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05/07/2011 - 2493 vues

Guillaume Sarkozy Délégué Général Malakoff Médéric

Interview sur les résultats de la société et l'actualité économique et sociale (cotisations retraites)

Malakoff Médéric : résultats et perspectives

Résumé de l'interview

Actualités Retraites : la durée de cotisations pour bénéficier de sa retraite à taux plein va augmenter pour les personnes nées après 1955.

Retour sur cette actualité et les perspectives du groupe Malakoff Médéric. Guillaume Sarkozy Délégué Général Malakoff Médéric revient sur l'année 2010, la stratégie du groupe paritaire spécialiste de la protection sociale et ses perspectives dans un environnement économique et concurrentiel évolutif.

Web TV www.labourseetlavie.com : Guillaume Sarkozy, bonjour, vous êtes Délégué général du groupe Malakoff Médéric. On va revenir avec vous sur vos résultats qui ont été publiés récemment et puis sur l’évolution de votre stratégie, alors en pleine actualité sur les retraites puisqu’on a appris aujourd’hui même que effectivement les cotisations, la durée des cotisations allait augmenter, effectivement un allongement de la durée des cotisations, on sait déjà que l’âge de la retraite a été reculé à 62 ans. Si l’on revient juste sur cette mesure, est-ce que ça a un impact direct sur votre activité, sur la future activité de Malakoff Médéric ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Nous, nous avons deux métiers : un métier, celui que vous évoquez où nous sommes délégataires de services d’intérêt général pour payer, pour gérer les retraites AGIRC et ARRCO. Nous gérons environ un cinquième du régime AGIRC et ARRCO. Donc, oui, ça a un impact, pas directement sur nos résultats, nous avons là une fonction administrative et donc le COR (Conseil d’orientation des retraites) et le Ministre ont estimé que pour participer à une amélioration de l’équilibre, il fallait, oui, augmenter d’un semestre la durée de cotisation.

Web TV www.labourseetlavie.com : Ça veut dire typiquement que on s’installe effectivement pour les salariés sur peut-être une nouvelle manière d’aborder ces questions de retraite, il va falloir envisager ça différemment, préparer plus tôt sa retraite ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Oui, une nouvelle manière. Je crois que la retraite ça doit se préparer toute sa vie, on n’avait pas cette culture-là d’abord on était habitué à des retraites dans le passé qui étaient peut-être confortables. Aujourd’hui les besoins d’équilibre font qu’il faut gérer sa perspective de retraite presque dès le départ et nous, c’est une évolution de notre métier. Nous entrons dans ce métier en disant : nous, nous gérons la retraite complémentaire par répartition qu’il faut sacraliser, mais par ailleurs notre métier c’est aussi de vous conseiller, de trouver d’autres solutions pour aller plus loin si vous en avez envie parce que probablement vous en aurez besoin.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, on reviendra peut-être sur les produits retraite puisque effectivement c’est pas forcément un univers très facile à aborder. Si l’on revient un instant sur vos résultats, sur cette année donc qui s’est écoulée, on pourrait être étonné presque de voir que le chiffre d’affaires ne progresse que de 0,9 %, les résultats sont en progression mais il y a eu des éléments exceptionnels, comme disent les spécialistes, mais finalement on a une faible croissance. Pourquoi il y a une croissance de 0,9 ? Peut-être pour vous est satisfaisant mais …

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Oui, mais moi je suis pas inquiet du tout par la faible croissance du chiffre d’affaires qui provient avant tout d’éléments exceptionnels qui étaient apparus lors de la fusion que nous avons faite entre Malakoff et Médéric et donc l’activité croît, l’activité récurrente, l’activité courante croît de manière satisfaisante. Il faut aussi noter qu’aujourd’hui il y a une course à la baisse des prix sur le marché et que notre stratégie n’est pas de suivre cette course de manière aveugle mais plutôt de dire à nos clients : nous vous proposons un deal, un contrat, un accord sur le long terme. Nous, nous gérons les dépenses, nous voulons gérer les dépenses de santé, nous voulons inventer, nous voulons contribuer à inventer un nouveau métier qui va être d’avoir une protection sociale juste et équitable, c’est-à-dire qu’aujourd’hui la question va être : comment est-ce qu’on fait pour améliorer la santé, améliorer les conditions de la santé, les prix de la santé, le reste à charge, la qualité des soins. C’est notre nouveau métier.

Web TV www.labourseetlavie.com : Ça veut dire que la guerre des prix, elle est sur les propositions de prix ou sur les frais de gestion, sur un ensemble de données ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : On voit malheureusement qu’il y a une guerre des prix, vous savez le marché il est suréquipé, le marché de la complémentaire santé est équipé à 92 % en France. Donc les acteurs se font une concurrence très très forte, ce qui est bénéfique au consommateur, mais qui n’est pas bénéfique lorsque les acteurs jouent à perte. Nous, nous ne voulons pas entrer dans ce jeu-là, au contraire nous travaillons sur le moyen terme en disant à nos clients : oui les cotisations vont évoluer. Notre boulot, notre travail, c’est bien de les faire évoluer dans le juste prix. Nous devons devenir un véritable gestionnaire du risque de manière à améliorer la qualité des soins que vous allez recevoir et aussi diminuer votre reste à charge. Alors notre stratégie c’est donc de construire des réseaux de soins, c’est de faire de l’orientation, c’est de contractualiser avec des professionnels de santé, c’est comme ça qu’on arrivera à mieux gérer l’offre de soins à destination de nos clients.

Web TV www.labourseetlavie.com : Quand on regarde aujourd’hui vos différentes activités, est-ce qu’elles vont évoluer de manière significative dans les prochaines années justement compte tenu peut-être de ce contexte, alors les retraites complémentaires on en a parlé, ça va se développer forcément, comment va évoluer votre profil justement ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Le profil de l’activité concurrentielle, je vous parlais tout à l’heure de l’activité administrative, nous avons un deuxième métier sur lequel nous sommes en concurrence, nous sommes le deuxième acteur français d’ailleurs sur l’assurance collective, l’assurance des entreprises pour la protection sociale, santé, prévoyance et épargne retraite des salariés, et ce métier évolue vers une très très grande concentration car il y a de nouvelles exigences réglementaires d’une part qui nécessitent d’amasser, enfin d’avoir des capitaux propres très importants pour garantir les opérations d’assurance, et puis il y a besoin de concentration afin d’être capable de contractualiser sur tout le territoire avec une offre de soins qui est extrêmement éclatée, là encore, je vous le disais, au profit de nos clients.

Par ailleurs nous avons une autre démarche dans l’entreprise qui est de proposer aux entreprises qui le veulent avec les salariés qui le souhaitent bien entendu, des démarches de prévention et de dépistage de manière à mieux anticiper l’évolution de la santé et de manière à participer au bien-être des salariés dans l’entreprise, ce qui est une manière de participer à l’efficacité de l’entreprise.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, si vous étiez en bourse, les assureurs aujourd’hui n’ont pas tellement bonne cote, c’est le moins qu’on puisse dire, avec justement ce renforcement réglementaire, ces nouvelles réglementations, comment vous comptez, vous, passer le cap, alors vous n’êtes pas en bourse aujourd’hui donc vous n’avez pas cette contrainte, on va dire, du court terme, mais vous pensez pouvoir générer de la croissance et de la rentabilité dans les prochaines années ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Alors, d’abord, nous, nous sommes paritaires, mutualistes, un statut très spécial, nous sommes non lucratifs, c’est-à-dire tout l’argent que nous gagnons, tous nos profits, tous nos excédents, disons-nous, sont absolument réinvestis dans l’entreprise au profit de l’intérêt général, nous travaillons pour l’intérêt général. Oui, nous devons dégager des excédents parce que si nous avons besoin d’augmenter nos capitaux propres pour garantir des opérations d’assurance, personne ne viendra nous faire une augmentation de capital, donc nous avons encore plus d’exigences de rentabilité que nos autres collègues. Par contre, 100 % de cette rentabilité est remise dans l’entreprise et redonnée à nos clients, soit sous forme d’investissement, de baisse de prix futurs, d’évolution de prix plus raisonnables futurs, et aussi surtout d’actions sociales car c’est notre, c’est la fidélité à nos valeurs qui nous amène à répartir une partie de notre résultat en actions sociales.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, dans votre secteur, effectivement on a vu des fusions récentes, donc des regroupements, cette consolidation vous la voyez comment ? Vous-même, vous êtes issus d’une consolidation, un regroupement, est-ce que ça veut dire que effectivement ce secteur est en train de consolider pour avoir quelques grands acteurs ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Oui, je pense que le secteur de la santé complémentaire, de la prévoyance va se consolider, pas seulement le secteur du paritarisme, je pense aussi le secteur du mutualisme, nous sommes, nous, également forts dans la partie mutualiste, va se consolider pour offrir à nos clients, pour offrir aux Français, une solution beaucoup plus travaillée dans la relation avec l’offre de soins. À mon avis, nous allons être une espèce de marque d’intermédiation entre les Français et l’offre de soins de manière à consommer de la santé en meilleure sécurité et dans des meilleures conditions de prix et de restes à charge. Voilà je crois que c’est la bonne vision de l’évolution de notre métier.

Web TV www.labourseetlavie.com : Alors, on le sait le débat sur les retraites est toujours un débat sensible en France depuis longtemps, ça va pas changer dans les prochaines années, on a dit qu’effectivement avec cet allongement de la durée de la retraite, on allait parler de fonds de pension, les fonds de pension à s’installer. On a des exemples plutôt anglo-saxons pour le coup sur ce domaine-là et on a vu avec deux crises financières majeures au cours des dernières années qu’effectivement pour certains retraités, notamment en Angleterre, ça avait été très difficile. Comment en France on ne va pas quelque part tomber dans ce piège-là c’est-à-dire si on allait faire la même chose, les crises financières on a l’impression qu’elles sont de plus en plus fréquentes ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Oui, je comprends bien ça. Il faut bien comprendre que les fonds de pension anglo-saxons ou en Angleterre ne sont pas du tout les mêmes que ceux que nous gérons aujourd’hui, les fonds de pension dans ces pays sont souvent constitués d’ailleurs des actions de l’entreprise elle-même, donc sont beaucoup trop concentrés. Nous, nous disons en France, d’abord nous avons la retraite par répartition, qui est surveillée par le paritarisme, et donc il faut tout faire, à tout prix, pour la sauvegarder, pour la pérenniser, nous y travaillons à côté du paritarisme.

Maintenant si les salariés, quand les salariés ont des besoins supérieurs, nous, nous savons gérer sous le contrôle paritaire, nous savons gérer leur épargne afin de transformer cette épargne en rente le moment venu, et toute la question va être de répartir cette épargne de manière judicieuse sur l’ensemble du système financier afin qu’il n’y ait pas les mauvaises surprises dont vous parlez. Mais à la fin du fin, sur 70 ans, il n’y a pas, les deux systèmes l’un à côté de l’autre, c’est cette accumulation de deux systèmes qui va donner, me semble-t-il, la bonne garantie à l’ensemble de nos clients.

Web TV www.labourseetlavie.com : En conclusion, effectivement vous pensez que on peut avoir ces deux systèmes qui cohabitent typiquement et qu’on peut, qu’on pourra, que vous, vous pourrez donner des rendements suffisants pour les retraites complémentaires, puisque c’est aussi une des grandes questions des gestionnaires aujourd’hui, c’est de se dire où on va chercher du rendement. On a ici interrogé un investisseur qui allait chercher du rendement dans les terres agricoles en Argentine, vous allez pas mettre ça bien sûr dans vos fonds, en tout cas pas tout de suite, comment vous allez pouvoir délivrer du rendement dans les années futures ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Alors, il faut être précis sur les termes. La retraite complémentaire, c’est la retraite par répartition, et donc, ça, le rendement va dépendre des paramètres que vous connaissez, je n’y reviens pas. Dans la retraite dite supplémentaire, celle que nous gérons, eh bien c’est dans la diversification, dans la diversification qu’on va trouver un équilibre dans les rendements, ça c’est le premier point, et dans la sécurité, car les autorités de contrôle nous imposent des capitaux propres extrêmement importants de manière à pouvoir faire face aux aléas de marché. Et plus, ça c’est la nouvelle réglementation sur le Solvency 2, plus on va prendre de risques en termes d’actifs, plus nous devrons avoir en face des capitaux propres. Si on prend des risques, évidemment ça peut être difficile, mais sur le long terme le risque est censé être rémunéré. C’est donc tout ce savant équilibre que nous devons sauvegarder et c’est pour ça que nous avons un projet très important avec la CNP, parce qu’entre Malakoff Médéric et la CNP, c’est deux institutions qui sont sécuritaires, deux institutions qui vont donner aux français une très bonne sécurité, et c’est la solution que nous proposons pour l’avenir des retraites supplémentaires.

Web TV www.labourseetlavie.com : Ce projet-là devrait aboutir puisqu’on en avait parlé donc il y a presque plusieurs mois déjà, il devrait aboutir cette année ou en 2012 ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Oui, c’est un projet qui avance, c’est un projet qui est très compliqué parce que nous devons construire une solution extrêmement solide, c’est un projet sur le long terme, on travaille pour la retraite pour les 50 à 70 ans qui viennent. Donc si on prend six mois de plus, c’est pas très très important. Ce qui est important c’est de construire sur des fondements qui sont très sains.

Web TV www.labourseetlavie.com : Un mot de conclusion, l’année 2011 pour Malakoff Médéric, comment elle se présente en termes de croissance, en termes de rentabilité ?

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : L’année 2011 est une année qui me semble bien partie, même s’il faut être extrêmement prudent car les anticipations de marché ne sont pas toujours au beau fixe donc, prudence, moi c’est le mot que je prendrai. Nous sommes très attentifs à être réactif aux évolutions du marché et si il le faut resserrer les coûts, être plus agressif de manière à protéger l’institution dans toutes les conditions économiques possibles à venir.

Web TV www.labourseetlavie.com : Merci Guillaume Sarkozy d’avoir fait le point avec nous. On rappelle que vous êtes donc le délégué général de Malakoff Médéric.

Guillaume Sarkozy, Délégué général de Malakoff Médéric : Merci à vous.

© 5 juillet 2011 www.labourseetlavie.com. Tous droits réservés.

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