Interview Philippe Lazare Pdg Ingenico.
Oddo Midcap Forum 2014 : Stratégie et perspectives d'Ingenico

13 janvier 2014 9 h 34 min
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La Web Tv partenaire du Oddo Midcap Forum 2014 : Stratégie et perspectives d’Ingenico.

Avec notre invité Philippe Lazare Pdg Ingenico, nous évoluons les marchés de l’entreprise spécialisée dans les moyens de paiements (terminaux…), mais aussi l’évolution des technologies (mobile, paiement sans contact…), et les développements du groupe.

Web TV www.labourseetlavie.com : Philippe Lazare, bonjour. Vous êtes le Pdg de Ingenico, nous sommes avec vous au Oddo Midcap Forum à Lyon où vous rencontrez des investisseurs. Vous devez, aujourd’hui, je dirais, avoir un bon retour des investisseurs puisque vous, vous êtes, vous avez relevé vos prévisions, vos perspectives, qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que clairement l’activité dans vos différents métiers est là  aujourd’hui ?

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico : L’activité est là et cela résulte de deux phénomènes différents, en tout cas de deux décisions stratégiques différentes. La première, c’est à l’horizon d’il y a maintenant à peu près… plus exactement en regardant en arrière, il y a sept ou huit ans, on a pris la décision de sortir de notre univers traditionnel en termes de géographie pour aller chercher la croissance là où elle est, c’est-à-dire que l’on a fait des acquisitions en Chine, on a pris des parts de marché assez significatives au Brésil, on a pris des parts de marché importantes plus récemment cette fois-ci en Indonésie, on est un acteur en Russie, et donc on bénéficie de l’effet « BRIC » qui, çà et là, est considéré comme étant moins booster qu’il y a quelques années, mais enfin on se contente quand même de cela, on arrive à vivre avec, alors ça c’est la première partie. La deuxième partie, enfin la deuxième grande catégorie que nous réalisons qui explique notre croissance, c’est d’abord une politique produit basée sur un operating system unique qui s’appelle Telium qui résulte de l’acquisition de Sagem Monetel en 2008, qui nous a amené un avantage technologique. Et puis, la troisième grande catégorie de décisions, c’est notre stratégie multi-canal qui s’est traduite par l’acquisition d’Easycash en Allemagne en 2009, et plus récemment l’acquisition d’Ogoine qui est un des leaders en matière de paiement sur Internet, tout à fait début 2013. Donc c’est la combinaison géographique, gamme de produits, stratégie de positionnement dans l’univers des transactions qui fait aujourd’hui que Ingenico marche bien.

Web TV www.labourseetlavie.com : Ingenico, on pourrait dire, on est en pleine période de soldes, il y a beaucoup de gens peut-être qui ne savent pas qu’ils passent par un terminal de paiement Ingenico en payant par carte, qu’est-ce qui a le plus changé justement sur cette technologie puisque l’on a l’impression aujourd’hui quand on utilise ce type de terminal que on met sa carte, on fait son code, cela a l’air simple, mais qu’est-ce qu’il y a derrière au niveau technologique qui a le plus évolué pour vous ?

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico : Ce qui évolue en permanence, ce sont les exigences de sécurité. C’est un métier qui est extrêmement normé c’est-à-dire que la partie visible de l’iceberg qui est, soit un site Internet avec une solution de paiement qui peut être « brandé » Ogone ou d’ailleurs « brande » au nom du commerce en lui-même, ou que ce soit à travers les terminaux de paiement dans l’univers physique, ce qui change en permanence, c’est l’exigence de sécurité c’est-à-dire la capacité à sécuriser une transaction, la capacité à protéger vos données personnelles, vous en tant que porteur de cartes, la capacité à protéger le commerçant des éventuelles fraudes, donc cet univers-là change en permanence. Ensuite, ce qui a changé aussi, c’est la capacité à payer avec des cartes sans contact dans un certain nombre de pays, peu en France, on pense que cela va se développer, mais nos terminaux sont prêts à cela, à payer aussi à travers des terminaux qui sont la transformation d’un smartphone en terminal de paiement. Donc il y a beaucoup d’innovations technologiques, mais les grands fondamentaux de ce métier sont très solides c’est-à-dire que vous avez des émetteurs de cartes qui sont des établissements extrêmement solides, vous avez les consommateurs qui ont une exigence de sécurité, vous avez les commerçants qui ont eux aussi une exigence de sécurité et une autre exigence qui de pouvoir être payé par n’importe quelle carte qui se présente en face d’eux, et puis vous avez ceux qui font l’acquisition des transactions c’est-à-dire les banques qui ont aussi un rôle à jouer. Donc beaucoup de changements finalement assez peu visibles du grand public, mais très structurants, qui font que aussi, c’est une des raisons pour lesquelles Ingenico est devenu un acteur significatif, c’est que l’on sait répondre à ces différents challenges et ambitions.

Web TV www.labourseetlavie.com : On pourrait dire qu’aujourd’hui vos principaux revenus viennent de ces terminaux de paiement, sur la partie on line, en ligne, on parle aussi de ces soldes, on pourrait dire qu’il y a eu aussi beaucoup de e-commerce qui s’est développé, sur ce marché-là, vous êtes aussi assez fort justement parce que là on voit plein d’initiatives, on a l’impression que cela foisonne de nouvelles technologies, nouvelles idées ?

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico : Vous avez raison, l’essentiel de nos revenus vient du hardware, des terminaux de paiement traditionnel, ceci étant, la partie qui vient d’autre chose que du terminal de paiement représente de l’ordre de 30 % c’est-à-dire que si l’on ajoute les opérations autour du hardware, la maintenance, etc., plus le down loading c’est-à-dire le téléchargement de nouveaux applicatifs ou de nouvelles solutions de sécurité sur les terminaux, plus l’activité transactionnelle à proprement parler, donc grosso modo Easycash plus notre solution France, qui s’appelle axis, plus Ogone, qui est notre dernière acquisition, cela représente quand même 20 % d’un chiffre d’affaires qui ne cesse de croître, donc les chiffres, les valeurs absolues des chiffres commencent à être quand même assez significatives. Donc nous, l’essentiel de notre stratégie aujourd’hui, elle est précisément d’amener aux commerçants des solutions pour pouvoir être payé dans leurs propres stratégies multi channels. Je prends un exemple, vous commencez à faire un achat sur Internet et puis vous allez le finir dans une boutique. Dans cette boutique, vous allez prendre livraison du produit que vous avez acheté sur Internet, vous allez vous apercevoir que ce n’est pas exactement cela que vous vouliez, vous allez vouloir vous faire rembourser, etc.. Toute cette complexité qui est « complètement maîtrisée » dans une boutique traditionnelle, elle devient extraordinairement plus compliquée quand vous commencez à faire une transaction sur Internet et que vous la finissez dans l’univers physique, sans même parler de paiement mobile parce que on peut imaginer aussi d’en faire un morceau à la maison avec quelqu’un qui viendrait à être payé à domicile. Donc le positionnement d’Ingenico c’est un simplificateur pour les solutions de paiement électronique pour les marchands, voilà, pour faire simple, d’où les différentes acquisitions successives qui nous ont amené les briques technologiques et les savoir-faire qui nous permettent aujourd’hui, on a peut-être l’outrecuidance de penser que l’on est quand même une ou peut-être la seule société à avoir cette couverture et ce spectre-là.

Web TV www.labourseetlavie.com : Vous avez parlé en introduction des pays émergents, quand on connaît l’histoire Ingenico, on peut aussi se poser la question sur les États-Unis où c’est pour l’instant faible en termes d’activités pour vous, mais maintenant on sait bien que ne pas être aux États-Unis, en tout cas ne pas être très, très fort aux États-Unis, cela paraît impossible, donc à terme vous devrez effectivement avoir cette stratégie et ce développement aux États-Unis, comment il va pouvoir se passer pour vous ?

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico : En fait, en réalité, ce n’est pas à terme, le sujet est maintenant puisque on a… c’est une période qui est assez largement postérieure à la période où j’ai pris la direction d’Ingenico puisque cela doit être Jean-Jacques Poutrel, le fondateur lui-même, qui avait l’acquisition d’une société qui s’appelait IVI Checkmate qui était un assez gros fournisseur de solutions de paiement électronique en boutique aux États-Unis, donc on a capitalisé sur cette acquisition. Quand on a fait l’acquisition de Sagem Monetel, il a fallu repartir de zéro parce que ce n’était pas les mêmes operating system, donc il a fallu refaire les processus de certification, et aujourd’hui, enfin cette année, on a une très, très belle croissance, de mémoire, supérieure 30 ou 35 % sur les États-Unis faisant de nous très clairement le N° 2 sur le marché américain, N° 2 plus petit que le N° 1 qui est VIPhone mais il n’empêche que on commence à exister. On a deux types d’activités aux États-Unis, une activité basée à Boston autour du paiement mobile qui s’appelle Roam, comme le roaming, Roam Data et qui fournit des solutions de paiement mobile au sens qu’il peut permettre de transformer le Smartphone que vous avez dans la main en terminal de paiement au travers la jonction d’un lecteur externe, et on a une activité plus traditionnelle qui est basée à Atlanta, dans laquelle on a plusieurs centaines de salariés, qui travaille à la définition et à la mise sur le marché des solutions de paiement électronique, des terminaux de paiement électronique pour la grande distribution et pour le petit commerce organisé aux États-Unis, et on a eu cette année de très belles satisfactions. On avait dit que l’on souhaitait doubler notre part de marché aux États-Unis en trois ans, on est à mi-parcours, et je pense que l’on va le faire.

Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté des perspectives, on rencontre ici beaucoup de PME, on peut dire qu’Ingenico c’est une PME de croissance. Il y a des opportunités, des risques aussi, on voit cette technologie qui évolue très vite, pour vous, pour un investisseur, un actionnaire qui s’intéresse Ingenico, vous lui donnez des perspectives à moyen terme, compte tenu justement de ce nouveau positionnement, de ces nouveaux marchés que vous avez évoqués ?

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico : Oui, on s’est adressé au marché des investisseurs, et d’ailleurs au marché tout court, au tout début de l’année 2013, où nous avons donné un certain nombre, non pas de prévisions, mais d’ambitions. Alors on a une ambition de chiffre d’ affaires que l’on a estimé à 1,800 milliards à l’horizon de 2016, un niveau de profitabilité que l’on a estimé pas inférieur à 20 % exprimé en termes d’ebitda, on est parfaitement en ligne avec cet objectif. L’année 2013… On a procédé cette année à des investissements, donc il y aura un petit exercice de comparable à faire, mais on aura une croissance très significative, qui est de très belle qualité. Ce que je peux dire aux investisseurs qui s’interrogeraient sur Ingenico, c’est que on est probablement sur un des secteurs qui est « un peu favorisé par la crise ». Pourquoi ? Parce que, s’agissant de la consommation, les consommateurs ont plutôt tendance à payer par carte pour éviter… pour avoir du débit différé, et éviter les découverts en banque, et on voit à travers nos outils de processing que le montant des transactions payées par carte est un montant finalement qui ne cesse de diminuer en valeur parce que les gens ont plutôt tendance à utiliser le paiement électronique que le paiement en cash. Deux, les états au sens large ont tout intérêt à avoir une économie électronique parce que c’est une économie qui permet de générer du paiement de la taxe. Je prends pour exemple ce que l’on a fait en Turquie où on a développé, à la demande du gouvernement turc, une solution d’un terminal de paiement qui embarque une mémoire fiscale qui permet de garantir que l’État turc sera capable de prélever le bon montant de TVA sur la transaction, c’était vrai en Chine aussi historiquement. Donc, on est… alors je ne sais pas si le mot  crise a beaucoup de sens, mais on est plutôt un paiement vertueux. On est dans l’univers du paiement vertueux puisque on est une substitution au cash, et qu’évidemment le cash, pour des raisons que je ne commenterai pas, est moins générateur de revenus que le paiement électronique. Donc moi, voilà ce que je peux dire aux investisseurs qui s’interrogent, on est une société mondiale, on vend nos produits dans 140 pays, on a 39 ou 40 filiales, on a un équilibre sur lequel on travaille pour avoir un équilibre entre les transactions dématérialisées et puis le paiement en boutique, les choses se développent bien, on a une politique d’acquisitions, d’intégration qui marche pas mal, on est très exposé aux émergents, on peut dire que cela croît moins vite… Bref on s’en contente. Le Brésil est le premier pays du groupe en termes de contribution aux revenus, le troisième pays du groupe est la Chine, les deux premiers plus gros clients du groupe sont des Brésiliens… Vous voyez, je veux dire… moi je pense qu’il y a un message à faire passer, c’est qu’Ingenico, par ses stratégies successives, s’est mis en position de capturer la croissance là où elle est, géographiquement et technologiquement.

Web TV www.labourseetlavie.com : On suivra cela. Merci Philippe Lazare d’avoir était avec nous, PDG d’Ingenico.

Philippe Lazare, Pdg de Ingenico :  Merci à vous

 

© www.labourseetlavie.com. 13 janvier 2014. Tous droits réservés.

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