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Marc Le Bozec Directeur Financier Cellectis
Accord avec la Caisse des Dépôts et perspectives
Cellectis : Accord avec la Caisse des dépôts
Résumé de l'interview
Vidéo Cellectis : Accord avec la Caisse des dépôts.
La société Cellectis vient de signer un accord avec la Caisse des Dépôts (CDC), qui va entrer à hauteur de 25% dans le capital d'une de ses filiales. Une opération qui doit lui permettre de développer une banque de cellules souches à usage industriel.
L'occasion pour nous de revenir sur la stratégie de l'entreprise et ses perspectives avec Marc Le Bozec Directeur Financier Cellectis.
Pour l'actualité financière sur la société : Cellectis.
Web TV www.labourseetlavie.com : Marc Le Bozec, bonjour, vous êtes le Directeur Financier de Cellectis. On va revenir avec vous sur votre dernière actualité puisque vous avez annoncé un accord avec la Caisse des Dépôts pour un des projets qui vous tient particulièrement à cœur. On reviendra bien entendu également sur vos résultats qui ont été publiés il y a quelques jours et puis nous parlerons ensemble des perspectives. Si on revient sur l'accord avec la Caisse des Dépôts donc pour un développement industriel de cellules souches IPS, vous allez nous dire ce qu'il y a derrière cet accord, en quoi il peut changer je dirais l'avenir de Cellectis ?
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Alors l'avenir de Cellectis au sens large ne dépend pas que de cet accord-là puisque Cellectis est un jeune groupe de sciences de la vie en construction. Nous avons aujourd'hui quatre filiales d'application de notre technologie générique et celle qui nous préoccupe aujourd'hui est centrée sur les cellules souches induites qui est une nouvelle technologie qui est en train d'émerger. Je vais vous en dire deux mots.
Alors qu'est-ce que ça change ? Et bien ça change que on dote cette filiale de fonds propres significatifs à concurrence de 12 millions d'euros, ce qui va nous permettre d'accéder à d'autres types de financements, en tout cas on postule pour près de 25 millions d'euros de financements autres, on aura la réponse d'ici la fin de l'année, et ça va nous donner d'entrée, dès cette année, sachant que cette société a été créée en juin 2009, une dimension européenne. Donc on devrait avoir une cinquantaine de collaborateurs à la fin de l'année prochaine, ce qui dans le monde des sciences de la vie est déjà une taille significative.
Alors à quoi ça correspond ? En fait jusqu'à maintenant on travaillait sur des cellules souches qui sont les premières cellules de la vie ou qui sont encore présentes dans le corps adulte, par exemple pour fabriquer du sang, et c'était très difficile d'y accéder.
Jusqu'à maintenant on y accédait par des embryons surnuméraires pour la fécondation in vitro ou par du sang de cordon ombilical. Et en 2007 un chercheur japonais Shinya Yamanaka à l'université de Kyoto a mis au point des cellules souches à partir de cellules adultes, c'est ce qu'on appelle les cellules souches induites, les IPS en anglais. Nous avons signé la première licence sur les IPS à la fin de l'année 2010 dans le cadre de notre filiale d'application qui s'appelle Ectycell et nous venons de conclure une augmentation de capital avec la Caisse des Dépôts et Consignations qui est l'un des acteurs, si ce n'est l'acteur de référence en France, et l'un des acteurs de référence en Europe, pour le financement d'entreprises au sens large. Donc c'est une très très très bonne nouvelle pour notre entreprise, pour notre Groupe.
Web TV www.labourseetlavie.com : Donc ça vous donne des moyens supplémentaires ? Ça vous donne les moyens aussi de mettre en place les processus industriels ?
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Voilà c'est-à-dire que cette technologie fonctionne à petite échelle. Notre technologie ajoutée à celle-là va permettre de faire un certain nombre de choses et notamment le changement d'échelle. C'est ça l'enjeu. Pourquoi ? Parce que faire quelques cellules souches à partir de vos cheveux, à partir de votre peau, ça a un intérêt limité, ça a un intérêt de recherche, et nous ce que l'on veut faire, ce qu'on veut en faire, ce sont des applications industrielles. Donc il y a deux types d'applications industrielles, la première c'est d'en faire un outil de crible pour trouver de nouveaux médicaments. Donc on va constituer une banque, et on a commencé à constituer une banque, de cellules souches de milliers de personnes, et ensuite pouvoir dériver des cellules adultes à partir de ces cellules souches pour L'Oréal, pour des cellules de peau par exemple de milliers de personnes différentes dont on connaîtra le parcours médical, ce qui permettra de faire des essais de nouveaux produits, de médicaments, de produits thérapeutiques ou de produits cosmétiques, in vitro en s'affranchissant pour l'essentiel des essais sur des animaux. Et surtout, ce qui est le plus important, c’est en accédant très tôt dans le développement à la diversité génétique parce qu'on se rend compte en réalité que beaucoup de médicaments ont des effets secondaires indésirables sur une toute petite fraction de la population, mais on ne peut le voir finalement qu'après 10 ans de développement, 15 ans de développement, lorsqu'on accède aux phases ultimes des essais cliniques. Donc ça c'est la première application.
Et la deuxième application, c’est l’application thérapeutique, et le projet qui me tient à cœur c’est de fabriquer des globules rouges en grande quantité grâce à ces cellules souches induites. Alors on a annoncé il y a quelques jours un accord avec l'établissement français du sang qui a le monopole en la matière, en matière de collecte et de transfusion sanguine. Et l'idée c'est que nous allons fabriquer, en tout cas tenter de fabriquer des globules rouges à grande échelle. On est encore une fois capable de le faire à petite échelle et en ajoutant la technologie de Cellectis, on espère dans les trois années qui viennent être capable de produire ça à grande échelle.
Web TV www.labourseetlavie.com : Si l'on revient effectivement après ces annonces sur les résultats, il y avait eu une perte compte tenu peut-être des développements, de ce que vous avez fait jusqu'à maintenant comme parfois beaucoup de biotech, on a un peu du mal à y voir sur les résultats entre les aides ce qu'il y a, est-ce que ce qu'on vient d'évoquer ensemble change la donne effectivement de ce point de vue-là ou est-ce qu'il y a encore plusieurs mois, plusieurs années de recherche ?
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Oui, alors la technologie de Cellectis a émergé en 2006, ça nous a amené en bourse en 2007 pour augmenter notre capacité de production. Aujourd'hui on est dans une phase de développement de produits, ce qui nous a amené à créer des filiales d'application. À l'évidence on va encore être déficitaire au moins pour un exercice, peut-être pour encore un deuxième exercice. Notre objectif à l'introduction en bourse en 2007, c'était d'être à l'équilibre à moyen terme, donc notre horizon c'était 5 ans globalement. Donc on est à peu près en ligne avec notre objectif. On a une position de fonds propres qui est satisfaisante par rapport à ça et on ne sera amené à relever de l'argent que si, et seulement si, on fait une acquisition importante. On a fait une acquisition l'année dernière aux États-Unis, on a pu le faire sur nos fonds propres. Donc l'horizon de rentabilité de la société, de profitabilité de la société et du Groupe globalement, c’est 2012 ou 2013 et le renforcement des fonds propres ne viendra que dans l'hypothèse d'une acquisition.
Web TV www.labourseetlavie.com : En même temps on imagine qu'il faut aussi en termes d'organisation beaucoup évoluer entre le Cellectis du début, de l'introduction, et aujourd'hui avec tous ces accords que vous signez, ça veut dire qu'il faut aussi quelque part organiser ce nouveau groupe qui est en train de se dessiner là ?
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Absolument c'est un gros défi en fait. C'est-à-dire qu'on passe d'une entreprise de technologies à une entreprise de produits, donc ce ne sont pas forcément les mêmes profils de personnes. Il nous faut plus des ingénieurs aujourd'hui que des docteurs ès sciences comme il nous en fallait avant. On a gardé une activité de Recherche & Développement très forte, enfin de recherche amont même très forte au sein de Cellectis. Et puis il faut structurer l'activité Corporate de l'entreprise, les fonctions support, le juridique, la propriété intellectuelle, la finance, c'est ce que nous sommes en train de faire.
Web TV www.labourseetlavie.com : Du côté des perspectives, pour vous c'est difficile de raisonner à un an, à trois mois, à six mois ou vous avez quand même …
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Trois mois, six mois, ça n'a pas de sens. Il faut raisonner à trois ans, raisonnablement il faut raisonner à trois ans et on voit que les perspectives sont très favorables. L'enjeu si vous voulez c'est que notre technologie fonctionne à petite échelle sur beaucoup d'applications, c'est vrai dans les plantes, c'est vrai dans la production de médicaments, c'est vrai dans les cellules souches, et l'enjeu ça va être dans les trois prochaines années de vraiment passer à l'échelle industrielle. Tous les paris ne seront pas gagnés, on en a bien conscience, en revanche on a une palette des possibles qui est extraordinairement large, ce qui fait qu'on a une très très grande confiance en l'avenir.
Web TV www.labourseetlavie.com : En conclusion peut-être, quand on regarde le cours de bourse sur les dernières années, on a l'impression que c'est un peu les montagnes russes, comme parfois beaucoup de biotech, on va très haut et puis ensuite il y a peut-être telle ou telle déception ou telle annonce qui …, il va falloir s’habituer à ça jusqu'à ce que effectivement on ait ce processus industriel qui fonctionne ?
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Alors je ne le souhaite pas. Je ne souhaite pas que les montagnes russes continuent, je ne pense pas non plus qu'on ait atteint, loin s'en faut, les sommets de notre titre. Évidemment quand on compare au marché américain, on est très en dessous en termes de valorisation. Nous on a un seul concurrent dans le monde, il est actuellement valorisé 300-400 millions de dollars, il était valorisé 1 milliard avant la crise. Donc on est, nous, avec cet objectif-là en tête à horizon 3-4-5 ans. Maintenant encore une fois vous comprenez bien qu'on est aujourd'hui dépendant des cycles économiques, macro-économiques, lorsque l'on a vu le cours baisser de 15 à 4 euros, on n'a pas fait de mauvaises annonces, on n'a pas annoncé de choses qui n'étaient pas en ligne avec nos objectifs. Donc là on est complètement tributaire du contexte macro-économique. Reste que on a probablement des perspectives quasiment uniques en Europe dans notre secteur, dans le secteur des sciences de la vie, parce qu'on a cette technologie générique qui permet de changer d'ADN et qu'elle va délivrer à l'évidence ses résultats dans les prochaines années. Donc on est très très confiant dans l'avenir oui.
Web TV www.labourseetlavie.com : Eh bien écoutez on suivra ça. On aura l'occasion d'en reparler ensemble. Merci Marc Le Bozec, on rappelle que vous êtes le Directeur Financier de Cellectis.
Marc Le Bozec, Directeur Financier de Cellectis : Merci à vous.
©www.labourseetlavie.com 6 avril 2011.Tous droits réservés.
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