hui un pure player du soft. L’an dernier au 30 juin, nous avons annoncé la cession de Planet Art, et cette année en cours d’année, en fait au 30 octobre, nous avons vendu les activités non-core. Cela a déjà bien amorcé cette transition pure player. De l’autre côté, il y a vraiment eu un investissement tourné sur le B2B cette année : on a fait un investissement important sur l’organisation, on a embauché des gens dans l’équipe commerciale, on a travaillé des programmes avec les partenaires revendeurs, et on a aussi allégé l’organisation. Donc vraiment, c’est cela et l’investissement produit dans l’IA qui ont caractérisé cette année 2026.
Didier Testot : Avec vous sur les produits, vous avez montré différents produits et donc une stratégie spécifique compte tenu aussi de l’évolution de ce marché. Est-ce que vous pouvez l’expliquer ?
Éric Gareau : Oui, absolument. En fait, cette année l’investissement a été fait sur l’IA et sur la brique techno documentaire. Lorsqu’on regarde la transformation du marché, on a une expertise documentaire de plus de 20 ans avec notre propre technologie, mais on voit aujourd’hui avec l’IA que cela ouvre de nouvelles portes et des opportunités pour aller plus loin. En fait, les clients aujourd’hui nous disent : « Les LLM c’est bien, mais la gouvernance et la souveraineté de la data, c’est important ». On réussit très bien dans des industries réglementées. La différence pour nous, c’est que nous avons des solutions headless qu’on déploie en local chez les clients, en y mettant notre propre couche d’intelligence et nos couches technologiques. Cela leur permet d’adresser plusieurs cas d’usage, de gérer des flux d’informations, de nourrir d’autres systèmes et, après, d’exploiter la data avec des règles business puissantes qui sauvent du temps et créent des opportunités d’affaires pour nos clients. C’est comme ça qu’on regarde l’évolution de nos solutions.
Didier Testot : Vous parliez de l’intelligence artificielle, avec un impact net sur tout ce qui se passe sur le web, pour faire simple. Ces outils, ces ChatGPT et autres Gemini qui rajoutent de la publicité… cette évolution publicitaire impacte, donc il faut s’adapter à ce nouveau mouvement ?
Éric Gareau : Absolument, nous l’avons vu cette année. On le sait, on a des résultats qui ne sont pas exactement comme on les attendait, on n’est pas satisfaits. Par contre, globalement, si on regarde, on a deux secteurs qui ont très bien performé dans cette vague de changements : le document et les utilitaires sous abonnement ont très bien performé. Le secteur de la publicité proprement dit a été un secteur plus compliqué, car les utilisateurs ont aujourd’hui d’autres choix, dont les LLM qui, jusqu’à tout récemment, n’offraient pas de possibilités de monétisation pour des sociétés comme la nôtre. Tout cela tend à changer. J’ai expliqué un peu plus tôt qu’une société comme Google vient tout juste d’offrir la possibilité à des annonceurs de placer de la publicité dans les résultats et dans la discussion avec Gemini. ChatGPT a lancé sa plateforme ChatGPT Ads. Donc on voit les changements dans l’industrie. Évidemment on se tient très proches, on est déjà en train de faire des investissements et des tests, et on pense effectivement que cela va nous donner une possibilité différente de parler à de nouveaux utilisateurs sur les années à venir.
Didier Testot : Vous avez évoqué aussi un partenariat, notamment avec Vertosoft. En quoi c’était important ce type de partenariat, puisque là vous êtes en direct sur ce partenariat par rapport aux clients ?
Éric Gareau : Oui, tout à fait. On sait que les secteurs publics, et dont entre autres le secteur public américain, sont de très gros marchés. Vertosoft est un des acteurs privilégiés aux États-Unis qui a la possibilité de vendre à ce qu’on appelle le SLED (les États, le secteur de l’éducation et le local). Ces derniers doivent généralement passer par des offres de prix et avoir une offre concurrentielle. Tout ça, maintenant, avec Vertosoft, ce n’est plus le cas : on peut vendre en direct à ces clients-là, et ça c’est une opportunité incroyable de croissance pour nous.
Didier Testot : On a entendu aussi, du côté des investisseurs présents, des questions sur My Devices. Qu’est-ce que vous pouvez en dire en ce mois d’octobre ?
Éric Gareau : Ben écoutez, ce qui est intéressant avec My Devices évidemment, c’est que les discussions se poursuivent, mais je vais aller plus loin, elles se sont activées. Donc dans les derniers mois, effectivement, on a eu des discussions plus intéressantes qui convergent de plus en plus vers, évidemment, l’objectif qu’on s’est donné de céder My Devices. Aujourd’hui, je vais m’en tenir à ça, mais disons que les discussions progressent et elles progressent bien.
Didier Testot : Beaucoup de questions également sur la dette, que ce soit Cheyne ou d’autres. Vous avez répondu sur un sujet en disant « on essaie de trouver la meilleure solution, donc pas forcément le taux le plus bas ». Expliquez aux investisseurs, justement, qu’est-ce que vous êtes en train de faire sur ce sujet-là ?
Éric Gareau : Écoutez, pour nous, c’est important de trouver l’équilibre en fait entre une dette qui sera amortie et une portion qui sera in fine. Pourquoi ? Parce qu’on veut être en mesure, évidemment, de désendetter le groupe année sur année, mais on veut aussi être en mesure de faire de la croissance et d’avoir la capacité de faire des investissements marketing pour soutenir cette croissance-là. On veut se retrouver à un équilibre qui nous permettra d’avoir un bon taux, un taux concurrentiel, mais aussi de la flexibilité. C’est-à-dire de prendre une partie de la trésorerie pour non seulement servir la dette et payer les intérêts (se désendetter en diminuant la portion capitale), mais aussi avoir une portion de notre cash-flow pour investir sur la croissance du business. C’est ce qui fait que cet équilibre fait en sorte qu’on ne cherche pas nécessairement le meilleur taux, on cherche le bon taux avec les bons prêteurs pour nous permettre de construire l’avenir.
Didier Testot : Mais vous avez dit aussi, peut-être, un élargissement justement côté recherche, pas simplement France, pour trouver d’autres partenaires pour ce sujet-là.
Éric Gareau : Tout à fait, on a changé notre approche. Évidemment, de pouvoir travailler avec un aviseur sur la dette, c’est important pour nous, ça ouvre les horizons. Dans une portion amortissable, on croit qu’un syndicat bancaire français est tout à fait possible, mais on ouvre la porte. C’est-à-dire qu’on discute avec des banques qui sont présentes en France mais qui ne sont pas nécessairement françaises, et également, dans d’autres cas, avec des asset managements et des fonds de dette. Donc il y a d’autres types de prêteurs potentiels, et c’est pour ça qu’on a élargi ces discussions-là à un plus grand groupe pour améliorer évidemment le produit et la structuration de la dette au final.
Didier Testot : Pour terminer, vous avez aussi donné des perspectives à moyen terme. Vous avez donné des perspectives de chiffre d’affaires, aussi de rentabilité. Vous avez mis un peu en avant la rentabilité en disant « on va avoir cette rentabilité-là ». C’est important, je dirais, dans le contexte actuel ?
Éric Gareau : C’est important, absolument. On le voit, on a vu une amélioration de nos marges. Si on enlève l’effet en fait de la cession de l’activité d’Avanquest North America, on reste dans des marges qui sont très très healthy (saines) : on parle de 22,8 % cette année, l’an dernier on était à 22,9 %. Évidemment c’est important parce que c’est un des éléments qui est considéré par les prêteurs. Cette année, on a aussi un point qui est hyper important : c’est cette capacité à avoir réduit de façon importante (plus de 50 %) notre dette opérationnelle. Lorsqu’on regarde globalement notre capacité à se refinancer et également la capacité à faire de la croissance, le fait qu’on soit une organisation qui dégage plus de 20 % de marge (donc profitable) et avec un bon cash-flow, évidemment, ça nous met dans une meilleure situation pour réaliser nos deux objectifs.
Didier Testot : Merci Éric Gareau d’avoir été avec nous.
Éric Gareau : Didier, c’est un plaisir. Merci.
Résumé des principaux points développés par Éric Gareau (Tous droits réservés 2026 www.labourseetlavie.com)
Transformation en Pure Player Logiciel : L’année 2026 a validé la transition de Claranova vers un modèle 100 % SaaS, marquée par la cession de ses activités non-core (Planet Art, Avanquest Amérique du Nord) et par des investissements massifs dans le B2B.
Intelligence Artificielle et Souveraineté des Données : Le groupe intègre l’IA à ses solutions documentaires tout en répondant aux enjeux de sécurité de ses clients via une approche locale (headless), particulièrement prisée par les secteurs très réglementés.
Adaptation aux nouveaux usages Web : Face à l’arrivée des LLM (ChatGPT, Gemini) qui captent une partie des requêtes et bousculent le marché publicitaire classique, Claranova teste activement de nouveaux formats (comme ChatGPT Ads) pour relancer l’acquisition d’utilisateurs.
Levier de croissance aux États-Unis : Le partenariat avec Vertosoft permet à Claranova d’adresser directement le marché public et éducatif américain (SLED) en s’affranchissant des lourdeurs liées aux appels d’offres.
Stratégie de désendettement équilibrée : Claranova négocie activement le refinancement de sa dette avec un périmètre de prêteurs élargi à l’international (banques, fonds de dette). L’objectif est d’obtenir un mix flexible (amortissable et in fine) permettant de rembourser le capital tout en préservant du cash-flow pour la croissance.
Cession de My Devices : Les discussions autour de la vente de la filiale IoT se sont accélérées et avancent positivement.
La société Claranova vous intéresse, retrouvez toutes les interviews déjà diffusées sur la Web TV www.labourseetlavie.com, la première base de données en vidéos avec les dirigeants de sociétés cotées, via le lien direct suivant : Vidéos Claranova










